Meurtre de Mark Yeung Shi Yin : La Cour doit trancher la demande de caution de son fils complice

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La Bail Review demandée par Chris Allan Yeung Shi Yin, 42 ans, a été appelée, jeudi, devant les juges Rita Teelock et Mary-Jane Lau Yuk Poon, siégeant en Cour suprême. Chris Allan Yeung Shi Yin est accusé du meurtre de son père le 2 octobre 2025. Ce dernier était le gérant bien de Mark’s Aquarium, à Baie-du-Tombeau.

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Cette demande de Bail Review de Chris Allan Yeung Shi Yin intervient après le refus de la Cour de district de Pamplemousses de remettre le prévenu en liberté conditionnelle. Ce ruling avait été rendu le 16 décembre 2025. Cette instance avait considéré qu’il y avait a priori de solides preuves contre le prévenu, dont le fait qu’il avait été repéré sur les images de caméras CCTV sécurisées par la police, rôdant dans les alentours avant que le crime n’ait eu lieu, et le fait que les autres coaccusés dans cette affaire l’avaient impliqué comme en étant le cerveau, et qu’il leur avait fourni les cagoules, les armes tranchantes, une échelle et du liquide combustible.

Le tribunal avait retenu que vu la gravité du délit et les peines encourues, il y avait effectivement des risques que le prévenu ne prenne la fuite ou n’essaie de manipuler les coaccusés dans cette affaire. Cette instance avait également noté qu’aucune condition imposable par elle ne pouvait adéquatement atténuer ces risques. La police, se basant sur le Ruling de la cour de Pamplemousses, continue à objecter à la remise en liberté de Chris Allan Yeung Shi Yin.

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Or, Me Ashok Jugnauth, représentant Chris Allan Yeung Shi Yin, a fait ressortir devant les juges que ce Ruling va à l’encontre des jugements rendus par la Cour suprême sur ces deux Grounds of Objection, notamment le risque de fuite ou la manipulation des témoins.
Selon lui, la police avait précédemment admis qu’elle n’avait pas de preuve concrète que le prévenu avait essayé ou essaierait de prendre la fuite s’il était remis en liberté. De ce fait, il ne s’agissait que d’une simple appréhension de la police.

Pour Me Jugnauth, se basant sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, une simple appréhension de la police ne peut constituer de base suffisante pour garder un prévenu en détention provisoire. Le simple fait que le prévenu encourt une peine sévère si jamais il était reconnu coupable dans cette affaire ne peut amener le tribunal à conclure que ce dernier essaierait inéluctablement de s’enfuir.

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En ce qui concerne le danger de manipulation des témoins par le prévenu, Me Jugnauth a également fait ressortir que la police n’a fourni aucun élément démontrant que le prévenu a essayé de faire cela. Il a aussi expliqué que son client a pris l’engagement qu’il se pliera à toutes les conditions que la cour pourrait imposer si jamais il était remis en liberté.
La représentante du Parquet a, pour sa part, expliqué que l’enquête de la police n’a pas encore été bouclée. La police a fini de consigner les déclarations des prévenus et des témoins, mais attend toujours certains rapports du Forensic Science Laboratory et aura besoin de deux mois additionnels pour compléter cette enquête. Or, toute remise en liberté du prévenu à ce stade pourra mettre en péril cette enquête.

Elle a toutefois admis à une question de la juge Rita Teelock qu’il n’y avait pas de preuve concrète que le prévenu avait envisagé ou envisageait de prendre la fuite. Elle a expliqué que la cour de district de Pamplemousses s’était basée sur la Strong Evidence  contre Chris Allan Yeung Shi Yin, la gravité du délit et la peine encourue si jamais il était reconnu coupable ; et avait extrapolé, de façon raisonnable, que le risque de fuite était réel et plausible.
En ce qui concerne la manipulation des témoins, elle a indiqué que le frère du prévenu a exprimé des craintes pour sa vie. Il en est de même quant aux deux mineurs impliqués dans cette affaire, qui sont passés aux aveux et qui ont été remis en liberté conditionnelle. De ce fait, la cour ne pouvait ignorer que la possibilité d’une tentative d’intimidation était bien réelle. Les juges ont indiqué que leur jugement sera rendu à une date qui sera notifiée ultérieurement aux parties.

Mark Yeung Shi Yin, le gérant bien connu de Mark’s Aquarium à Baie-du-Tombeau, âgé de 74 ans, a été tué dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 octobre. Il avait reçu plusieurs coups de couteau au cou, lors d’un cambriolage. Plusieurs éléments impliqueraient son fils aîné, Chris Allan Yeung Shi Yin, comme celui qui avait monté le coup, aidé par quatre autres complices. Tous ont été inculpés provisoirement de meurtre.

La bande aurait ensuite provoqué un incendie dans cette maison, afin d’effacer toute trace de leur méfait. Le fils cadet de Mark Yeung Shi Yin, qui avait été ligoté par les malfaiteurs, était parvenu à s’enfuir de la maison en flammes. Chris Allan Yeung Shi Yin a avoué qu’il avait participé au cambriolage, mais continue de nier qu’il avait tué son père.

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