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Pékin a réagi avec colère jeudi à la promulgation par le président américain Donald Trump d’une loi soutenant les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, qualifiant ce texte « d’abomination absolue » et menaçant Washington de représailles, en pleine guerre commerciale entre les deux pays.

Pour la deuxième fois en l’espace de quatre jours, l’ambassadeur des Etats-Unis à Pékin, Terry Branstad, a été convoqué au ministère chinois des Affaires étrangères, qui a appelé Washington à « ne pas mettre en oeuvre » le texte incriminé.

La résolution, approuvée la semaine dernière par le Congrès et promulguée mercredi par M. Trump, « dissimule de sinistres intentions », avait auparavant dénoncé la diplomatie chinoise dans un communiqué, évoquant des « représailles », sans préciser lesquelles.

Le régime communiste a accusé le texte de « soutenir effrontément les actes commis contre d’innocents citoyens qui ont été frappés, blessés et brûlés (…) par des criminels violents ».

De son côté, un responsable du gouvernement hongkongais a estimé que cette résolution s’immiscait « manifestement dans les affaires intérieures de Hong Kong » et envoyait « un mauvais message aux manifestants ».

Donald Trump a promulgué mercredi « la loi de 2019 sur les droits de l’Homme et la démocratie à Hong Kong » après avoir longuement hésité, craignant de se mettre à dos les autorités chinoises, avec qui il cherche à sceller un accord commercial depuis des mois.

Cette résolution, qui menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l’ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés, avait été approuvée une semaine plus tôt à une écrasante majorité par le Congrès.

– Front commercial – 

Des sénateurs des deux bords ont immédiatement salué la décision du chef de la première puissance mondiale.

Les militants pro-démocratie hongkongais se sont également félicités, affirmant qu’elle contribuerait à l’établissement d’un consensus international en faveur de leur mouvement.

Hong Kong, territoire semi-autonome chinois, connaît depuis bientôt six mois un mouvement de contestation d’une ampleur inédite depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Le Congrès a également approuvé une mesure interdisant la vente à la police hongkongaise de matériel destiné à réprimer les manifestations. Une résolution également promulguée par Donald Trump.

Sur le front commercial, la question est de savoir si cette décision va mettre en péril les tractations délicates menées par Washington et Pékin.

Les deux premières puissances mondiales se livrent depuis l’an dernier une guerre commerciale à coup de hausses de droits de douane.

Ces derniers jours, ils ont envoyé des signaux positifs quant à la conclusion avant la fin de l’année d’un accord commercial partiel, dit de « phase un ».

L’ancien magnat de l’immobilier new-yorkais a en tout cas toujours cherché à soigner ses relations avec son homologue chinois Xi Jinping.

    – Equation délicate –

Dans un communiqué justifiant sa décision, M. Trump fait part de son « respect pour le président Xi (Jinping), la Chine et le peuple de Hong Kong ».

Signe de l’équation délicate dans laquelle il se trouvait, le 45e président des Etats-Unis était resté vague ces derniers jours sur ses intentions. Il avait d’un côté assuré être « avec » les manifestants pro-démocratie, tout en assurant avoir confiance en Xi Jinping pour résoudre la crise.

Hong Kong est lié à Washington par un statut économique spécial qui permet au territoire d’être exonéré des restrictions s’appliquant à la Chine continentale.

Le texte conditionne le maintien de ce statut spécial à la validation annuelle par l’administration d’une situation jugée convenable en matière de respect des droits de la part des autorités hongkongaises.

Le mouvement a débuté en juin à la suite du rejet d’un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Au fil des mois, les manifestations et les actions sont devenues de plus en plus violentes.

La police est entrée jeudi dans l’Université Polytechnique où des centaines de manifestants, assiégés par les forces de l’ordre, s’étaient retranchés pendant onze jours. Depuis, ils semblent avoir quitté le campus.

Dans les jours qui ont précédé les élections locales, qui se sont tenues dimanche avec une victoire écrasante des candidats pro-démocratie, le mouvement de contestation s’est apaisé. Il n’y pas eu depuis  d’importantes manifestations.

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