« Un aigle noir a plané sur la ville, ?Il a juré d’être victorieux. ?De tous côtés, les corbeaux se faufilent ?Dans les sillons, dans les chemins creux »
C’est fou, mais depuis qu’on ne passe plus par la route de Terre-Rouge–Verdun, les paroles de ce chant militaire « Verdun, on ne passe pas » ne me quittent plus. La vue des  tranchées de cette belle route me donne l’impression que je vais y voir surgir des baïonnettes.
Par respect pour les morts de cette sanglante bataille de Verdun dont le centenaire sera bientôt commémoré, je m’abstiendrai de faire des comparaisons loufoques avec la pagaille de Verdun–Terre-Rouge. Ces fissures sont certainement moins cauchemardesques que  la tranchée des baïonnettes. Reconnaissons cependant  qu’hormis le côté sanglant, cette bataille et notre pagaille ont quelques traits communs.
Tout comme le général allemand  HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_von_Falkenhayn » \o « Erich von Falkenhayn » Erich von Falkenhayn qui voulut, par cette bataille, « saigner à blanc » l’armée française, notre aigle noir à nous a voulu, par cette pagaille, saigner à blanc notre population qui remboursera la dette jusqu’à la mort avant de la transmettre à la prochaine génération. Lui aussi avait juré d’être victorieux, mais comme dans la chanson de Barbara, l’aigle noir, dans un bruissement d’ailes prit son vol pour regagner le ciel, nous laissant cette fois, pas avec notre chagrin, mais à notre grand soulagement. Ne parlons pas de l’aigle rouge, ça c’est une autre histoire à dormir debout.  Nous retrouvons aussi dans Verdun, on ne passe pas,  les corbeaux qui se faufilent, dans les sillons et dans les chemins creux, mais les nôtres entraînent avec eux nos malheureuses roupies toujours trébuchantes, mais  de moins en moins sonnantes.
Comme dans tous les bons films qui se respectent, tout est bien qui finit bien. Le chant le dit bien : « Nos enfants, dans un élan sublime se sont dressés, et bientôt l’aigle noir la rage au coeur, impuissant en son crime, vit disparaître son suprême espoir ».