Le Muvman Liberasyon Fam (MLF) n’est pas convaincu que les amendements proposés à la Domestic Violence Act à l’Assemblée nationale contribueront à réduire le nombre de cas de violence à l’égard des femmes et des enfants sous le toit familial. C’est ce que ressort d’une réunion de ses membres regroupés le 31 mai pour discuter de ces amendements.
Dans un document envoyé à la presse, le MLF propose trois mesures urgentes au gouvernement pour aborder ce problème : pourvoir aux femmes un logement selon leurs moyens ; créer de l’emploi à leur intention pour les rendre économiquement autonomes ; et donner à celles qui sont abandonnées par leur mari ou qui choisissent de s’en départir, une subvention de la Sécurité sociale. Pour le MLF, donner la possibilité aux femmes d’avoir un toit selon leurs moyens respectifs est une manière de leur permettre de sortir d’une situation, où elles seraient victimes de violence. Il rappelle que, dans un passé pas très lointain, la Central Housing Authority (CHA) construisait et louait des maisons à prix abordables à ces femmes. Selon le MLF, c’est une question de volonté. « Au lieu de subventionner la construction des villas IRS ou des Smart Cities et des Property Developement Scheme pour des étrangers riches », le MLF est d’avis que « the Governement should use this money to subsidize housing for people with low incomes, in particular women ». Il estime que des abris pour femmes battues ne sont pas suffisants pour s’assurer qu’une femme battue puisse quitter sa maison de manière permanente.
La création massive d’emploi est une solution, car les femmes pourront être économiquement indépendantes et subviendront aussi aux besoins de leurs enfants. « Job in production are what is needed ». Le MLF rappelle que les hommes au chômage ou “underemployed” « tendent à devenir violents ». Dans le cas des femmes abandonnées ou qui décident de se séparer de leur mari, le MLF estime qu’elles doivent bénéficier d’une subvention de la Sécurité sociale. Selon lui, « it is important that the State does not criminalize men who desert the homes », car cela contribue aux représailles et l’échec d’avoir un certificat de moralité après une condamnation ne leur permettant pas d’avoir un emploi pour subvenir à leur propre besoin et encore moins à celui de leurs enfants.
Le MLF observe qu’en octroyant plus de pouvoirs aux assistants superintendants de police, et aux officiers exécutants du ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille, l’Assemblée nationale tente de régler un problème social par des moyens bureaucratiques. « It will not work », affirme-t-il. Et de poursuivre : « Bien au contraire, de nouveaux problèmes surgiront à l’avenir. Cela provoquera plus de violences. » Pour le MLF, la solution réside dans un changement de rapport de force entre les hommes et les femmes en donnant la possibilité à celles-ci de s’assumer. « This is done by the State through the three measure mentioned : a house, a job and social security for children ». Le MLF estime qu’une fois cela mis en place, la femme aura le soutien de tout un réseau, alors qu’aujourd’hui « the balance of forces is stacked so much against a woman that her own family and friends cannot help her, for fear of falling, themselves, into an abyss of poverty and dependency : if they help, the woman will come and live with them forever with no income at all ».