Le procès intenté à Seewooduth Ghoorbin pour le meurtre de Rajesh Nathooram s’est poursuivi aux Assises devant le juge Pritviraj Fekna. C’était au tour de la défense, représentée par Mes Gavin Glover et Ashley Ramdass, de plaider hier après-midi. Appelé à la barre, le Dr Motay, spécialiste en psychiatrie, s’est attardé sur la santé de l’accusé. « L’état mental de M. Ghoorbin se détériore », a-t-il soutenu.
Seewooduth Ghoorbin répond d’une charge de “wounds and blows causing death without intention to kill”. Il lui est reproché d’avoir mortellement agressé Rajesh Nathooram avec sa canne, laquelle contenait une lame, à la suite d’une vive altercation entre les deux hommes pour une histoire d’ordures. Lors du procès aux Assises hier, cinq témoins avaient été appelés par la défense. Le premier était la directrice du couvent pour personnes âgées où se trouve actuellement le couple Ghoorbin. Celle-ci a soutenu que, compte tenu de l’âge avancé de Seewooduth Ghoorbin, ce dernier a besoin d’une assistance permanente, précisant que le couvent s’assurait, par le biais de l’infirmière en charge, que l’octogénaire prenne ses médicaments régulièrement. Le Dr Faukheer, de l’hôpital Victoria, a quant à elle déclaré que l’accusé avait été admis à l’hôpital pour des vomissements en 2012 et qu’il était sous traitement médical pour ses problèmes de santé. Autre médecin appelé par la défense, le psychiatre Motay, qui devait déclarer avoir noté une détérioration de l’état mental de l’accusé. « Son autonomie globale est en baisse avec des difficultés importantes à comprendre les questions qu’on lui pose », a-t-il expliqué. À une question de la défense concernant l’environnement dans lequel l’accusé évolue, le médecin devait répondre que, dans l’état dans lequel celui-ci se trouve actuellement, il suffit de changer son environnement pour que sa santé s’aggrave. Et d’ajouter que l’accusé « se trouve dans une structure protégée, qui encourage des activités psychiques et physiques aidant à maintenir son état mental ». Il fait par ailleurs ressortir qu’il n’y a, jusqu’à l’heure, aucun médicament efficace permettant de ralentir sa détérioration mentale. Enfin, appelée à la barre, la fille de Seewooduth Ghoorbin a souligné que son père s’est « démené pour que ses enfants soient éduqués ». Sur ses cinq enfants, trois travaillent à l’étranger tandis que les deux autres occupent des postes importants à Maurice, précise-t-elle. Et d’ajouter que son père a été huissier et que, dans les années 63-64, il a été président de Conseil de Village. La défense lui a par ailleurs demandé si elle a parlé à son père de la possibilité qu’il aille en prison, ce à quoi elle devait répondre par la négative. « Mon père ne mérite pas la prison à con âge », a-t-elle poursuivi, ajoutant éprouver des difficultés à avoir une conversation soutenue avec son père, ce dernier ayant tendance à « tout mélanger dans sa tête ». À une question de la défense, la fille de l’accusé a confirmé que ses parents ont dû quitter le toit familial pour un couvent dédié aux personnes âgées à la suite du drame survenu en octobre 2010.
La cour ayant entendu tous les témoins, de la poursuite comme de la défense, les deux parties ont été appelées à faire leur plaidoirie le 13 mai.