Le Serenity, bateau accordé à des pêcheurs locaux sous le Food Security Fund (FSF), est rentré au port hier avec, dans ses cales, quelque 2, 5 tonnes de poissons. Selon Lallmamode Mohamedally, qui a dirigé les opérations, « la pêche a été bonne », malgré quelques soucis d’organisation. Il estime que le Serenity doit devenir un modèle pour permettre aux pêcheurs mauriciens d’exploiter notre Zone économique exclusive (ZEE) au lieu de faire appel aux étrangers.
Le projet Serenity a pu être concrétisé avec l’aide du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire (MAA). Ce bateau de pêche, de 18 m de long et 5 m de large, a pu être acheté par la MED Cooperative Society, avec le soutien financier du FSF. Parti pour sa première campagne il y a 12 jours, le Serenity est rentré au port hier avec sa précieuse cargaison, en l’occurrence 2, 5 tonnes de poissons. Lallmamode Mohamedally indique que la prise aurait pu être plus importante. « C’était notre première sortie et nous n’étions pas bien préparés. Il nous a manqué de glaçons après 8 jours de pêche et nous avons dû rentrer plus tôt que prévu. »
Toujours est-il, poursuit Lallmamode Mohamedally, que cette première campagne a démontré que les pêcheurs peuvent être autonomes. Cette coopérative basée à Bain-des-Dames comprend 12 membres et veut démontrer que les pêcheurs mauriciens peuvent contribuer au développement du secteur. « Les pêcheurs sur ce bateau sont des pêcheurs artisanaux. C’est une occasion pour faire leur formation. Au fil des campagnes, nous voulons faire de la place pour des pêcheurs venant d’autres coopératives afin de leur permettre de se former également et d’avoir leur propre bateau. Le “Serenity” doit être un modèle. Le but est que les pêcheurs mauriciens puissent participer pleinement au développement de ce secteur. Ainsi, à l’avenir, il ne sera pas nécessaire d’octroyer des permis à des étrangers pour pêcher dans nos eaux. »
Cette première sortie à Saint-Brandon a permis de rapporter des berris et des capitaines, entre autres, pour le marché local. « Cette fois, la prise a été vendue à des grossistes. Mais à l’avenir, nous voulons trouver un moyen pour vendre les poissons directement au public. Ainsi, tout le monde sortira gagnant. Nous lançons un appel aux autorités pour trouver une solution à ce sujet. »
Le projet de Fish Auction Market étant… tombé à l’eau, les pêcheurs cherchent une alternative pour la vente directe de poissons. De même, ils souhaitent que d’autres collègues aient l’opportunité de leur emboîter le pas. « En sachant que nous avons d’autres collègues en mer, cela nous rassure aussi pour notre sécurité. »
De son côté, Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs, est d’avis que l’exemple du Serenity vient démontrer que les pêcheurs locaux peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire. « Si l’État donne la chance aux pêcheurs artisanaux d’entrer dans le secteur semi-industriel nous pourrons nous-mêmes exploiter nos bancs avec une conscience écologique, puisque nous devons assurer notre avenir ». Pour cela, ajoute-t-il, les autorités doivent en priorité donner la possibilité aux jeunes de se former à travers la FITEC. « Il y a beaucoup de jeunes qui se retrouvent en dehors du système éducatif. On aurait pu les former aux métiers de la mer. »