Une affaire d’agression avec préméditation a pris une nouvelle tournure après qu’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a poussé l’intéressé à se rendre à la police, jeudi. Ce jeune homme de 20 ans, ramasseur de ferraille, affirme dans sa plainte avoir été violemment pris à partie par un groupe de personnes à Plaine-Verte, avant d’être déshabillé, attaché et humilié publiquement.
Les faits remontent au 13 avril. Ce jour-là, la police de Plaine-Verte est intervenue rue Maharatta, près du terrain de jeux pour enfants, après avoir été informée d’une agression. Sur place, le jeune homme blessé a été retrouvé après avoir été pris à partie par des membres du public qui le soupçonnaient d’avoir volé des pièces d’un véhicule.
Cet habitant de Vallée-des-Prêtres a été transporté à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo pour des soins. À ce moment-là, aucune plainte pour vol n’avait été enregistrée et aucune déclaration n’avait été obtenue de sa part.
Le déclarant s’est volontairement présenté au poste de police de Plaine-Verte, jeudi, après avoir découvert une vidéo circulant largement sur Facebook, TikTok et WhatsApp. Dans cette séquence, il dit s’être reconnu comme étant la personne agressée par plusieurs individus. Selon lui, la diffusion massive de cette vidéo a porté atteinte à son image et lui a causé un profond sentiment d’humiliation.
Dans sa déposition, il explique que le jour des faits, il cherchait des métaux à récupérer dans le secteur lorsqu’il a aperçu un homme tentant de pousser une voiture en panne. Il a proposé son aide afin de tenter de redémarrer le véhicule, mais sans succès. Il a ensuite poursuivi son chemin.
Quelques instants plus tard, l’homme à qui il avait proposé son aide est revenu à bord d’une motocyclette et l’a accusé d’avoir volé des pièces de son véhicule. Une dispute a éclaté avant que le suspect ne passe plusieurs appels téléphoniques. Peu après, un groupe d’environ une vingtaine de personnes s’est rassemblé sur les lieux.
Le jeune homme relate avoir été encerclé, insulté puis violemment agressé à coups de poing et de pied sur différentes parties du corps. Parmi, les personnes présentes, il dit avoir identifié le propriétaire du véhicule (25 ans) ainsi que l’épouse de celui-ci (33 ans).
Selon son récit, la femme a utilisé un câble métallique pour le frapper à plusieurs reprises. Il affirme également que cet entrepreneur l’a entièrement déshabillé avant de lui attacher les mains à des poteaux métalliques situés à proximité du terrain de jeux, les bras levés.
Toujours selon sa version, une ceinture en nylon a été utilisée pour l’attacher à un poteau de clôture. Il affirme que le groupe a continué à le frapper et à se moquer de lui avant de l’abandonner attaché sur place tout nu, jusqu’à l’arrivée de la police.
Le jeune homme indique qu’il saignait abondamment du nez, de la bouche et des lèvres, et qu’il souffrait de blessures sur tout le corps. Après avoir reçu des soins à l’hôpital, il a regagné son domicile. Toutefois, durant la nuit, en raison de fortes douleurs, sa mère l’a ramené à l’hôpital, où il a finalement été admis pendant une semaine.
Le ramasseur de ferraille explique ne pas avoir immédiatement signalé les faits à la police par peur de représailles. Il affirme que les personnes impliquées lui ont demandé de ne pas porter plainte et l’ont menacé de conséquences s’il le faisait.
Après avoir constaté que la vidéo continuait de circuler sur les réseaux sociaux, provoquant de nombreux commentaires, il a finalement décidé de se rendre à la police. Il dit être complètement rétabli aujourd’hui et ne plus avoir de rendez-vous médical.
Un couple soupçonné d’être impliqué dans cette affaire a été entendu par la police, jeudi. Ils ont été informés de leurs droits ainsi que des accusations portées contre eux, et ont refusé de fournir une déclaration en présence des enquêteurs, indiquant vouloir le faire ultérieurement lorsqu’ils seront assistés de leur avocat. Ils ont toutefois nié les accusations.
Une accusation provisoire d’agression avec préméditation a été retenue contre eux devant la cour de Port-Louis. Les deux suspects ont été placés en détention policière jusqu’au 2 juillet. L’enquête se poursuit.

