Nouveau développement majeur dans l’enquête sur le scandale des écoutes téléphoniques, Misie Moustas Leaks, à Maurice sous le précédent gouvernement. L’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth, s’est présenté, mardi, suite à une assignation formelle au Central Criminal Investigation Department (CCID). Son audition devait avoir lieu sur l’acquisition et l’utilisation de matériel de surveillance et d’interception des communications durant son mandat de Premier ministre.
La police l’a informé des détails qu’il recherche en lien avec cette affaire. L’ex-Premier ministre a alors demandé un moment pour consulter ses avocats, dont Mes Raouf Gulbul et Ivan Collendavelloo, Senior Counsel. Étant donné qu’il ne dispose pas de ces informations en tête ou en sa possession, Pravind Jugnauth a demandé un renvoi de son interrogatoire. Le CCID a agréé à cette demande. Ainsi, un nouveau rendez-vous sera fixé pour bientôt.
Les enquêteurs cherchent à comprendre dans quelles circonstances les équipements d’écoute téléphonique ont été obtenus, comment ils ont été utilisés et quelles responsabilités peuvent être établies dans leur déploiement.
Cette convocation de Pravind Jugnauth s’inscrit dans l’enquête ouverte à la suite de la diffusion, en octobre 2024, d’une importante série d’enregistrements audio attribués au profil Misie Moustas. Ces fuites avaient exposé des conversations impliquant de nombreuses personnalités et provoqué une vive controverse à Maurice.
Au fil de l’enquête, les autorités se sont notamment intéressées à l’origine des systèmes utilisés pour intercepter les communications, ainsi qu’à leur éventuel lien avec la Counter Terrorism Unit (CTU).
Pravind Jugnauth n’est pas le premier ancien membre du gouvernement convoqué dans le cadre de cette enquête. L’ancien ministre des Technologies, Deepak Balgobin, avait également été entendu par le CCID en juillet. Les investigations avaient, par ailleurs, conduit à l’interpellation de l’Assistant Commissioner of Police (ACP) Lilram Deal, ancien responsable du CTU.
L’objectif des enquêteurs est désormais de reconstituer la chaîne de responsabilités autour de l’acquisition, de la gestion et de l’utilisation des équipements d’interception.

