Satish Faugoo, ancien ministre de l’Agriculture et ex-Attorney General du gouvernement de Navin Ramgoolam, a ajouté sa voix dans les débats autour de l’utilisation du Special Reserve Fund de la Banque de Maurice pour éponger prématurément une partie de la dette publique du pays. Il demande pourquoi, si le recours à ce fonds de réserve est normal, il faut alors amender la Bank of Mauritius Act, si ce n’est pour pouvoir le faire en toute légalité. Il s’appesantit également sur les mesures de soutien accordées aux petits planteurs et considère que « ce n’est pas une “one off measure” qui encouragera ceux qui ont abandonné les terres sous canne à reprendre leurs activités ». Et d’ajouter qu’il faudra des mesures « courageuses à long terme ».

Il explique aussi que la publication du “writ” pour l’élection partielle est une procédure constitutionnelle, mais qui n’empêche pas le Premier ministre de dissoudre le Parlement avant la date prévue pour l’élection partielle. Satish Faugoo plaide également pour le respect des institutions publiques indépendantes et invite « à éviter toute forme de politisation de ces instances ».

Quelles sont vos premières impressions sur le budget présenté par le Premier ministre et ministre des Finances lundi ?

La première chose qui me vient en tête, c’est que c’est un budget qui ne manque pas de qualificatif. La population sait que c’est un budget électoraliste. À mon avis, c’est plus un budget pour le deuxième semestre de l’année qu’un budget 2019-20. Il donne un paquet de cadeaux électoraux et post-électoraux à des électeurs bien ciblés. C’est un exercice orienté beaucoup plus vers l’achat de votes que sur la manière de redresser l’économie qui est en panne. C’est donc un budget irresponsable amateur et qui manque de vision.

Vous le dites puisque vous êtes un dirigeant de l’opposition travailliste ?

Je le vois comme un politicien mais également en tant que citoyen à l’instar des milliers d’autres. Même ceux qui bénéficient de ce budget partagent cet avis. Auparavant, la population était aveuglée par ce genre de mesures. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Je pense aux planteurs, aux chauffeurs de taxi, aux retraités et fonctionnaires.

Mais le budget comprend-il également de bonnes mesures ?

Il y a tellement de mauvaises mesures que les petites, qui sont bonnes, se sont noyées. Il n’y a pas de grandes mesures appropriées à la situation actuelle. Il aurait fallu avoir des mesures pour relancer l’économie et la productivité. 

Est-ce quand même un budget social ?

On peut parler de budget social. Il aurait pu avoir  proposé un budget social en 2015-16 ou dans les budgets qui ont suivi. Il est important de voir un budget dans son ensemble. Pour proposer un budget social, il faudrait avoir une économie solide et des ressources. Ce qu’il fait avec la Banque centrale est un “eye opener” pour montrer les camouflages.

Quelles sont donc les mesures qui vous ont le plus frappé ?

La décision de prendre de l’argent de la Banque de Maurice pour éponger la dette publique. Tous les économistes et financiers considèrent que le gouvernement commet une escroquerie. C’est un “hold-up” organisé et légalisé.

Pourtant, la BoM a émis un communiqué pour affirmer que c’est une pratique courante…

They are acting hand in gloves. Cette démarche démontre comment la Banque de Maurice n’est pas indépendante sous l’actuel gouvernement et dans quelle mesure elle est sous le contrôle du gouvernement. Elle n’est pas indépendante. Cela paraît bizarre que la banque justifie cette action pour deux raisons. Est-ce que cette démarche est conforme aux législations en vigueur à Maurice ? Y a-t-il un précédent ? Est-ce que c’est une pratique économique ou fiscale ? Jamais. Aujourd’hui, le gouvernement se propose d’amender la loi pour pouvoir prendre de l’argent du Special Reserve Fund que la Banque de Maurice, elle-même, n’a pas le droit d’utiliser. La BOM peut exceptionnellement prendre cet argent dans le cadre de la politique monétaire. Aujourd’hui, on change la loi pour permettre d’utiliser ce fonds pour des raisons fiscales.

Avez-vous pris connaissance des explications du PM, qui soutient que son objectif est de réduire le paiement des intérêts estimés à plusieurs milliards de roupies sur les dettes publiques ?

Cela démontre l’incompétence de ce gouvernement pour gérer la dette publique. En fait, ce qui se passe confirme ce que je dis. C’est-à-dire que, pour gérer l’économie et la dette publique, il a recherché un chemin facile. Cette pratique est dans l’ADN du MSM. Elle consiste à changer la loi en catimini. Dans le passé, ils avaient changé la loi pour retirer les pouvoirs de la Banque de Maurice, et ce afin d’octroyer les licences pour l’Investment Banking en vue de confier cette responsabilité au BOI. Dans un souci de transparence et d’indépendance, si le BOI détenait de tels pouvoirs, il aurait dû le transmettre à la Banque de Maurice.

Et si le chef du gouvernement a agi de bonne foi ou par ignorance…

Ni bonne foi ni ignorance. Il est en train de mélanger les fonds. J’observe que le montant que le gouvernement se propose de prélever de la BoM est supérieur au montant se trouvant dans le Special Reserves Fund. Il devra expliquer d’où sortira la différence.

Les premières mesures budgétaires concernant l’agriculture pourront-elles soulager les agriculteurs, en particulier les petits planteurs de canne ?

En tant qu’ancien ministre de l’Agriculture, il est triste de constater que le gouvernement MSM/ML n’arrive même pas à bien copier la politique que nous avions menée durant neuf ans dans les moments les plus difficiles du secteur sucrier. Prenons le secteur cannier pour commencer : je ne vois aucune mesure en profondeur pour relever le défi auquel le secteur cannier est confronté. Il a donné Rs 25 000 par tonne de sucre et a aboli le CESS pour cette année. Les dettes des planteurs par rapport à FORIB ont été éliminées. Rs 15M ont été mises à la disposition du MCIA en vue de mécaniser l’opération des petits planteurs. Je pose deux questions. Ces mesures attireront-elles les “new comers” ? Encourageraient-elles ceux qui ont déjà abandonné leurs champs à reprendre leurs activités ?

Pourtant, c’est cela le but de ces mesures ?

Si c’est cela le but, il se trompe. C’est une mesure “one off” introduite pour gagner des votes. Qui paiera le CESS ? J’ai été posté au ministère de l’Agriculture durant sept ans et je peux dire que personne ne paie le FORIP. C’est donc un exercice faux. Par ailleurs, mathématiquement parlant, l’octroi de Rs 25 000 par tonne de sucre aux petits planteurs ne satisfait pas totalement l’attente justifiée de la communauté des planteurs.

Il ne faut toutefois pas oublier que le prix de la tonne de sucre actuellement ne dépasse pas Rs 10 000.

Qu’est-ce que cela changera en 2020 ? C’est un “one off” qui pourra donner un relief aux planteurs. Cette mesure peut soulager les planteurs mais ne relancera pas le secteur cannier. Pour cela, il faut revoir le système du prix payer aux planteurs. Auparavant, il y avait le secteur sucrier que nous, au Parti travailliste, avons changé pour le faire devenir le secteur cannier. Le produit principal était le sucre et tous les autres produits étaient des sous-produits de la canne.  Aujourd’hui, tous les sous-produits sont devenus aussi importants que le sucre. Il faut donc les payer pour  ces produits au même prix que le sucre. Lorsque nous avons fait la centralisation, nous avions créé des “flexi factories”. C’est-à-dire une usine qui ne fabrique pas uniquement le sucre. Elle faisait également l’énergie et l’éthanol. Tout cela vient de la canne, pourquoi est-ce seulement les grands patrons qui peuvent en tirer profit ?

J’attire votre attention sur le fait que même les usiniers réclament des “bold measures”…

Ils n’obtiennent pas leur revenu uniquement du sucre mais également de l’IPPS. Nous avions à l’époque créé sept institutions que nous avons regroupées sous un même toit pour devenir MCIA. Le but était de diminuer les coûts et cette fusion a fait ses preuves. Or, la MCIA ne peut rester statique. Cette institution doit devenir plus efficace. Cela doit également être le cas pour la MSIRI, une unité au sein de la MCIA consacrée à la recherche. Il faudra changer le directeur de la MCIA, qui est le beau-frère du ministre Seeruttun. Il faut changer le ministre qui n’a aucune notion de l’agriculture. C’est la classe des planteurs qui le demande. Les mesures annoncées donnent l’impression que le gouvernement veut embêter les planteurs. Or, en 2019, les planteurs ne sont pas des imbéciles. Il ne faut pas oublier qu’il faudrait récompenser les planteurs de canne pour leur rôle dans la préservation de l’environnement. La canne est un élément par excellence qui retient le carbone.  Souvent nous ignorons cet aspect de la canne.

Quels sont les vrais problèmes de l’industrie sucrière ?

Nous avons connu un vrai problème lorsque le prix du sucre a accusé une baisse sensible après l’abolition du protocole sucre et l’abolition des quotas. Le prix du sucre est devenu volatil au niveau international et le coût de production était trop haut. Nous aurions pu survivre avec les réformes que nous avions apportées entre 2005 et 2014 si nous avions continué dans le même pas. Les autres produits ACP utilisent notre réforme du système cannier comme un modèle. Il y a des pays comme Trinidad et Tobago qui ont abandonné la production sucrière. Nous avions choisi de prendre des “bold mesures” pour continuer. Il nous faut une politique courageuse pour que les planteurs n’abandonnent pas la plantation et pour qu’elle encourage l’arrivée de “new players”. Il faudrait régler les problèmes de main-d’œuvre, le coût des intrants. Le coût de la main-d’œuvre pour couper et charger la canne est tellement élevé que les planteurs ne veulent plus prendre cette responsabilité. C’est là qu’il faut intervenir pour qu’ils continuent à survivre dans l’industrie.

Les nouvelles mesures encourageront-elles les planteurs à revenir dans leurs champs?

Sans une visibilité à long terme, je vois difficilement les planteurs revenir dans les champs qu’ils ont abandonnés. Comme je vous le dis, il faut arriver à créer un vrai partenariat entre toutes les parties prenantes de l’industrie sucrière car, sans la canne, comment pourra-t-on créer de l’énergie, de l’éthanol, du parfum ou du rhum ? Il ne faut pas que le partenariat avec les planteurs se limite au sucre. Il doit être partenaire dans tous les secteurs découlant de la canne à sucre.

Quid du secteur agricole non-sucre ? Y a-t-il des mesures qui les concernent dans le Budget ?

Je ne vois aucune volonté politique active pour le développement de la production vivrière dans l’île. Ils ont détruit tout ce qu’on a mis en place dans le contexte de la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, il n’y a aucune politique définie pour la sécurité alimentaire. Il y a toujours des planteurs traditionnels qui disparaissent avec le vieillissement de la population. Il y a un manque de technologie, de main-d’œuvre, de formation et d’incitation pour que les jeunes s’intéressent à la culture vivrière. Les intrants coûtent très cher. Certains pôles de production consacrent beaucoup d’espace à la production vivrière. Il faudrait, je pense, qu’il y ait dix Médine. Nous avions ouvert une école de formation à Wooton mais elle a fermé ses portes. Comment donc encourager les jeunes à entrer dans l’agriculture ?

Le budget annonce quand même des mesures pour le secteur non-sucrier…

Ce sont des mesures annoncées depuis quatre ans. À notre époque, la production de denrées de base comme les oignons, les pommes de terre et l’ail avait été encouragée. Nous étions arrivés à une production de 90% de nos besoins en pommes de terre. Tel était le cas pour les oignons aussi. La production de la viande et du lait était également en hausse. Allez voir les statistiques pour voir où en sont ces productions aujourd’hui. Allez voir aussi l’étendue des terres, qui étaient sous culture vivrière à notre époque, et leur état aujourd’hui.

Pour couronner le tout, dans le secteur agricole, l’exemple le plus flagrant est la production du riz. Nous avions introduit un secteur rizicole à Maurice. Des recherches avaient été effectuées avec FARC et nous étions arrivés à la production d’un riz ayant un taux de glycémie très bas. C’était un riz de qualité et bon pour la santé, surtout pour les diabétiques. En 2014, la compagnie produisait 252 tonnes de riz. Vitarice avait pris 500 arpents de terres avec Rose-Belle. L’année dernière, la compagnie n’a produit que 19 tonnes. Un “rice mill plant” avait été construit à Cluny mais a par la suite fermé ses portes. Nous avions donné la leçon en ce qui concerne l’élevage. On avait ouvert deux fermes professionnelles, à savoir à Belle-Mare et à St-Martin. La production avait dépassé ce dont nos marchés avaient besoin. Ce projet a été délaissé. L’agriculture est restée l’enfant pauvre. Or les agriculteurs ne demandent pas de la charité, ils veulent simplement être accompagnés.

Ces dernières semaines ont été marquées par quelques jugements du Privy Council, qui jette un regard critique sur l’ancien régime. Qu’en pensez-vous ?

Prenons le jugement sur CT Power, qui date d’une semaine, je constate que le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, tente de noyer le poisson. En vérité, le Privy Council et Ivan Collendavelloo ont donné raison à l’ancien gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam. Il veut faire croire que CT Power est un protégé de l’ancien régime. Si c’était vrai, pourquoi l’ancien gouvernement avait refusé de lui donner un certificat EIA ? Pourquoi l’ancien régime n’a pas signé l’Implementation Agreement de 2008 à 2014 ? Je me rappelle que lorsque l’ancien régime avait refusé de lui donner son certificat EIA, il avait fait appel devant l’Environment Appeal Tribunal, qui lui avait donné gain de cause. Par la suite, il avait obtenu un EIA Licence avec des conditions bien strictes. L’une d’elles était justement la clause 15, qui demandait à CT Power de satisfaire le gouvernement, surtout le ministère des Finances concernant le financement du projet jusqu’à son achèvement ainsi que la “source of fund”. À partir du moment où il a obtenu son EIA Licence il n’a pas réussi à satisfaire ces conditions pendant trois ans.

À deux reprises au parlement, Xavier-Luc Duval, comme ministre des Finances, et ensuite Rashid Beebeejaun, comme ministre de l’Énergie et Deputy Prime minister, avaient indiqué que CT Power « ne satisfaisait pas le gouvernement ». En décembre 2014, Ivan Collendavelloo a répété la même chose. C’est sur cette base que le gouvernement avait décidé de ne pas aller de l’avant. Dans son interview à la MBC, il avait dit qu’il était « d’accord » avec Rashid Beebeejaun. S’il est d’accord avec ce dernier, cela veut dire qu’il est d’accord avec l’ancien régime dont il faisait partie. Rashid Beebeejaun n’était pas un gouvernement parallèle.

Qu’avez-vous à dire concernant Betamax?

La seule chose que le gouvernement doit savoir c’est que la Cour suprême n’a rien vu sur les faits  concernant les erreurs qu’aurait commises l’ancien régime. La Cour suprême a reconnu dans son jugement que les plaidoiries des deux avocats l’ont aidé à interpréter cette législation. L’ancien régime avait suivi les procédures scrupuleusement sous avis légal.

En fait, c’est maintenant que la loi est claire avec l’interprétation faite par la Cour suprême en 2019.

La série de jugements du Privy Council, à commencer par celui concernant l’affaire Medpoint, n’exerce-t-elle pas une pression sur le DPP?

Je pense que non. Au contraire, cela a montré que la séparation des pouvoirs existe bel et bien à Maurice et que le DPP est une institution que certaines personnes veulent politiser. Dans une démocratie, un état de droit, nous devons respecter les institutions indépendantes.

À l’heure où nous parlons, il est possible que le Writ of Election pour l’élection partielle ait été publié. Quel est votre sentiment à ce sujet?

Pravind Jugnauth est obligé d’après la Constitution de publier le Writ of Election et la date du scrutin. Toutefois, Jugnauth serait très naïf en politique ou c’est plutôt nous qui devons être assez naïfs pour croire qu’il y aura une élection partielle. S’il devait donner une élection partielle il n’aurait pas attendu la fin de l’échéance de trois mois. Il joue avec le temps. Deuxièmement, s’il y a une élection partielle au no 7, je prends le pari qu’il est perdu d’avance. Sir Anerood Jugnauth n’a été dans la circonscription que pour fêter son anniversaire. Lutchmeenaraidoo a été médité. Ensuite il s’est caché au ministère des Affaires étrangères avant de se retirer pour reprendre sa méditation. On ne l’a pas vu dans la circonscription. Ravi Rutnah…. Pas la peine de faire de commentaires. The writing is on the wall. Nous les attendons de pied ferme. Je suis convaincu que Pravind Jugnauth jouera avec le temps; il dissoudra le parlement et ira directement aux élections générales.

En cas d’élection partielle seriez-vous candidat au no 7?

Non. Je n’en ai aucune intention. Le Ptr et son leader désigneront un candidat en temps et lieu.

Puisqu’on parle d’élections générales et de  partielle, jusqu’ici on ne sait pas si le gouvernement apportera un mini-amendement constitutionnel puisqu’il est clair qu’il n’y aura pas de réforme électorale...

Il paraît qu’il n’y a pas la volonté politique pour apporter la réforme. Sinon elle aurait dû avoir été adoptée. Tout porte à croire qu’il y aura un mini-amendement de la Constitution pour le besoin de satisfaire les conditions permettant aux candidats de ne pas révéler leur appartenance communautaire et se mettre en conformité avec les Human Rights des Nations unies. La réforme présentée par le MSM-ML s’est arrêtée à l’adoption en deuxième lecture. Tout laisse croire que le gouvernement abandonnera l’idée.

Regrettez-vous l’absence de réforme électorale?

Je pense que si toutes les parties avaient eu l’occasion d’apporter leur contribution au sein d’un comité, on aurait pu parvenir à une solution. Le projet de réforme présenté en 2014 n’était pas mauvais. Il était un mélange de First-Past-The-Post (FPTP) et de Proportional Representation (PR). Par contre, le gouvernement veut faire une omelette sans casser les œufs. Il veut garder le système FPTP et en même temps apporter une dose de PR. Cela ne marchera pas.

Un mot sur les Chagos.

Chagos fait partie d’un élan national initié par le Parti travailliste, qui avait pris les devants pour contester la création de la zone marine protégée autour des Chagos. C’était un pas positif vers la réclamation de la souveraineté. C’est une bonne chose pour l’île Maurice et les Chagossiens que nous retrouvons notre intégrité territoriale. Il ne faut toutefois pas faire de la politique à partir de là. Il faudra procéder avec attention à partir de la résolution adoptée aux Nations Unies et le jugement consultatif de CIJ. Je pense que c’est la diplomatie qui nous aidera à trouver une solution.

Le mot de la fin…

Le plus vite on donne les élections générales, le mieux ce sera pour le pays.