Débats sur le 4e budget de Padayachy : Les Top Guns en lice pour les séances de lundi et mardi

Avec le début du Committee of Supply des Budget Estimates, mardi, pas de PNQ et de Question Time pour cette séance

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Des travées de l’opposition vides lors de l’intervention du député du No 8, Yogida Sawmynaden

Les débats sur le quatrième budget du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, abordent l’ultime étape. En effet, dès lundi, les Top Guns au sein de l’hémicycle, que ce soit des rangs du gouvernement et de l’opposition se présentent. Le calendrier prévoit que dès mardi, le Committee of Supply des dotations budgétaires sera enclenché. De ce fait, l’agenda de mardi et aussi de mercredi de la semaine prochaine ne prévoit pas de Private Notice Question du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, et la traditionnelle séance de Question Time du mardi.

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Avec l’ajournement des travaux tard dans la soirée d’hier par le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, qui commentera le budget lundi matin, les autres intervenants devaient s’aligner pêle-mêle Patrice Armance pour le PMSD, Arvin Boolell pour le parti Travailliste et Paul Bérenger pour le MMM. Du côté du gouvernement, Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater, le ministre Kavy Ramano, le vice-Premier et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, devront intervenir.

Aucune indication au sujet de la possibilité de voir le ministre Alan Ganoo intervenir lors des débats sur le budget. Le chef de la diplomatie n’a pu être présent au sein de l’hémicycle pour des raisons de santé. Par ailleurs, avec le Deputy Prime Minister et ministre du Logement, Steven Obeegadoo, demandant l’ajournement, il faudra s’attendre à n’entendre que deux orateurs, dont Steven Obeegadoo et le Leader of the House et Premier ministre, Pravind Jugnauth avant de passer à l’examen en comité des Budget Estimates mardi après-midi.

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Pour la séance de vendredi huit parlementaires sont intervenus dans l’ordre, dont la Chief Whip, Naveena Ramyad, Aadil Ameer Meea du MMM, le ministre des Arts, Avinash Teeluck, Fabrice David du parti Travailliste, de la Parliamentary Private Secretary, Dorine Chuckowry, de Kushal Lobine du PMSD et du ministre Stephan Toussaint et de l’ancien ministre du Commerce, Yogida Sawymnaden.

Le colistier du Premier ministre, qui se trouve sous la menace d’une inculpation provisoire découlant de l’emploi fictif de Constituency Clerk de Simla Kistnen, l’épouse de l’ancien chef agent du MSM au No 8, s’est adressé à la Chambre devant les travées vides de l’opposition, les parlementaires de cette dernière préférant quitter l’hémicycle.

Le Mauricien reviendra avec un compte rendu de cette séance dans sa prochaine édition.

David fait le procès des pharmaciens

Le Deputy Speaker recadre la Chief Whip

Alors qu’Aadil Ameer Meea était sur le point de conclure son intervention, il y a eu une confusion sur le temps qui lui restait. Se référant à l’heure écrite sur le papier devant lui, par le Speaker Sooroojdev Phokeer, Zahid Nazurally, qui présidait la Chambre, a estimé qu’il lui restait une minute. Mais au même moment, la Chief Whip du gouvernement s’est lancée dans une explication avec le whip de l’opposition, Patrice Armance, à ce sujet.
Ce qui a amené le Deputy Speaker à la recadrer : « Honourable Whip, I am the Chair. Let me have some order ». Après un moment de silence, Naveena Ramyad s’est lancée à nouveau dans ses explications. Le Deputy Speaker l’a une nouvelle fois rappelée à l’ordre : « Honourable Whip, please. »

Ce à quoi, Arvin Boolell a commenté : « Whip her »
Zahid Nazurally a alors demandé à Naveena Ramyad et Patrice Armance de se mettre d’accord et qu’il ne veut pas se retrouver au milieu de cette situation. Précisant : « Next time you better sign it both. »
Sur quoi, Aadil Ameer Meea a préféré conclure son intervention.

SHARVANAND RAMKAUN (PPS) : « Un Top Class Budget »

Le Parliamentary Private Secretary (PPS) Sharvanand Ramkaun déclare que le budget 2023-2024 repose sur trois axes, la consolidation des piliers de l’économie, la continuation de la transformation de Maurice en une économie durable et l’édification de l’avenir de la nation. Il s’est appesanti sur les points positifs du budget, dont les initiatives en faveur de l’égalité des genres, les divers Schemes pour l’agro-industrie, la pêche, l’entrepreneuriat et l’économie bleue, les allocations en faveur des enfants en bas âge et ceux ayant des besoins spéciaux, la révision à la hausse de la pension de vieillesse, le revenu minimum garanti, la réduction du prix de l’essence et les initiatives pour l’éducation, désormais libre depuis la maternelle jusqu’à l’université. Pour lui, il s’agit d’un « gouvernement  qui a à cœur les intérêts des enfants, dont ceux qui ont des besoins spéciaux, les jeunes et les pensionnaires, voire même les bébés à naître ».

Il s’est ensuite focalisé sur le développement infrastructurel sous le gouvernement. Le PPS avance que sous l’actuel régime, il y a une longue liste de projets qui ont été entrepris et complétés, dont la route d’accès à l’aéroport, l’autoroute M1, le route de La-Vigie à Beaux-Songes, les passerelles ou autoponts à Wooton, Hiilcrest, Terre-Rouge, Quai D et Caudan et le pont reliant Coromandel et Sorèze. Le métro a transformé le paysage urbain et a considérablement réduit les embouteillages à l’entrée de Port-Louis, selon lui.

Sharvanand Ramkaun a ensuite dressé un tableau flatteur du Premier ministre et a rappelé que ce dernier « avait fait preuve d’audace durant la pandémie de Covid-19 ». Il a affirmé que Maurice est aujourd’hui citée en exemple dans le monde pour le « Ease of doing business », la transparence et la stabilité économique et politique ». Et de se demander : « Le gouvernement précédent peut-il se targuer d’avoir autant amélioré la vie des gens que le présent gouvernement ? »

Il a fait état des budgets du précédent régime où, selon lui, plusieurs projets sont morts de leur belle mort. Il a aussi accusé une composante de l’opposition de faire exactement la même chose qu’ils reprochent au gouvernement aujourd’hui. Il y avait ainsi eu l’expropriation d’environ 500 personnes dans le cadre du projet Tian Li. Il est d’avis que le présent budget a reçu un accueil favorable du grand public.

Prakash Ramchurrun, PPS « Le budget brille sur la vie de tous les Mauriciens »
Le Parliamentary Private Secretary (PPS) Prakash Ramchurrun est d’avis que « le budget brille sur la vie de tous les Mauriciens », malgré le fait que certains persistent à dire que « nanye pa bon ». Il estime que le gouvernement garantit les acquis sociaux pour soutenir les plus faibles et les plus vulnérables de la société, assurant une responsabilité socialiste, non seulement en théorie, mais aussi dans la pratique.

« Jamais, depuis l’indépendance, a-t-on vu autant de développement dans ce pays. Bidze-la pa get figir. Il fait aussi part à l’épanouissement et la prospérité d’un peuple uni », dit-il déclaré. Selon lui, un des points saillants de ce budget est la réforme fiscale, qui vise à modifier le régime des impôts afin qu’il soit plus équitable, durable et favorable au progrès économique.

« En fin de compte, nous voulons un système qui reconnaisse le travail, qui fasse progresser les familles et que Maurice puisse utiliser pour attirer et retenir les talents », soutient-il. Il affirme que pour rééquilibrer l’économie et remettre de l’argent entre les mains de la population et inciter les gens à épargner davantage, la structure fiscale a été modifiée. Il a mis en avant que la nouvelle formule renforce ainsi l’intégrité et l’équité du système fiscal et garantit que les contribuables seront taxés en prenant en compte leur situation et leurs revenus économiques réels.

Mahend Gungapersad, parti Travaillist : « Pénurie d’éducateurs due à une mauvaise planification »
Le porte-parole du dossier éducation du Parti travailliste, Mahend Gungapersad, a mis en exergue une pénurie d’éducateurs, découlant d’une mauvaise planification. Avec notamment un directeur au sein du ministère de tutelle en poste sur une base contractuelle, et qui se bat, d’après le député, pour renouveler à nouveau son contrat pour la troisième fois en juillet prochain.

Il s’est ainsi attardé sur l’annonce budgétaire du recrutement de 200 éducateurs. Or, le Scheme of Service ne serait pas prêt. « Nous ne savons pas quand les postes pour les éducateurs seront annoncés. Ensuite, nous avons l’exercice de dépistage, suivi d’un entretien d’embauche. Et enfin le recrutement. Tous ces processus ne seront pas terminés avant octobre. Comment en sommes-nous arrivés à une situation de pénurie aiguë d’éducateurs ? » s’est-il demandé.

Le ministère est parti à la recherche d’éducateurs à la retraite pour faire face à la situation, ajoutant qu’étant donné que seuls quelques-uns ont répondu, il y a eu une deuxième annonce pour encourager les éducateurs privés aussi. « C’est une preuve que la situation est alarmante en raison d’une mauvaise planification », dit-il.

En ce qui concerne l’Extended Programme, il soutient qu’il ne peut se porter garant en faveur du développement émotionnel, cognitif, psychomoteur des enfants. Il a ainsi pris l’engagement que celui-ci serait Scrapped sous un éventuel nouveau gouvernement travailliste, pour être remplacé par une formule garantissant le développement basé sur les compétences des enfants. « The type of education we provide and the way we do it will determine how we control the proliferation of hard drugs in our territory, the type of education which we impart to our children will help to fight crime, domestic violence and the different forms of injustice », déclare-t-il.

Il avance que pour contrer les injustices et les inégalités, un effort supplémentaire doit être consenti pour voir comment éduquer les enfants dans un contexte où les deux parents travaillent, sont toxicomanes, sans emploi ou encore ne maîtrisent pas l’outil numérique.

Gilbert Bablee, PPS – « Le peuple a faim, on doit
lui donner à manger »

Le Parliamentary Private Secretary (PPS) Gilbert Bablee estime que, malgré les attaques perfides de l’opposition, le gouvernement a eu le courage de puiser dans les réserves de l’État pour venir en aide à la population. Ainsi rappelle-t-il que, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement, « plusieurs mesures ont été prises pour aider ceux qui se sont inscrits au registre social ».
Ainsi dit-il penser à ces personnes « ki travay gramatin pou manze tanto ». Ajoutant avoir « une affection particulière pour ces femmes de ménage qui ne perçoivent toujours pas de salaire minimum », malgré les mesures adoptées par le gouvernement. « Elles cumulent des emplois chez des particuliers, parfois très malhonnêtes, parski bizin travay dan kat plas pou gagn Rs 2 000 isi, Rs 3 000 laba. »

Et dans le même registre : « je connais des jardiniers qui travaillent au rabais pour avoir un peu d’argent pour vivre. Des petits cordonniers, des sans-abri qui dorment sous les infrastructures publiques, à même le sol. » Ainsi, dit-il, « ce budget vient étancher la soif des plus démunis ». Tout en rappelant que le seuil d’éligibilité au registre social passe de Rs 3 000 à Rs 3 575 pour un adulte et de Rs 2 000 à Rs 2 500 pour un enfant. « Et le seuil du revenu maximum des ménages passera de Rs 10 500 à Rs 14 650 à partir de juillet », poursuit Gilbert Bablee.

Quant à la pension de vieillesse, il note que celle-ci sera de Rs 11 000. « Cela permettra à nos aînés d’acheter leurs médicaments et de payer leurs factures », dit-il ajoutant que « le budget vient aussi rehausser la pension de nos séniors ainsi que les allocations perçues par les veuves et les orphelins », tandis que les personnes de 65 ans et plus bénéficieront d’une pension mensuelle de Rs 12 000 – combinée avec les CSG Retirement Benefits – et que les handicapés auront droit à une augmentation de Rs 1 000.

« Voilà ce que le gouvernement fait, même si on dit que c’est avec l’argent de l’inflation. Oui, l’inflation a grimpé. Oui, il y a des taxes. Mais on rend cet argent à ceux qui meurent de faim. Le peuple a faim, on doit lui donner à manger. Voilà la politique de ce gouvernement socialiste », précise Gilbert Bablee. Et ce, alors que « les budgets présentés dans le passé étaient austères, durs et inhumains », selon lui, rappelant ceux de 2005 à 2007.

« On avait stoppé la distribution de pains dans les écoles primaires. Je suis obligé de condamner cette décision prise il y a plusieurs années, parce que, humainement, on n’a pas le droit de faire une chose pareille », dit-il. Rappelant qu’il aura fallu que les parents protestent pour que la distribution reprenne.

Michaël Sik Yuen PMSD – « Budget irresponsable,
décevant et sans direction »

Michaël Sik Yuen du PMSD a qualifié le budget « d’irresponsable, décevant et sans direction ». Estimant que « le pays va mal », il ajoute : « les Mauriciens sont en colère contre ce gouvernement. Vous dites oser protéger. Il n’y a rien comme mesure contre l’inflation; rien contre la dépréciation de la roupie; rien pour soulager les plus démunis. Rien pour les personnes qui construisent leurs maisons; rien sur la baisse des prix, alors que le prix du pétrole a drastiquement baissé. La drogue gagne du terrain depuis l’arrivée de ce gouvernement. Rien pour la relance de l’économie; rien pour encourager les jeunes à rester au pays ! »

Il déclare que l’économie est en pilotage automatique, tandis que « les caisses de la Banque de Maurice ont été dilapidées ». Il poursuit : « vous dites oser protéger alors que nous sommes excessivement taxés à travers les produits pétroliers. Notre roupie a perdu presque 50% de sa valeur. L’inflation est devenue infernale. » Il est d’avis que « les mesures annoncées ne vont pas résoudre les grands soucis de la population, car ce gouvernement a trouvé comme unique solution la dépréciation de la roupie pour avoir des revenus additionnels ».

Michaël Sik Yuen dit par ailleurs ne voir aucune vraie mesure pour relancer cette économie et revitaliser le secteur de l’emploi. « Je suis inquiet pour les PME, qui représentent 44% du marché de l’emploi chez nous. La réputation de Maurice a changé depuis 2015. Notre île était une référence et un modèle pour les autres pays, mais aujourd’hui, les pays voisins nous regardent d’un autre œil, voire se moquent de nous », reprend-il.

D’autre part, dit-il, le ministère du Tourisme est au point mort et sans direction. « Oui, il y a eu une augmentation du budget de la MTPA pour la promotion de notre pays. Mais avec la dévaluation de la roupie, le budget additionnel n’est pas suffisant. Pire encore : le Passenger Terminal Fee augmentera à partir de janvier 2024. » De plus, il estime « important de faire ressortir que le billet d’avion pour Maurice est déjà cher, tandis qu’il est plus abordable pour des destinations concurrentes, comme les Maldives et les Seychelles ». Il regrette le silence sur l’Air Access Policy ».

Il note par ailleurs du désespoir chez les petits opérateurs. « Ils souffrent énormément dans le secteur touristique. Pour eux, le budget est une catastrophe, car il faut se débrouiller seuls. Il faut continuellement revoir notre produit touristique et s’adapter aux différents marchés. Il faut miser sur les segments mariage, sport et shopping, et les touristes du Moyen-Orient », dit-il.
Il rappellera que la sécurité des touristes laisse à désirer , tandis que les cas d’agression augmentent. « Que fait la Tourism Authority ? Rien. »

Ranjiv Woochit  (PTr) – « Un budget axé sur la taxe »

Ranjiv Woochit du parti Travailluste note que le budget est loin d’être socialiste, car le budget de la protection sociale a baissé par rapport à l’année dernière. « Les différentes allocations ne sont qu’un moyen d’amener les bénéficiaires à dépenser davantage afin que le gouvernement récolte plus de taxes », dénonce-t-il en déplorant également la lenteur dans la concrétisation de plusieurs projets annoncés dans les précédents budgets.

Les recettes fiscales, qui étaient de Rs 107,7 milliards pour 2021-2022, sont passées à Rs 132 milliards pour 2022-2023. Il est prévu qu’elles augmentent une nouvelle fois en 2023-2024 pour atteindre Rs 156 milliards. « Avec une telle prévision, il est clair que la population va souffrir davantage », dénonce-t-il en ajoutant « le budget 2023-24 n’est ni plus ni moins qu’un Tax Budget. Il y a eu des recettes fiscales comme jamais auparavant. Il est clair que c’est la population qui va payer pour cela et se retrouvera en détresse. »

Le député de Pamplemousses/Triolet est d’avis que « le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, cache le réel calcul économétrique » derrière ce budget.  Le but de ce budget est d’augmenter l’inflation pour obtenir plus de revenus à travers la TVA et l’Excise Duty notamment. Les gens vont économiser sur la Personal Income Tax, mais ils vont dépenser plus sur la TVA et l’Excise Duty. L’exemption de la TVA sur 15 produits n’est pas suffisante, car il y a d’autres produits de première nécessité qui sont toujours frappés de la TVA. »
Ranjiv Woochit a également déploré que des Rs 83 milliards récoltées sous la Contribution Sociale Généralisée depuis 2020, le gouvernement n’en donne que Rs 30 milliards en terme de protection sociale. « Les différentes allocations seront insuffisantes pour faire face au coût élevé de la vie. Le budget n’a rien prévu pour le contrôle des prix des médicaments. De même, le Pharmaceutical Hub, annoncé dans le précédent budget, ne s’est jamais concrétisé. On avait dit qu’on fabriquerait des médicaments ici pour que cela coûte moins cher. »

Il a également commenté le projet de planter un million d’arbres à travers l’île. Ce qui, selon lui, a été emprunté de New-Delhi, sous l’ère Sheila Dixit. « Ce n’est ni l’idée du gouvernement mauricien, ni du ministre des Finances. Quant à savoir s’ils pourront l’implémenter avec succès, comme cela a été le cas à New-Delhi, j’en doute fort, étant donné les manquements au niveau du NECA et de Maurifacilities. » Il a également élaboré sur une série de mesures déjà présentées dans d’anciens budgets et répétées dans le présent. « En attendant, la distribution d’eau 24/7 attend toujours d’être concrétisée. »

Franco Quirin (MMM)
« Aucune mesure pour contrôler l’inflation »

Franco Quirin (MMM) a d’emblée affirmé que les Mauriciens ont « très vite compris que ce budget n’a, à aucun moment, tenu ses promesses ». Estimant ainsi que la population s’attendait à une réduction conséquente du prix du carburant, une augmentation de la Basic Retirement Pension à Rs 13 500 et des mesures visant à contenir la hausse des prix des denrées alimentaires. « Mais tel n’a pas été le cas », dénonce-t-il.

Le revenu minimum garanti de Rs 15 000 est trompeur. De plus, même s’il admet que des mesures ont été avancées pour atténuer la perte du pouvoir d’achat, « les problèmes à l’origine de cette perte ne sont pas abordés ». Ainsi prend-il l’exemple de l’inflation. « Le ministre des Finances n’a proposé aucune mesure pour la contrôler, alors que nous savons tous que c’est une des premières causes de la perte du pouvoir d’achat. Le ministre aurait dû venir expliquer comment, à travers le ministère du Commerce, l’on compte exercer un meilleur contrôle sur les prix des aliments de première nécessité », dit-il.
Rappelant la baisse de Rs 5 du prix de l’essence, alors que, « sur le plan mondial, les prix ont baissé de 42% depuis mai 2022 », il dira : « Au fur et à mesure qu’on épluche le budget, on voit que c’est un exercice populiste et électoraliste. Comme ce cadeau de Rs 20 000 offert à 15 000 jeunes ayant 18 ans cette année. Ces jeunes qui vont voter pour la première fois aux prochaines élections générales. »
« Cette mesure ressemble à une bribe électorale », n’a-t-il pu s’empêcher de dire tout comme les recrutements dans la force policière et les secteurs de l’éducation et de la Santé.
Franco Quirin estime que « le budget démontre la capacité du ministre des Finances à copier/coller». Pour lui, le temps où Maurice était considérée comme un pays à hauts revenus est révolu, rappelant que de 250 000 personnes vivent sous le seuil de la pauvreté à Maurice.
Ainsi, à travers ces mesures populistes, le gouvernement chercherait, selon le député, à faire oublier « les scandales, les accusations de corruption contre certains de ses membres les plus influents, la dégradation de la loi et de la sécurité, l’utilisation à outrance de la force policière contre ceux qui dénoncent le pouvoir en place… Dois-je rappeler l’affaire Kistnen ? »
Le comble, d’après lui, « c’est que le ministre des Finances annonce l’introduction d’une Whistleblowing Act, alors que cette loi est réclamée par les ONG depuis des années. Quel intérêt pour un gouvernement de venir de l’avant avec une telle loi, quand la corruption s’est infiltrée dans la plus haute sphère du gouvernement ? »
Franco Quirin a ensuite été interrompu par le Speaker, Sooroojdev Phokeer, lorsqu’il a commencé à parler de l’échec patent de l’Extended Programme. Ce dernier lui a conseillé de ne pas répéter ce que les autres députés ont déjà dit à ce sujet. « You can’t tell the Speaker to wait », a lancé le Speaker, ajoutant que si le député continue dans cette voie, les conséquences « seront sérieuses ». Et Rajesh Bhagwan de souligner aussitôt que ce Ruling ne devrait pas être appliqué aux seuls membres de l’opposition. Ce à quoi le speaker a dit être « totalement d’accord ».
Poursuivant, le député a souligné que c’est la 13e fois qu’il commente un budget au Parlement, mais que « c’est la première qu’un Speaker m’empêche de dire ce que j’ai à dire ». Il maintient que « je me permets de vous rappeler que nous sommes appelés à voter Rs 20 milliards au budget de l’éducation, et que l’Extended Programme en fait partie ». Lorsque le député a ensuite parlé des bailleurs de fonds du MSM, le Speaker lui a rappelé que « cela n’a rien à voir avec le budget ». Le député insistant, le Speaker a décidé de l’expulser de l’hémicyle et de le Name.

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