• Son contrat n’a pas été renouvelé alors que ses compétences ont permis à l’école navale d’obtenir la certification ISO

Il avait été recruté en « urgence » en 2011 afin de permettre à la Mauritius Maritime Training Academy (MMTA) de continuer d’opérer. L’International Maritime Organisation (IMO) avait en effet suspendu la reconnaissance de l’école, faute de certification ISO appropriée. Pour l’obtenir, il fallait un formateur avec les qualifications requises. À l’époque, seul Jacques Chavrimootoo répondait aux exigences de l’IMO. Fin janvier dernier, son contrat n’a toutefois pas été renouvelé. Il a été remplacé par deux expatriés indiens.
« On s’est servi de mon nom pour obtenir la certification ISO et, aujourd’hui, on se débarrasse de moi. » C’est un sentiment de colère qui anime Jacques Désiré Laval Chavrimootoo depuis qu’il a appris que son contrat en tant que Trainer in Navigational Studies ne sera pas renouvelé. Une situation qui lui rappelle 2013, où il avait été également remercié, mais l’IMO avait exigé son retour à la MMTA. Il faut savoir que sans la certification ISO, les cours de la MMTA ne sont pas reconnus à l’étranger. Devant la tournure des événements, le principal concerné a une nouvelle fois alerté l’instance internationale.

Jacques Chavrimootoo, qui faisait partie du premier groupe de Mauriciens formés à l’école navale, située à Port-Louis, en 1970, compte une longue carrière dans la marine. Il a été capitaine de bateau mais a aussi travaillé dans les secteurs du tourisme et du port. « J’ai passé 35 années à naviguer. J’ai obtenu mes différents certificats en Angleterre. J’ai même les diplômes pour Anti-Terrorism and Crowd Management. J’ai formé des personnes qui sont capitaines et chef ingénieurs aujourd’hui. On a préféré me remplacer par deux expatriés indiens. »

Selon les termes de son contrat, Jacques Chavrimootoo avait la responsabilité de « carry out vocational training of seafarers; prepare all training logistics for the conduct of courses; and prepare/adapt programmes, outlines, syllabi, tests standards, shop talks, demonstration and lessons necessary for the theoretical and pratical training of seafarers in nautical knowledge ». C’est donc lui qui avait la responsabilité de préparer les cours. Il se demande si « avec la barrière linguistique », les deux Indiens qui le remplacent seront à la hauteur de cette tâche.

Le principal concerné dit avoir sollicité une rencontre avec le ministre de l’Économie océanique, de la Pêche et des Affaires maritimes, Prem Koonjoo. « Mais il n’a pas voulu m’écouter. Il m’a dit qu’il était déjà au courant de tout. » Jacques Chavrimootoo se demande ainsi pourquoi c’est lui qu’on met à la porte alors qu’il y a eu récemment un rapport accablant concernant des malversations à la MMTA. « Pourquoi n’a-t-on pas renvoyé les personnes responsables de cette malversation ? »

De même, il rappelle que l’actuel « Head » de la MMTA, Sanjiv Kumar Babooa, avait été reconnu coupable d’abus de pouvoir alors qu’il occupait le poste de Registrar à l’Université de Technologie. Il s’interroge également sur l’appel à candidatures pour ce poste. « Les qualifications requises étaient “Masters in Social Science” ou “Management or Maritime”. Comment quelqu’un qui détient un Master en sciences sociales peut-il diriger une école spécialisée en affaires maritimes ? Cet appel à candidatures était-il taillé sur mesure pour quelqu’un ? »

Jacques Chavrimootoo cible également le principal de l’école, Marday Armoogum Moorghen. « L’appel à candidatures mentionne qu’il faut détenir un Certificate of Competency as Master Mariner Class 1 issued in accordance with Regulation II/2 of the International Convention on Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers (STWC Convention). Je demande au ministère et à la MMTA de venir préciser si M. Moorghen répond à ces exigences. »

Au niveau du ministère de l’Économie océanique, on confirme que le contrat de Jacques Chavrimootoo n’a pas été renouvelé. « Cette décision a été prise à la demande de la direction de la MMTA. Il nous revient qu’il y a eu beaucoup de plaintes contre lui ces derniers temps, à la fois de la part des élèves et du personnel. D’ailleurs, dès qu’il a reçu sa lettre pour l’aviser du non-renouvellement de son contrat le 18 janvier dernier, Jacques Chavrimootoo a cessé de venir à l’école. Il devait donner des cours jusqu’à fin janvier. »