Dans l’histoire contemporaine de Maurice, il y a comme ça des projets d’envergure dont la mise à exécution a toujours eu le travers d’agacer les bonnes gens mais qui, au final, se sont révélés comme des projets au bénéfice du plus grand nombre. L’on peut ainsi citer par le passé la construction de la fameuse « route Burton » (autoroute M1), la création de l’université de Maurice ou encore les travaux McAlpin  pour le tout-à-l’égout. À bien des égards, celui du Metro Express dont la première phase qui s’étend sur le tronçon Port-Louis/Rose-Hill vient d’être livrée tombe dans cette catégorie de projets. Certains s’étaient insurgés, dès le départ, contre ce qu’ils présentaient comme le « déplacement injuste » de familles qui, dans les faits, avaient empiété sur des terres de l’État. Ce fut par la suite tout un mélodrame autour des arbres que l’on abattait « sans retenue ». Même si, parmi, l’on comptait non pas de la faune endémique nécessitant effectivement protection, mais nombre d’arbres réputés envahissants.

Ainsi va la vie quand l’hystérie des uns se mêle à la démagogie des autres ! D’autant qu’une campagne électorale se profilait à l’horizon. Le projet désormais achevé sur cette partie du tronçon, les usagers du transport en commun — les vrais — savent à quoi s’en tenir. Celles et ceux qui, des années durant, ont dû se contenter  de voyager dans l’inconfort d’autobus souvent surchargés de passagers et dégageant une épaisse fumée suffocante ont, sans nul doute, déjà fait la différence avec ce mode de transport moderne. Tant en termes de rapidité — 20 minutes le trajet Rose-Hill/Port-Louis et vice-versa — qu’en matière de confort, d’ailleurs.

Même s’il convient, des fois, de se contenter d’une place debout, le trajet à bord du Metro Express est tout à fait bien plus confortable. Et cela, même si on le compare à une place assise dans l’un de ces autobus à sièges à trois places où se mouvoir pour quitter sa place à un arrêt relève d’un véritable numéro de gymnastique ! « Disabled-friendly » contrairement à nos autobus, les rames du Metro Express permettent un accès facile à un handicapé en fauteuil roulant. Alors que pour nos autobus, même une personne âgée, un jeune enfant ou une femme enceinte éprouvent toutes les difficultés du monde pour “grimper” à bord.

Preuve, s’il en fallait, que ce nouveau mode de transport en commun est venu littéralement changer la vie des gens : des mères de Cité Barkly à Beau-Bassin n’ont, désormais, plus besoin de dépenser des sommes folles pour faire déposer leurs enfants à l’école dans le centre-ville de Beau-Bassin. Un petit voyage aller-retour en Metro Express suffit désormais pour faciliter la vie des personnes démunies de cette banlieue jusqu’ici non desservie par une ligne d’autobus directe jusqu’au centre de Beau-Bassin.

Avec la concurrence, qui a dit que le client est roi ?

Hermann Assy