Une recrudescence de la violence chez les jeunes a été notée ces deux dernières semaines à travers l’île. « Est-ce vraiment une recrudescence? Le problème est-il beaucoup plus visible grâce aux vidéos mises en ligne par les jeunes eux-mêmes? », chacun y va de son commentaire. Des vidéos de violentes altercations entre collégiens, circulant sur les réseaux sociaux et les sites d’informations à Maurice, dont l’agression à coup de barre de fer d’un étudiant au sein d’un collège des Plaines Wilhems et celle d’un élève qui s’est fait tabasser à coups de poing par un groupe de jeunes à un arrêt d’autobus, entre autres, ont remis en avant ce phénomène de société. L’éducation à la maison et à l’école, le rôle et les responsabilités sont remis en question.

Karuna Rajiah, psychologue de formation explique que « parler ne servira à rien ». « Il faut les faire participer aux débats. Faire de vraies sessions de travail d’au moins deux heures avec les jeunes et les différents guides. » Selon elle, « la violence chez les jeunes ne date pas d’hier. Ces adolescents ne font que refléter ce qu’ils voient et ce qu’ils ressentent au quotidien ».

Pour la psychologue, il faudrait agir en prenant en considération tous les aspects, comme la racine, la source de tels comportements, l’évolution de la technologie dans notre société et l’environnement social ainsi qu’académique de l’enfant.

Prévention et actions 

La prévention débute dès le plus jeune âge dans le cocon familial selon la psychologue. Karuna Rajiah propose que les parents consacrent un peu plus de temps à étudier le comportement de leurs enfants. « Chaque petit changement dans l’attitude de l’enfant est un signe annonciateur d’un trouble tel qu’il soit et devrait être pris en considération. Les parents doivent savoir ce que font leurs enfants ».

La psycologue estime que « sur le plan de vue social et académique, des ateliers de travail fréquents avec les autorités concernées devraient être proposés dans les écoles. Le visuel est important. Les vidéos de leurs actions, bonnes ou mauvaises et surtout des vidéos des conséquences de ces actions, doivent être utilisées lors des sessions de travail avec les jeunes. Pour mieux les encadrer, des psychologues agissant comme conseiller devraient être postés dans chaque école à travers l’île ».