Ils ont déposé leurs balais, paniers, pelles et pioches pour se rassembler devant la Victoria House depuis 9 h ce matin en vue de réclamer le paiement de leurs salaires du mois de mai. Et ils y sont restés durant toute la journée d’aujourd’hui.
Les employés de la société de nettoyage Securiclean ont mis à exécution leurs menaces dans une lettre datée du 31 mai dernier, adressée au ministre du Travail par intérim, Fazila Jeewa-Daureeawoo, à l’effet qu’ils envisageaient d’abandonner leurs postes de travail si les salaires du mois de mai n’étaient pas encore versés. Depuis ce 2 juin, le délai légal préconisé par l’Employment Rights Act pour le paiement des salaires est arrivé à échéance, les salaires étant toujours dus. Ce qui a conduit ces derniers à se rassembler une fois de plus cette semaine devant le siège du ministère du Travail.
Le problème des salaires en retard ne date pas d’hier puisque, depuis l’année dernière, les employés reçoivent leurs rémunérations au-delà des dates légales et, dans certains cas, le ministère du Travail a dû trancher sur la question.
Malgré l’intervention du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, en mars dernier et les mesures dégagées par le gouvernement pour permettre à la compagnie, qui se trouve dans des difficultés financières, de souffler un peu, notamment à travers un “reéchelonnage” des arrérages à la Mauritius Revenue Authority (MRA) et une flexibilité financière offerte par CIM Finance concernant les transactions financières de la compagnie, les employés se retrouvent toujours lésés, le paiement des salaires étant une fois de plus retardé.
Il est reproché à la direction de « ne pas être régulière » s’agissant des salaires et de faire fi des dates prescrites par la loi pour payer un employé. Pour le mois d’avril, les employés soutiennent avoir reçu une partie de leur salaire le 13 mai et le solde restant le 20 mai dernier. Pour le négociateur et syndicaliste de la Fédération des travailleurs unis (FTU), Atma Shanto, cette situation est inacceptable. « Leurs réclamations sont tout à fait légitimes », martèle-t-il, avant d’ajouter que Securiclean se retrouve dans l’illégalité. « Ce sont plusieurs familles qui sont affectées par cette situation déplorable », dit-il.
Le syndicat avait fait des propositions pour éviter toute répercussion sur l’emploi, notamment que les Conseils de District et les municipalités emploient directement ces personnes tout en conservant leurs droits et acquis ainsi que leur temps de service. Après une manifestation mercredi dernier pour dénoncer la situation au sein de cette compagnie, ils étaient plus d’une cinquantaine d’employés à ne pas s’être rendus au travail ce matin pour se rassembler devant la Victoria House. Ils sont déployés notamment à Rivière-du-Rempart, Triolet, Petit Tombeau (Trou-aux-Biches), Bain-Boeuf et Anse la Raie. « Noun fatigue vine ici divan minister Travay. Sak cout Securiclean dir li pou paye, me tou le mwa gagn retar dan lapaye. Ena mari ek fam ki travay dan mem compagni. Couma nou pou fer pour paye lalimier, delo ek telefon ? », s’interroge Roseda, 52 ans. Bhaveeta, une autre mère de famille, dit, elle, être seule à subvenir aux besoins de sa famille : « Mo mari pa travay. Couma mo pou roule mo lakwizin. Mo bizin fie lors sa la paye-la », confie-t-elle.