Très prisées par les antiquaires et autres amateurs d’objets de valeur, les ventes aux enchères sont organisées toutes les semaines dans l’île. Scope s’est incrusté dans la maison des Ramful à Forest-Side, où a eu lieu une vente au cours de la semaine dernière, pour comprendre l’ambiance et le déroulement des enchères de la compagnie J.A.L Auctioneer.
Au domicile des Ramful, situé rue Gustave Bestel, Forest-Side, une cinquantaine de personnes est venue assister à la vente aux enchères organisée par les fils du défunt, Prakash Ramful. “Nous sommes trois frères et comme nous devons partager les biens hérités, nous avons eu recours à la vente aux enchères”, confie brièvement l’un d’eux.
Les objets en vente ce samedi 31 août : des tableaux de Marcel Lagesse, d’Hervé Masson et d’autres peintres mauriciens, accrochés au mur du salon et des chambres à coucher; des meubles en bois qui pourraient intéresser les antiquaires, ainsi que d’autres effets personnels : ordinateurs, vaisselle et pendules. L’objectif des organisateurs : liquider les 420 items qui restent de la première partie de la vente, qui s’est déroulée le jeudi 29 août.
Organisation
C’est Majesh, l’un de commissaires-priseurs de J.A.L Auctioneer, qui nous explique le déroulement des ventes aux enchères. “Les ventes peuvent être organisées au domicile de la personne, en public ou dans notre showroom. Beaucoup de personnes ont recours à cette pratique, mais il existe un cercle fermé d’acheteurs. Pourtant, nous faisons la publicité pour les ventes dans les journaux, par mail ou par sms. Généralement, elles intéressent les antiquaires et les acheteurs habituels.”
Les objets sont vendus en piastres, ce qui équivaut à Rs 2. “Normalement, lorsqu’une famille nous contacte pour mettre en vente des objets pour une quelconque raison, elle émet un prix de réserve sur certains objets. Pendant le déroulement des enchères, il faut qu’un représentant de la famille soit là, car il devra noter les prix de vente.”
Lorsqu’une vente se déroule au domicile du client, elle est précédée de toute une préparation. “Par exemple, pour l’organisation de cette vente, nous avons annoncé l’événement dans les journaux. C’est-à-dire que nous invitons d’abord le public à venir faire une visite du lieu, un ou deux jours précédant la vente, pour que les gens intéressés puissent repérer les objets. Ensuite, nous indiquons les jours du déroulement de la vente.”
Enchères
Quelques minutes avant le début des enchères, le petit comité présent circule de pièce en pièce pour jeter un regard sur d’éventuelles futures possessions. Gaetano, employé de la compagnie J.A.L Auctioneer, a déjà repéré les “gros acheteurs”. Il nous confie : “Certains sont là uniquement pour les tableaux. Évidemment, tout le monde ne repartira pas avec un tableau de valeur. C’est celui qui misera la plus grosse somme qui s’en ira avec le produit.”
C’est dans la chambre à coucher du défunt que débutent les enchères, par le discours habituel de l’autre commissaire-priseur et directeur de la société, Alain Lazarre. Ce dernier donne des précisions sur le règlement concernant le paiement et la façon de procéder. “Tous les items achetés doivent être payés cash ou par chèque, touchable immédiatement…”
Une fois les enchères lancées, c’est en coeur qu’Alain et Majesh énuméreront les items et leurs prix, jusqu’à ce qu’un acheteur potentiel se manifeste : “Pour deux tapis de chambre, 1,500 pias. Une fois… deux fois…”
Arrive le tour des fameux tableaux. Une tension palpable, mais dans un esprit bon enfant, se fait sentir lors des propositions de prix. C’est en toute discrétion que les acheteurs font signe de leurs enchères. Un clin d’oeil, un petit mouvement de la tête… Des expressions à peine perceptibles pour le public, mais que les commissaires-priseurs notent avec précision.
Ventes
Les prix pour plusieurs tableaux s’élèvent à plus de Rs 50,000. Les acheteurs présents sont là pour faire de bonnes affaires. Dans un coin de la salle, une cliente habituelle des ventes aux enchères affirme être venue spécialement de Grand-Baie pour assister à cette vente à Forest-Side. Rien que dans une pièce de la maison des Ramful, elle a déjà acquis quatre tableaux. La vente se terminera uniquement en fin d’après-midi.
À une autre extrémité de la salle, une autre cliente, l’air perdu, suit avec difficulté le déroulement de la vente. “C’est la première fois que j’assiste à une vente aux enchères. Je pense faire quelques achats mais je suis un peu perdue en découvrant le déroulement d’une telle activité. Mais cela me plaît. Avec mon époux, nous pensons désormais nous rendre à d’autres ventes.”
Voitures, meubles ou objets rares… J.A.L Auctioneer dispose de tous ces items et propose des ventes tous les mercredis dans son showroom à Bell Village. Alain Lazarre, directeur de la compagnie, confie : “J’ai commencé à travailler dans le domaine des ventes aux enchères avec Eric Casset. Il avait sa propre compagnie. Après son décès en 2007, je me suis mis à mon compte. Avec mon équipe, nous réalisons plusieurs ventes par semaine. En ce qui concerne celle de la maison Ramful, je suis particulièrement satisfait car les 420 items ont tous été vendus. Je peux en conclure que la vente a été un succès.”