Énergie : Dette totale de Rs 9,3 milliards pour le CEB

– Le ministre Assirvaden: « En 2014, lorsque le PTr quittait le pouvoir, le CEB disposait encore des réserves de Rs 894 millions » – La hausse de 15% des tarifs du CEB rapportera Rs 3 milliards contre les Rs 4,8 milliards supplémentaires pour les importations de Heavy Oil

L’interpellation du député du Fron Militan Progresis, Chetan Baboolall, a poussé le ministre des Utilités publiques, Patrick Assirvaden, à baliser les paramètres d’opération financière du Central Electricity Board. D’emblée, il souligne que depuis plusieurs mois, les marchés énergétiques mondiaux connaissent de fortes turbulences. Il a aussi indiqué que la hausse de 15% des tarifs d’électricité rapportera Rs 3 milliards alors que le coût supplémentaire des importations de Heavy Fuel Oil est de l’ordre de Rs 4,8 milliards.

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« Le cas du fioul lourd illustre parfaitement cette réalité. Aujourd’hui, chaque cargaison d’environ 33 500 tonnes de fioul lourd coûte au CEB près de Rs 489 millions supplémentaires, soit une augmentation moyenne de 68 % par cargaison. Il convient de rappeler que le fioul lourd représente encore l’une des principales sources utilisées pour assurer la production d’électricité du pays et contribue à près de 40 % des besoins annuels nationaux en électricité », déclare le ministre.

Il affirme que l’impact financier est colossal. « Le CEB estime devoir absorber un surcoût annuel additionnel d’environ Rs 4,8 milliards uniquement pour couvrir les dépenses liées à l’importation du fioul lourd », fait-il ressortir, en soulignant que « cette situation intervient alors même que les finances du CEB se trouvent dans un état extrêmement fragile. Il est important de signaler qu’en 2014, lorsque le Parti travailliste quittait le pouvoir, le CEB disposait encore de réserves de Rs 894 millions. Ces réserves ont ensuite progressé de manière spectaculaire pour atteindre environ Rs 7 milliards en 2022. » 

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Poursuivant, le ministre de l’Énergie a mis en avant : « pourtant, en l’espace de deux ans seulement, cette situation s’est totalement renversée. Au 31 décembre 2024, le CEB affichait une balance négative de Rs 5,9 milliards. Autrement dit, l’organisme est passé d’une situation de réserves importantes à une situation financière extrêmement dégradée marquée par des déficits massifs et une dépendance croissante aux facilités bancaires. » 

Par ailleurs, Patrick Assirvaden a indiqué : « à ce jour, la dette totale du CEB atteint Rs 9,3 milliards, dont Rs 5,2 milliards de découverts bancaires. Les comptes audités au 30 juin 2024 relevaient déjà un déficit de Rs 243,3 millions. Ces chiffres démontrent clairement que les marges financières du CEB ont été pratiquement épuisées au moment même où les coûts internationaux du carburant explosaient. Dans ces circonstances, il aurait été irréaliste et financièrement irresponsable d’exiger du CEB qu’il absorbe seul l’intégralité des hausses liées au fioul lourd sans procéder à une révision tarifaire. Il faut d’ailleurs préciser que la hausse appliquée à compter du 1er mai 2026 ne permettra même pas au CEB de récupérer l’ensemble des coûts supplémentaires qu’il devra supporter. »

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Étayant son argumentaire, le ministre a avancé : « Alors que les dépenses additionnelles liées au fioul lourd sont estimées à Rs 4,8 milliards par an, la révision tarifaire ne devrait générer qu’environ Rs 3 milliards de revenus supplémentaires. Le différentiel, soit environ Rs 1,8 milliard, devra encore être absorbé par le CEB à travers un recours accru aux découverts bancaires et à l’endettement. Autrement dit, si le CEB avait choisi de répercuter l’intégralité de la hausse du coût du fioul lourd sur les consommateurs, le tarif de l’électricité aurait dû augmenter d’environ 25 %. »

En dépit de cette situation financière extrêmement tendue, le gouvernement et le CEB ont veillé à protéger les catégories les plus vulnérables de la population ainsi que les petites entreprises. Ainsi, près de 120 000 clients du CEB ainsi qu’environ 8 000 bénéficiaires de kits photovoltaïques ne seront pas affectés par la hausse tarifaire. Ces mesures concernent principalement les ménages enregistrés au Social Register of Mauritius ainsi que les petites entreprises considérées comme vulnérables. Au total, près de 25 % de la clientèle du CEB bénéficiera d’un mécanisme de protection contre la hausse des tarifs, a fait remarquer Patrick Assirvaden.

Concernant les coupures d’électricité pour non-paiement, « il m’a été indiqué que celles-ci sont effectuées conformément aux procédures établies et uniquement en dernier recours. Le CEB continue d’engager des discussions avec les abonnés rencontrant des difficultés financières et propose, dans la mesure du possible, des facilités de paiement échelonné. Le CEB m’informe qu’au cours de l’année écoulée, 21 211 ménages sur un total d’environ 482 000 ménages à Maurice et Rodrigues ont été déconnectés en raison d’un non-paiement de leurs factures d’électricité », a-t-il conclu.

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