La valeur des exportations mauriciennes, plus précisément celles du secteur des entreprises orientées vers l’exportation (anciennement la zone franche), a baissé d’environ 4 % pour les deux mois de l’année 2012, a annoncé hier le ministre de l’Industrie et du Commerce Cader Sayed-Hossen, lors de l’assemblée générale annuelle de la Mauritius Export Association (MEXA) à l’hôtel Le Labourdonnais.
Cette baisse, selon le ministre, témoigne de la volatilité de l’environnement extérieur, en particulier l’ampleur de la crise dans la zone euro, mais Cader Sayed-Hossen considère que la résilience démontrée jusqu’ici par le secteur d’exportation lui permettra de faire à cette conjoncture économique internationale difficile. La MEXA, elle, a dit sa crainte devant la chute des investissements dans le secteur manufacturier en 2011 et a appelé à des efforts redoublés pour consolider les marchés existants.
Se basant sur des chiffres préliminaires pour les deux mois de l’année, Cader Sayed-Hossen a indiqué que les exportations ont subi un « slight decline » d’environ 4 %, notamment en raison d’une mauvaise performance sur les marchés européens, en particulier le Royaume Uni et la France. « Nous suivons de près la tendance mois après mois », a déclaré le ministre, qui a fait état d’un environnement économique international volatil dû à la crise dans la zone euro et aux désordres politiques dans certaines zones économiques stratégiques. L’Europe, qui constitue notre principal marché, continue de subir les effets de la crise financière et la situation s’est détériorée si l’on considère que le taux de croissance, qui était de 1,6 % en 2011, sera négatif (-0,5 %) en 2012, selon les prévisions officielles. « The economic downward spirals in our major markets can affect our exports this year », a observé Cader Sayed-Hossen. Cependant, a-t-il poursuivi, la croissance aux États-Unis se stabiliserait cette année à 1,8 % alors que dans la région, l’Afrique du Sud, qui devient de plus en plus un important partenaire pour Maurice, verrait sa croissance passer de 3,1 % à 2,5 %.
Le ministre garde toutefois espoir que les entreprises locales démontreraient cette année encore leur résilience et qu’elles parviendraient à faire face à une conjoncture économique internationale défavorable. « 2012 sees a very challenging one, in view of the continued economic turmoil in Europe and possible rise in price of energy and deteriorating geo-political configuration. The situation calls for urgent actions to maintain our export share in traditional markets and to rebalance exports to markets where opportunities are emerging and which offer new scope for Mauritian products », a déclaré le ministre. Ce dernier s’appuie sur la bonne performance réalisée par le secteur d’exportation en 2011 pour faire comprendre que les entreprises de ce secteur, avec le soutien du gouvernement, peuvent relever les défis.
Craintes de la MEXA
Le secteur d’exportation a enregistré l’année dernière un taux de croissance de 7,8 % et des exportations record de Rs 44,8 milliards. « C’est le meilleur taux de croissance de ces quatre dernières années », précise Cader Sayed-Hossen, qui a salué les efforts déployés par les entreprises locales pour accroître leurs exportations. Le gouvernement, dit-il, continuera à soutenir le secteur d’exportation. Plusieurs mesures ont été prises depuis 2006 et un comité interministériel se penche sur la rationalisation des procédures. M. Sayed-Hossen affirme que les entreprises d’exportation ont, sous divers plans, bénéficié d’une assistance totale de Rs 853 millions au cours des trois dernières années. Il a élaboré sur diverses mesures introduites par le gouvernement et Enterprise Mauritius dont la provision d’une enveloppe de Rs 2,5 milliards sous le National Resilience Fund.
La MEXA, de son côté, a fait part de ses craintes pour 2012. « The future is growing with uncertainty. Despite a good performance in 2011 we believe that we will really feel the repercussions of the euro zone financial and economic turmoil on our sector in 2012 », a déclaré le président sortant, Guillaume Hugnin. Ces répercussions sont déjà ressenties pendant ce premier trimestre de l’année, a-t-il ajouté avant de solliciter de nouvelles mesures d’accompagnement pour le secteur, à savoir : 1) le redoublement des efforts de marketing en vue de consolider les marchés existants et développer de nouveaux marchés, 2) un réalignement des politiques monétaire et budgétaire pour renforcer la compétitivité du secteur d’exportation, 3) une gestion plus efficace des ressources naturelles dont celles de l’eau, 4) le développement des services de transport (maritime et aérien) en vue de faciliter les exportations vers les pays de la région, 5) l’élaboration d’une stratégie de développement coordonnée et la création d’un véritable ministère de planification économique.
Guillaume Hugnin a également évoqué dans son rapport annuel la chute des investissements dans le secteur manufacturier, soulignant que ceux-ci sont passés de Rs 500 millions en 2009 à Rs 41 millions en 2011. Selon lui, la confiance des investisseurs est affectée par le manque de visibilité concernant leurs revenus dû à l’appréciation de la roupie vis-à-vis des principales devises. L’appréciation de la roupie a non seulement eu un impact sur les revenus d’exportation en 2011 mais elle n’a pas été compensée par une réduction des coûts des intrants importés. « Price rigidities limit the benefits of our appreciating currency, thus our exporters are squeezed with decreasing revenues unmatched by lower prices, consequently their marging are being eroded », a fait ressortir le président sortant de la MEXA.
Tout en se félicitant des efforts déployés par les entreprises dans une conjoncture économique difficile pour accroître les exportations en 2011, M. Hugnin a estimé que le défi pour 2012 est de pouvoir maintenir le taux de croissance de 7,8 % réalisé l’an dernier.
Notons, par ailleurs, que la MEXA a élu un nouveau conseil exécutif pour 2012-2013, conseil qui sera présidé par Yogesh Singh, directeur de la compagnie Explast Ltd, spécialisée dans la fabrication d’emballages en plastique. La MEXA a aussi procédé hier au lancement officiel de son site web.