Mohammad Hossain Miraz (36 ans), Hossain MD Balal (37 ans) et Sikder Jobayed Islam (25 ans) avaient quitté le Bangladesh pour Maurice il y a à peine six mois pour travailler et aider leur famille. Mais le destin en aura décidé autrement. Mercredi, tous trois ont péri dans un terrible accident du travail à Plaine-des-Papayes, écrasés sous 2,5 tonnes de vitres qu’ils déchargeaient sur le site de Shafick Aluminium Ltd.
Mohammad Hossain Miraz, Hossain MD Balal et Sikder Jobayed Islam avaient quitté leur Bangladesh natal dans l’espoir d’une vie meilleure, mais leur rêve, hier, aura viré au cauchemar. La journée, pourtant, promettait d’être ordinaire. Peu avant le drame, les trois hommes se trouvaient d’ailleurs à l’intérieur d’un conteneur de 20 pieds sur huit, où ils procédaient au déchargement de palettes. Jusqu’au moment du drame, où ils se sont retrouvés coincés sous une palette contenant 41 vitres de 6 mm d’épaisseur, soit un poids total de… 2,5 tonnes. Autant dire que les trois victimes n’avaient aucun espoir de pouvoir se dégager.
À 17h55, les policiers de Plaine-des-Papayes arrivent. Face à eux, la scène est insoutenable : les trois ouvriers se trouvent en position assise dans le conteneur, écrasés par le contenu de la palette jusqu’à hauteur du cou. Ils ne bougent plus, saignent de la bouche… Leur sort ne fait alors aucun doute, même s’il faudra attendre 19h20 pour qu’un médecin du SAMU constate officiellement leur décès.
Pendant plus de 80 minutes donc, les trois hommes sont ainsi restés prisonniers sous cette énorme charge. Jusqu’à ce que des éléments du Mauritius Fire and Rescue Service interviennent ensuite pour soulever la palette et extraire les corps des victimes, qui ont ensuite été transportés à la morgue de l’hôpital Jeetoo.
De leur côté, la police et le ministère du Travail ont, chacun de son côté, ouvert une enquête afin de reconstituer les circonstances exactes de l’accident. Le Scene of Crime Office (SoCO) a effectué des prélèvements, tandis que les officiers du ministère, eux, procédaient à une inspection des lieux. Car plusieurs éléments doivent encore être établis, comme les conditions dans lesquelles le déchargement a été effectué, les équipements disponibles et le travail confié aux trois ouvriers bangladais.
Par ailleurs, les enquêteurs devront aussi déterminer si les victimes avaient été formées à ce type de travail et s’ils possédaient l’expérience requise. Autre point à éclaircir : les conditions de visibilité à l’intérieur du conteneur, car au moment du drame, le jour commençait à tomber.
Mais au-delà des enquêtes, c’est surtout le destin de ces trois hommes qui bouleverse. Arrivés à Maurice il y a six mois seulement, ils nourrissaient en effet l’espoir de se construire un avenir meilleur. Au lieu de cela, ils ne reverront jamais leurs familles.
Les funérailles de Mohammad Hossain Miraz, Hossain MD Balal et Sikder Jobayed Islam ont eu lieu hier au centre funéraire Al Ihsaan, à Plaine-Verte. Leurs dépouilles devraient être bientôt rapatriées au Bangladesh.

