Le député de l’opposition Mahend Gungapersad a salué la contribution au kreol morisien qu’apportera l’Education (Amendment) Bill, mais a exprimé des réserves. « Alors que ce projet de loi aurait dû être non controversé, des députés du gouvernement ont adopté une approche toxique », a toutefois dénoncé le député.
Il a affiché sa satisfaction que le gouvernement veuille offrir une plus grande diversité en termes de matières aux étudiants, ce qui ne peut être que dans leur intérêt. Le projet de loi pourrait contribuer à mauricianiser le système d’évaluation, et ouvrir la voie vers d’autres qualifications que celles offertes par l’Université de Cambridge. Qui plus est, selon le député, le projet de loi pourra permettre aux étudiants qui sont plus familiers avec cette langue d’apprendre plus aisément d’autres matières, notamment techniques. Il pense aussi que le projet de loi est quelque part au diapason avec les objectifs de l’Unesco, qui veut promouvoir le multilinguisme.
Toutefois, il ajoute que certaines clarifications à propos du projet de loi sont nécessaires. Ainsi, pourquoi faut-il mettre sur pied le National Examinations Board (NEB) quand le Mauritius Examinations Syndicate (MES) existe déjà, demande-t-il ? Alors que l’Université de Maurice (UoM) sera amenée à jouer un rôle au niveau du secondaire, comme prévu par le projet de loi, il se demande quelle est son expertise au niveau secondaire. « Qu’arrivera-t-il après le SC ? Le Kreol Morisien pourra-t-il être pris au niveau principal ou seulement au niveau subsidiaire ? » se demane-t-il.
Il se pose également d’autres questions. Les scores pour le kreol morisien seront-ils comptabilisés par Cambridge pour le classement final des étudiants ? Le kreol morisien aura-t-il une Literature Component, à l’instar d’autres langues, ce qui permettra de valoriser les auteurs ? Les adultes ayant quitté l’école auront-ils l’opportunité d’apprendre cette langue ? Quel sera le format des papiers d’examen ? Quelles seront les implications pour l’emploi ? La Public Service Commission (PSC) reverra-t-elle ses critères de recrutement ? « Autant de questions légitimes qui ne devraient provoquer aucune polémique », estime le député.
Mahend Gungapersad a ensuite fait ressortir certains problèmes concernant le kreol morisien. Comme le fait qu’il y ait un manque d’enseignants de la langue maternelle. Il pense également important d’encourager les étudiants ayant opté pour le kreol morisien à compléter les cours. Enfin, il demande que les étudiants rodriguais ne soient pas pénalisés, « car le kreol utilisé à Rodrigues a ses propres spécificités ».

