Rirette Faron revient aux paysages pour sa prochaine exposition. Mais dans ce cadre idyllique, il y a comme un cheveu sur la soupe… L’expo sera visible les 24 et 25 novembre au Château Labourdonnais.
Un gros coup de colère, Mme Faron ? Pas exactement. Plutôt une grosse déception face à des comportements destructeurs, à l’inaction complice de ceux qui auraient pu agir et devant l’incapacité des autres à faire changer les choses. C’est l’environnement qui en fait les frais. La carte postale perd de ses attraits et ses couleurs s’effritent.  
Teintes sombres.
Dans sa palette, tandis qu’elle continue son inexorable exploration des paysages mauriciens, Rirette Faron a versé moins de couleurs tropicales. Beaucoup de teintes sombres pour évoquer le noir de la fumée, des détritus, de la médiocrité et du manque de savoir-vivre.
À quelques détails près, la carte postale aurait fait rêver et aurait plongé tout visiteur dans l’ambiance idyllique d’un cadre qui se vante d’être paradisiaque. Rirette Faron nous propose une balade à travers l’île à l’ombre des grands filaos, au bord de la mer, au fond de l’océan, sur la montagne, le long des routes qui passent à travers bois, etc.
Engagé.
Mais des anges ingrats sont passés par là. Ici, ils ont balancé des bouteilles, du plastique et d’autres immondices. Là-bas, ils harcèlent les dauphins, saccagent les fonds marins, sèment de l’oxyde de carbone à tout vent et se complaisent dans l’insalubrité environnementale et sociale. Les chiens errants se marient en fanfare; les antennes paraboliques des squatters les aident à fuir la misère; les kamion salté  parsèment les rues de leurs précieuses cargaisons. Maurice Île Durable ? Trop longtemps que ça dure et que les slogans creux ne font que donner bonne conscience à ceux qui n’en ont pas.  To G T to Ta C ?
Dans une quarantaine de tableaux, Rirette Faron prend un ton engagé. La démarche n’est pas forcément militante. Elle s’expose davantage comme le coup de gueule d’une citoyenne qui en a ras-le-bol d’être témoin du mauvais usage que l’on fait d’une île qui ne demande qu’à être admirée.
Humour.
Des acryliques et quelques aquarelles : l’artiste présente, comme toujours, ses tableaux dans un bel étalage de détails et dans un style recherché. Le thème choisi est sérieux, mais l’ironie pousse Rirette Faron vers un humour sombre et frais qui lui permet d’éviter un ton moralisateur. Aucune leçon à donner devant ces paysages amochés, l’artiste se contentant de reproductions où chacun est laissé avec sa conscience. Deux autres thèmes sont également abordés : les filles-mères et l’avortement, à travers le tableau de cette mère porteuse d’un foetus mal formé.
L’exposition de Rirette Faron est prévue les 24 et 25 novembre au Château Labourdonnais.