Le plus jeune est un nouveau-né, le plus âgé a six ans. Les sept enfants de la prison de Beau-Bassin y vivent selon le rythme de vie des condamnées derrière les portails de fer et ne sortent prendre l’air qu’à des heures précises. Si tout est fait pour garantir leur épanouissement, les enfants des mères condamnées vivent toutefois selon les règles de l’univers carcéral jusqu’à ce qu’ils aillent poursuivre leur vie ailleurs.
17 h 30. Une heure à laquelle les enfants profitent encore des derniers rayons de soleil pour jouer ou regarder leurs héros préférés à la télévision. Pour Grace, cinq ans, la journée s’achève déjà. La petite fille connaît la routine et rejoint une des cellules de la prison de Beau-Bassin. Une pièce qu’elle partage avec sa mère incarcérée pour une affaire de drogue. Ce moment fait partie du quotidien de cette jeune enfant et ce, depuis sa naissance. Une fois la porte refermée. Plus question de gambader. L’espace est restreint. Ce n’est que le lendemain matin que le son de l’ouverture de la porte viendra lui indiquer qu’elle peut enfin sortir. Outre Grace, ils sont actuellement six enfants à grandir derrière les barreaux. Malgré toutes les bonnes volontés, l’encadrement et les facilités mis en place par le gouvernement et les instances de la prison, ces enfants vivent une situation particulière et hors du commun. Ils ne sont certes pas prisonniers, mais vivre et grandir en ce lieu hautement sécurisé les amènent à adopter certaines règles et disciplines imposées aux condamnés. Mirella Latchman, assistante surintendante à la Prison de Beau-Bassin, nous explique que ces mères avec des enfants bénéficient d’un traitement spécial — leur cellule se trouve dans une aile séparée des autres détenues. Des berceaux, couches, laits et autres équipements et effets nécessaires leur sont fournis. Elles sont aussi un espace de détente commun avec des télévisions et des jeux pour les enfants.