Les retraités d’Air Mauritius demandent au ministère des Services financiers d’ouvrir une enquête approfondie sur la vente de leur fonds de pension à la National Insurance Company (NIC) en 2022. Selon eux, cette opération s’est accompagnée d’amendements ayant plafonné l’augmentation annuelle des pensions à 0,25 %, contre une hausse variant auparavant dans la fourchette de 3 % à 5 %. Au cours d’une conférence de presse tenue, hier, au siège de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), à l’initiative de la Listed Companies Minority Shareholders Association (LCMSA) et de l’Air Mauritius Retirees Cell, leur porte-parole, Raj Ramlugun, a déclaré que de nombreuses zones d’ombre subsistent quant aux raisons ayant motivé cette décision.
Pour lui, le ministère devrait également enquêter sur l’acquisition obligatoire des actions d’Air Mauritius par Airports Holdings Ltd (AHL). Une fois les investigations achevées sur ces deux dossiers, il estime que les conclusions devraient être transmises à la Financial Crimes Commission (FCC).
Raj Ramlugun a fait comprendre qu’Air Mauritius a traversé une période particulièrement difficile avec la pandémie de Covid-19, une situation qui a eu des répercussions importantes sur les employés aujourd’hui à la retraite. Malgré plusieurs recours devant les tribunaux pour régler certains litiges, les problèmes demeurent, relève-t-il.
« Avant le 10 novembre 2024, le grand slogan était que toutes les institutions avaient été accaparées par l’ancien régime. Aujourd’hui, un nouveau gouvernement est en place avec le mot d’ordre du changement. En 2024, j’ai eu l’occasion de discuter avec l’actuel Premier ministre, qui partageait mon avis selon lequel la situation ne pouvait plus continuer de la même manière chez Air Mauritius », a-t-il ajouté.
Le porte-parole est également revenu sur les démarches entreprises par la LCMSA depuis 2021. « Nous avions initié une action parce que nous n’étions pas d’accord avec le fait qu’AHL chapeaute les compagnies subsidiaires d’Air Mauritius. Par la suite, Air Mauritius Ltd a procédé à l’acquisition des actions détenues par les actionnaires minoritaires. Nous avons été concernés par cette mesure et n’avons pas obtenu gain de cause. Toutefois, il est inacceptable qu’un investisseur ayant acheté une action à Rs 60 se retrouve avec une acquisition forcée à Rs 5,80 », a-t-il affirmé.
Dans ce contexte, il demande au ministère des Services financiers de faire toute la lumière sur les procédures ayant conduit à cette acquisition obligatoire des actions.
Raj Ramlugun souhaite également que l’enquête s’intéresse aux nominations effectuées à la tête d’Airports Holdings Ltd à l’époque : « L’enquête doit déterminer comment certaines personnes se sont retrouvées à la tête d’AHL alors que des employés expérimentés, porteurs de la mémoire institutionnelle, étaient poussés vers la sortie. Certains des nouveaux arrivants avaient des parcours controversés. C’est une insulte envers les employés d’expérience qui ont été écartés. »
Il a, par ailleurs, affirmé qu’Air Mauritius avait mandaté le cabinet Kroll pour mener une enquête sur les achats et ventes d’actions de la compagnie. Le rapport aurait été remis au nouveau conseil d’administration, mais aucune communication n’a été faite à ce sujet depuis.
Quant au fonds de pension, Raj Ramlugun a indiqué que dès 2020, il avait été signalé que celui-ci se trouvait dans une situation financière préoccupante. Malgré plusieurs études actuarielles, l’ancienne direction aurait choisi de mettre en œuvre des programmes d’Early Retirement et de Voluntary Retirement, entraînant une baisse significative des contributions au fonds et aggravant davantage sa situation.
Air Mauritius | Retraités : Une enquête sur le fonds de pension et l’acquisition forcée des actions réclamée
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