La plus belle des fiertés

Il y a mille raisons d’être fier d’être Mauricien.

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La fierté d’être né sur cette île au carrefour des continents, façonnée par des femmes et des hommes venus d’ailleurs, parfois par choix, souvent par nécessité. La fierté de vivre sous un ciel que le monde entier nous envie. La fierté, surtout, d’avoir construit une société où des cultures, des langues et des croyances différentes ont appris, malgré leurs fragilités, à partager un même destin.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les fractures existent. Les tensions aussi. Pourtant, lorsque l’essentiel est menacé, quelque chose de profondément mauricien ressurgit.

On entend souvent que « Maurice n’est plus ce qu’elle était ». On regrette le temps où les voisins s’entraidaient sans se demander leur religion, leur origine ou leur statut social. Cette nostalgie n’est pas entièrement infondée. Mais elle oublie une chose essentielle : l’esprit de solidarité n’a jamais disparu. Il sommeille jusqu’au moment où le pays en a besoin.

Nous l’avons vu lors de la catastrophe du Wakashio. Des milliers de Mauriciens avaient alors oublié leurs différences pour protéger leur lagon, leur environnement et leur dignité.

Nous l’avons revu ce 11 juillet dans les rues de Port-Louis.

Des milliers de citoyens, venus des quatre coins de l’île, en bus, en voiture, en tramway ou à pied, se sont retrouvés non pas pour défendre un parti, mais un principe. Ils n’étaient pas réunis par la promesse d’un avantage, ni par les traditions folkloriques des grands meetings politiques. Ils étaient là parce qu’ils estimaient que certains droits fondamentaux méritaient d’être défendus.

Au milieu de la foule se trouvaient évidemment quelques responsables politiques. Mais ce sont surtout les syndicalistes, les activistes et les citoyens ordinaires qui ont donné le ton. Leur message était limpide : la démocratie ne s’arrête pas le soir des élections. Elle exige des dirigeants qu’ils gouvernent avec écoute, humilité et responsabilité.

Cette manifestation est un avertissement adressé au gouvernement de Navin Ramgoolam. Mais elle est aussi un message envoyé à toute la classe politique, majorité comme opposition. Les Mauriciens semblent dire qu’ils ne veulent plus être réduits au rôle d’électeurs que l’on sollicite tous les cinq ans avant de les oublier. Ils refusent d’être les figurants d’ambitions personnelles ou les marchepieds de carrières politiques.

C’est peut-être cela, finalement, le véritable signe de maturité d’une démocratie : des citoyens capables de se lever lorsqu’ils estiment que l’intérêt général est en jeu, sans renoncer au respect des institutions.

Et c’est sans doute, aujourd’hui plus que jamais, la plus belle des raisons d’être fier d’être Mauricien.

ANIL (AJAI) DABY

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