« Ensemble, protégeons notre biodiversité. » Tel est le projet de la Mauritian Wildlife Foundation (MWF), initié en partenariat avec la MCB. Celle-ci soutiendra ce projet de préservation de notre patrimoine environnemental à hauteur de Rs 5 millions par an sur trois ans. Au-delà du soutien financier, le groupe MCB s’engage par ailleurs à faire participer ses employés et clients.

Lors du lancement du partenariat entre la MCB et la MWF mercredi, Alain Law Min, le Chief Executive Officer de la banque, affirme que, si l’engagement de la banque dans la protection de l’environnement n’est pas nouveau, son approche, par contre, l’est. En effet, la MCB entend « créer l’impact qu’il faut, non seulement à travers nos employés et nos clients mais aussi la société ». Et de reprendre : « À travers notre programme de fidélisation, nous voulons encourager nos clients à préserver notre biodiversité. »

Justifiant ce partenariat, la MCB avance que « c’est avec la conviction qu’aucun sujet de société ne peut être traité par un seul acteur que la MCB lance aujourd’hui ce nouveau partenariat ». Elle ajoute : « C’est ensemble que différents acteurs se doivent d’apporter des solutions aux grands enjeux : climat, protection de la biodiversité, réduction de la pollution, et inégalités. Alors qu’il est urgent d’agir pour réduire notre empreinte environnementale sur la planète, il est du ressort de la société civile d’assumer sa part de responsabilités. »

La MCB soutiendra des programmes de conservation de la Mauritian Wildlife à hauteur de Rs 5 millions par an sur une période de trois ans, soit Rs 15 millions avec des financements pour la protection de quatre espèces endémiques : la grosse cateau verte (“echo parakeet”), le pigeon des mares (“pink pigeon”), le gecko de Günther (“Günther’s gecko”) et le boa de l’île Ronde (“Round Island boa”).

Le Groupe MCB financera aussi un programme de formation visant la protection de nos îlots. Plusieurs îlots sont en effet aujourd’hui devenus de véritables carrefours du tourisme et d’autres activités socio-économiques. Parmi eux, l’île de la Passe, l’île aux Fouquets et l’îlot Gabriel. « Une formation sera dispensée à tous ceux qui se rendent sur les îlots : skippers, garde-côtes, propriétaires de bateaux et le public. Cette formation permettra de conscientiser sur l’importance de la biodiversité », précise le groupe. Les jeunes détenteurs d’un compte Rupys seront pour leur part invités à visiter les îlots accompagnés de la MWF. Ce sera l’occasion de les sensibiliser.

De son côté, la Mauritian Wildlife a mis sur pied une formation novatrice visant à sensibiliser des skippers et d’autres plaisanciers sur l’écosystème et la biodiversité. La formation est basée sur des principes associant la conservation de la nature et le développement socio-économique. Dans un premier temps, cette formation intitulée « South East Islets Sensitisation Project » a été déployée dans la région sud-est. À ce jour, la Mauritian Wildlife a touché, à travers cette initiative, 103 skippers, 91 pêcheurs, 77 officiers du National Coast Guard et 56 propriétaires de bateaux privés, principalement dans la région sud-est. Avec le financement de la MCB, la Mauritian Wildlife pourra étendre ce projet à d’autres régions de l’île et embarquer un plus grand nombre de participants.

Outre l’apport financier, la MCB a voulu impliquer la population dans ce geste positif pour l’environnement. Ainsi, à partir du 11 mai, à chaque utilisation de la carte de débit à Maurice ou à l’étranger, à l’exception des ATM et des casinos, la MCB contribuera à hauteur de 10 sous à la MWF. La banque a d’autre part pu trouver un substitut à la carte en plastique, soit une carte en matière biodégradable et recyclable, et ce toujours dans le souci de protéger l’environnement.

Le président de la MWF, Tim Taylor, a rappelé que Maurice est surtout associée au dodo par les étrangers. « Mais nous n’en sommes pas très fiers car le dodo a disparu. Nous ne voudrions pas que d’autres oiseaux connaissent le même sort », dit-il. Vikash Tatayah, Conservation Director de la MWF, a pour sa part précisé que ce sont au total 49 îlots autour de Maurice qui sont concernés par ce projet de restauration. « Le Guenther’s Gecko avait disparu des îlots, sauf sur l’Île Ronde. On a pu faire un transfert sur l’île aux Aigrettes. Les Mauriciens ne savaient pas qu’il y avait des geckos endémiques à Maurice. »

Quant au Boa de l’Île Ronde, « il aurait pu disparaître dans les années 70 mais a été sauvé de justesse ». Il poursuit : « Contrairement à ce que l’on croit, à Maurice, on a et on avait des boas. » Le Pigeon des Mares a également été sauvé de la disparition. « Aujourd’hui, on peut en trouver sur l’île aux Aigrettes, à Ferney et à l’Ebony Forest. »

La grosse cateau verte, mascotte des prochains Jeux des Îles à Maurice, est, elle, « le dernier perroquet endémique des Mascareignes » sauvé de la disparition. « Aujourd’hui, elle est présente au Parc national de Rivière-Noire », précise Vikash Tatayah. Cette espèce est actuellement en danger de disparition et la MWF souhaite la reclasser.