Ancien hôpital militaire

“Le nouveau ministre des Arts et du Patromoine culturel, Avinash Teeluck, semble animé d’une réelle volonté de faire aboutir dans le meilleur délai le projet de Musée intercontinental de l’Esclavage”, estime Jean-François Chaumière, président du Centre Nelson Mandela pour la culture africaine. Il pense, toutefois, qu’il faut donner au nouveau ministre le temps nécessaire pour qu’il assimile pleinement tout le dossier. Il commentait les récentes déclarations répétées du ministre disant que ce projet de Musée de l’Esclavage demeurait une priorité du gouvernement.

Jean-François Chaumière explique que tous les travaux préliminaires de déblayage qui avaient démarré sur le site de l’ancien hôpital militaire qui va abriter le musée ont dû être suspendus le temps de la campagne électorale et la tenue du scrutin législatif. Selon lui, d’ici au 1er février prochain, date annuelle de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Maurice, les choses devront avoir été bien mises en chantier.

Outre la suspension des premiers travaux rendue nécessaire en raison de la tenue des élections générales, le président du Centre Nelson Mandela pour la culture africaine évoque aussi le temps que vont prendre les quelques services de l’Etat dont le siège est à l’ancien hôpital militaire avant de trouver des locaux alternatifs pour pouvoir bouger ailleurs.
“L’important, néanmoins, c’est qu’il est désormais entendu que ce Musée de l’Esclavage sera positivement aménagé dans les murs chargés d’histoire de ce bâtiment de vieilles pierres qui a été construit au XVIIIe siècle sous l’administration de Mahé de Labourdonnais”, déclare fièrement Jean-François Chaumière.

Le président du Centre Nelson Mandela pour la culture africaine reconnaît que ce projet attend d’être concrétisé depuis un certain temps déjà. Mais, pour lui, l’important c’est de faire les choses correctement, qu’importe si cela doit prendre un peu plus de temps. “Vous savez, il a fallu dix longues années pour créer l’African American Museum de Washington, aux Etats-Unis”, fait-il remarquer.

Ce projet de création d’un Musée intercontinental de l’Esclavage est une des recommandations majeures du rapport de la Commission Justice et Vérité publié en 2011. Fortement soutenu, entre autres, par le Comité diocésain 1er Février, le projet a été officiellement approuvé le 7 avril 2016 par le Conseil des ministres du précédent gouvernement dirigé par Pravind Jugnauth.

L’objectif de ce musée est de mettre en lumière tous les faits se rapportant à la traite négrière dans la région. Dès le départ, le choix s’est porté sur l’ancien hôpital militaire qui date de l’époque de Labourdonnais pour abriter ce musée. Situé dans la zone portuaire, dans le voisinage immédiat d’un autre haut lieu de mémoire, à savoir, l’Aapravasi Ghat, cet hôpital militaire a notamment servi, dans le temps, pour soigner les esclaves qui débarquaient des navires négriers après de longues traversées éprouvantes.