photo archive

Une centaine d’ouvriers indiens de Strategic Garment Ltd, situé à Lallmatie, attendent leur salaire complet depuis le mois de novembre. Ils ont porté plainte à la Special Migrant Unit du ministère du Travail. La direction de l’usine a, elle, fait savoir qu’elle attend d’être payée par ses clients.

Ces ouvriers indiens disent n’avoir reçu qu’une partie de leur salaire depuis trois mois. De même, ils n’ont pas non plus touché le boni de fin d’année. Malgré tout, ils continuent de travailler et attendent que le ministère du Travail trouve une solution dans cette affaire. Il nous revient ainsi que la direction de l’usine a indiqué que les sommes manquantes seront versées, du moins une fois qu’elle aura reçu l’argent de ses clients.

Toujours est-il que cela fait trois mois que la situation dure. Le syndicaliste Feyzal Ally Beegun, qui a été sollicité par les ouvriers indiens, déplore le fait que « la loi ne protège pas les travailleurs » dans de telles circonstances. «Ces personnes ont contracté des dettes et ont quitté leur famille pour venir travailler ici. Il faut que la loi les protège. Or, ce qu’on voit actuellement, c’est que le ministère du Travail ne peut rien faire, hormis donner des avertissements ou des amendes à l’usine. »

Le cas de Strategic Garment Ltd n’est pas isolé. Les ouvriers bangladais d’Akhilesh International, qui avaient porté plainte pour maltraitante il y a deux semaines, sont eux aussi en attente de leurs dus. Comme les ouvriers indiens, ils n’ont perçu qu’une partie de leur salaire pendant plusieurs mois. Ce n’est que lorsqu’ils ont quitté l’usine avec leurs bagages, pour cause de maltraitance, qu’on a pu prendre les choses en main en les transférant ailleurs.

Feyzal Ally Beegun rappelle que Showkutally Soodhun avait promis de revoir la loi depuis la fermeture de l’usine Bonair Textiles afin que les travailleurs soient mieux protégés. « Mais 25 ans après, on constate que tel n’a pas été le cas. Tous les partis politiques qui sont venus au pouvoir ont promis de revoir la loi pour mieux protéger les travailleurs, mais ils ne l’ont pas fait à ce jour. »

Pour le syndicaliste, ce sont ces « faiblesses de la loi qui donnent lieu à toutes sortes d’abus ». Outre les ouvriers de ces deux usines, la même situation a été constatée dans le secteur de la construction. Une centaine d’ouvriers bangladais de Beijing Zhuzong ont ainsi porté plainte pour n’avoir pas reçu le salaire de décembre. Dans ce cas précis, la direction de la compagnie a fait savoir au ministère qu’il y avait un problème de liquidité et qu’elle attendait de l’argent de Chine.

Feyzal Ally Beegun se demande ainsi s’il est normal que toutes ces personnes viennent à Maurice et se retrouvent sans salaires. « Il est temps que la loi puisse assurer que les travailleurs puissent toucher leurs dus. Ils ne peuvent attendre que les affaires aillent en cour avec tout le temps que cela prend. » Le syndicaliste se dit d’autant plus inquiet pour les travailleurs du secteur textile que le Brexit prend effet fin mars. «Le ministre du Travail a dit qu’il n’y aura pas de perte d’emploi, mais combien d’entre eux on pourra transférer dans d’autres usines et quelles garanties pour leurs temps de service ? »