Curepipe – Tentative de suicide d’ado : Une enquête pour bullying  en milieu scolaire ouverte

Deux semaines après le geste de désespoir d’une élève ayant sauté du deuxième étage de son collège, les langues commencent à se délier. Une enquête pour bullying a ainsi été ouverte car, selon les témoignages, la jeune fille était victime d’humiliation à l’école. Dans le milieu, on tire la sonnette d’alarme sur ce phénomène trop souvent pris à la légère.

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Elle n’aurait pas tenu le coup d’une dernière brimade. C’est ce qui aurait poussé cette élève d’un collège de Curepipe à se jeter dans le vide le 1er août dernier. Alors que dans un premier temps, les enquêteurs privilégiaient les pistes de problèmes familiaux, les témoignages dans l’entourage de la jeune fille auraient révélé une autre réalité.
Cette dernière souffrait de bullying depuis un certain temps. Les autorités compétentes ont été mises au courant de cette situation pour un suivi. Selon un parent, dont la fille fréquente le même établissement, il y a un laisser-aller depuis un certain temps.

« Ma fille avait été tabassée par un groupe d’élèves et jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais pu avoir une réunion avec la direction pour savoir ce qui s’est passé. À chaque fois on m’a renvoyé, me disant que le responsable n’était pas là », dénonce-t-il.
Ce dernier ajoute qu’il a été contraint de faire transférer sa fille dans un autre collège, car elle ne voulait plus revenir dans cet établissement. « Elle avait peur et je n’avais reçu aucune garantie quant à sa sécurité », rajoute-t-elle.

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Dans le milieu scolaire, des éducateurs tirent la sonnette d’alarme sur ce phénomène qui s’accentue, mais qui est trop souvent traité à la légère. « Il y a des jeunes qui sont en grande souffrance face à cette situation, mais ils n’osent pas en parler. Ou alors, on ne prend pas le problème au sérieux », dénoncent-ils.

Ils parlent également de la nécessité de se préoccuper de la santé mentale des jeunes, car ils sont très fragiles à cet âge. On se souvient également qu’il y a quelques semaines, un élève de l’Extended Programme d’un collège d’État avait mis fin à ses jours. Il avait été renvoyé pour indiscipline quelques jours plus tôt.

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Si dans certains collèges, il existe un service d’écoute, tel n’est pas le cas pour tous. Un manager témoigne que les psychologues sont envoyés par la Private Secondary Education Authority (PSEA) sur demande. Encore que parfois, lorsqu’ils arrivent, le problème est déjà réglé. Le ministère de l’Éducation compte également des psychologues qui sont envoyés dans les collèges, mais là encore, il n’y a pas de permanence.

Par ailleurs, les enseignants dénoncent le trafic de drogue, qui gagne de plus en plus du terrain dans les cours de récréation. Ils citent en exemple un cas dans un collège d’État des basses Plaines-Wilhems, la semaine dernière, où la police a dû intervenir.

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