Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a affirmé que pendant trop longtemps, les infrastructures de santé publique ont été complètement négligées. Selon lui, des équipements essentiels sont restés en panne sans être réparés et le système public de santé a été « délibérément affaibli », tandis que le secteur privé prospérait.
« Si vous vous rendez dans les hôpitaux, vous constaterez que la plupart des équipements ont 14, 15 ou 16 ans. C’est la raison pour laquelle ils tombent constamment en panne. Ceux qui étaient au pouvoir n’ont rien fait », dit-il. Il dénonce le fait que l’affaiblissement du système public a favorisé l’essor du secteur privé, devenu particulièrement lucratif. « Le secteur privé est devenu tellement rentable que des politiciens et des conseillers se sont lancés dans cette activité pour se faire de l’argent. Lorsqu’un patient consulte un médecin, il ne discute pas des frais, car il veut sauver sa vie. Certains l’avaient bien compris, ce qui explique la prolifération des hôpitaux privés dans le pays », fait-il ressortir. Il a également accusé un ancien ministre de la Santé d’avoir envisagé l’ouverture d’une clinique privée.
Évoquant la situation héritée à son arrivée au ministère, il a déclaré : « lorsque nous avons pris nos fonctions, ce n’étaient pas seulement les patients qui avaient besoin de soins ; le ministère lui-même était en unité de soins intensifs. » Selon lui, le ministère faisait face à plus d’un milliard de roupies de dettes impayées, incluant des factures dues à des hôpitaux étrangers, des heures supplémentaires non réglées et des fournisseurs refusant de réparer les équipements médicaux.
Anil Bachoo a également vivement critiqué la gestion de la pandémie de Covid-19 sous l’ancien gouvernement MSM, qui continue, selon lui, à présenter cette période comme un succès. S’appuyant sur les statistiques de mortalité, il a affirmé que Maurice a enregistré près de 4 000 décès supplémentaires en 2021 et 2022 par rapport à la moyenne observée en 2019 et 2020, alors que seulement 1 019 décès liés à la Covid-19 avaient été officiellement recensés. « Près de 4 000 décès supplémentaires ont été enregistrés et la population n’en a jamais été informée. Elle a été maintenue dans l’ignorance », a-t-il déclaré.
Le ministre est également revenu sur le décès de douze patients dialysés de New Souillac Hospital après une flambée de cas de Covid-19. Il a indiqué qu’un comité d’enquête avait identifié de graves manquements.
Anil Bachoo a aussi soutenu que la fermeture des frontières avait été retardée afin de permettre à des personnes proches de l’ancien régime d’entrer dans le pays. « À un moment où chaque décision comptait, les privilèges politiques ont été placés au-dessus de la sécurité publique. Comme le dit l’adage : que le pays aille à la dérive, pourvu que ma famille soit protégée. C’était la politique adoptée à l’époque », trouve-t-il.
Anil Bachoo a, par ailleurs, dénoncé plusieurs irrégularités présumées dans les achats effectués pendant la crise sanitaire.« Pendant que des gens mouraient, certains s’enrichissaient », a-t-il déclaré. Il a notamment cité l’affaire du Molnupiravir, qu’il a qualifiée de « très grave », ainsi que le paiement anticipé de Rs 77,9 millions pour des Ventilators qui ne répondaient pas aux spécifications requises et qui n’ont jamais été utilisés.
Le ministre a également indiqué que le budget 2026-27 prévoit Rs 277 millions pour régler des réclamations liées aux vaccins, alors même que l’ancien gouvernement avait instauré une taxe de Rs 2 par litre sur l’essence et le diesel, spécifiquement destinée au financement des vaccins. « Où est passé cet argent ? Nous ne le savons pas », s’est-il demandé.

