Misie Moustas Leaks — ACQUISITIONS DES APPAREILS D’ÉCOUTE : Le sort de l’ex-PM du MSM entre les mains du DPP 

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Pravind Jugnauth : « Zot pa pe fer bann zafer kouma bizin dapre lalwa »

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L’ancien Premier ministre et leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Pravind Jugnauth, a été de nouveau interrogé Under Warning, hier, pendant presque quatre heures dans les locaux du Central CID. En cause : l’achat et l’installation d’appareils d’écoute téléphonique sous son mandat. L’ex-chef du gouvernement a dû répondre à une salve de 37 questions pour cette séance, les enquêteurs cherchant en effet à obtenir de lui un maximum de détails au sujet de l’usage illégal de ces équipements.

Pravind Jugnauth s’est appesanti sur le fait que la police ne lui a pas communiqué les détails de l’enquête afin qu’il puisse se préparer. « Zot pa pe fer bann zafer kouma bizin dapre lalwa », a-t-il affirmé, avant de faire part de ses soupçons quant à une « manipulation politique » à l’origine de cet exercice.

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Assisté d’un panel d’avocats, dont le Leading Counsel, Me Raouf Gulbul, Pravind Jugnauth n’a pas été en mesure d’éclaircir les enquêteurs à l’issue de son audition. La police l’a finalement autorisé à partir. Néanmoins, le dossier sera transmis au bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP), à qui il reviendra de décider de la marche à suivre. De plus, le leader du MSM devra rester disponible au cas où le DPP cherchait des éclaircissements le concernant dans le cadre de cette affaire.

Le Central CID, qui enquête sur l’acquisition et l’usage illégal d’équipements pour l’exercice de Mass Data Interception Monitoring and Surveillance, dispose d’un volumineux dossier sur le sujet. Les enquêteurs ont en effet remonté jusqu’à 2017 pour bâtir leur dossier de manière chronologique. Au final, les renseignements glanés laissent comprendre que l’affaire n’est pas seulement liée à la diffusion des bandes sonores des Misie Moustas Leaks pendant la campagne électorale de novembre 2024, mais qu’elle concerne surtout un appareil d’écoute particulier.

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Des sources proches au Central CID expliquent que la Security Division du Prime Minister’s Office (PMO) a effectué certains achats auprès de la compagnie DNS International, de Danesh Ellayah, qui servait donc de fournisseur. Par exemple, le PMO avait autorisé un Purchase Order en octobre 2017 à cette même compagnie. Lequel était lié au système de surveillance Verint. Et d’ajouter qu’il était Rooted  au National Security Service (NSS).

L’achat de l’ICT Server Upgrade, toujours pour le compte de la Security Division du PMO, en janvier 2018, pour un coût de USD 3,7 millions est également évoqué. L’ex-ACP Lilram Deal, ancien responsable de la Counter Terrorism Unit, avait cette fois signé le Purchase Order. Au total, on dénombre ainsi une multitude de commandes auprès de DNS International par cette même Security Division en 2018, 2019, 2020 et 2022.

Un an plus tard, soit en septembre 2023, l’ex-Independent Commission Against Corruption avait arrêté Danesh Ellayah pour gratification, et une enquête avait été initiée en lien avec sa compagnie. Et même si l’accusation provisoire avait par la suite été rayée par la Cour de Rose-Hill, DNS n’était définitivement plus dans les bons papiers du PMO.

Dans tous les cas, la période 2023 à 2024 intéresse le Central CID dans cette affaire. Les enquêteurs disposent en effet de certains éléments nécessitant l’interrogatoire de Pravind Jugnauth, dont ils souhaitent établir s’il est ou non impliqué dans le Procurement, l’achat et l’utilisation d’un ou des appareils destinés à la Mass Data Interception.

Pour l’heure, impossible de savoir si un nouvel appareil a été acquis entre 2023 et 2024, et encore moins qui en serait le Supplier. Dans la conjoncture, des sources disent en effet « ne pas vouloir porter préjudice à l’enquête ». Pour autant, le dossier serait bien ficelé, comprenant notamment des détails sur différentes commandes passées par la Security Division durant la durée du mandat de Pravind Jugnauth comme Premier ministre, soit de janvier 2017 à novembre 2024. Même si les enquêteurs ont fait leur « homework », l’interrogatoire de Pravind Jugnauth était cependant limité à une période bien définie.

La police a par ailleurs tenté de déchiffrer des éléments sur un appareil en particulier, qui aurait été utilisé pour des écoutes téléphoniques de masse. Toutefois, le suspect Lilram Deal n’a pas été en mesure de fournir les codes d’accès de cet équipement lors de son interrogatoire. D’importants développements sont malgré tout à prévoir quant au décryptage de cet appareil, dont le contenu est toujours gardé secret par le Central CID.

 

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