Intervenant dans le cadre des débats budgétaires, mardi, le ministre du Tourisme, Richard Duval, a qualifié le budget présenté vendredi dernier par le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, de « responsable, honnête et tourné vers l’avenir », estimant qu’il trace une nouvelle trajectoire pour l’industrie touristique mauricienne dans un contexte international toujours marqué par de fortes incertitudes économiques.
Le ministre s’est appuyé sur les performances enregistrées l’an dernier pour justifier son optimisme. Avec plus de 1,43 million de visiteurs accueillis en 2025 et des recettes touristiques dépassant les Rs 103 milliards, le secteur continue de démontrer sa résilience et sa capacité à soutenir la croissance économique. « Pour 2026, les autorités visent désormais le cap symbolique de 1,5 million de touristes ainsi qu’une augmentation substantielle des revenus générés par l’industrie », a-t-il déclaré.
D’après Richard Duval, la modernisation de l’expérience touristique constitue l’un des axes majeurs du Budget. L’introduction progressive des smart gates à l’aéroport, la mise en place de l’e-visa ainsi que le développement d’une application numérique destinée aux visiteurs devraient permettre de « simplifier les formalités d’entrée et d’améliorer l’accueil des touristes ».
Le ministre du Tourisme a également insisté sur la nécessité de diversifier l’offre touristique mauricienne. « Le visiteur d’aujourd’hui recherche davantage qu’une simple destination balnéaire. Il veut vivre une expérience authentique, découvrir notre culture, notre gastronomie et nos villages », a-t-il soutenu.
Dans cette optique, a poursuivi Richard Duval, le gouvernement entend promouvoir les Eco Integrated Tourism Villages, favoriser le tourisme intérieur et valoriser davantage les produits artisanaux ainsi que le patrimoine culturel du pays. Une démarche qui vise à faire bénéficier davantage les communautés locales des retombées économiques du tourisme.
La question de la formation a également occupé une place importante dans son intervention. Face aux difficultés de recrutement que connaît le secteur, Richard Duval a annoncé la modernisation de l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval afin « d’adapter les cursus aux nouvelles exigences de l’industrie et de mieux préparer les jeunes aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie ».
Parallèlement, le gouvernement prévoit une restructuration de la Mauritius Tourism Promotion Authority et de la Tourism Authority. L’objectif affiché : améliorer la gouvernance du secteur, accroître son efficacité et mieux répondre aux défis d’un marché touristique en constante évolution.
Le ministre a également évoqué la nécessité d’encadrer les nouvelles activités nautiques et les formes émergentes d’hébergement touristique. Une réforme du secteur des locations de courte durée est notamment envisagée afin de mieux réguler cette activité et réduire l’ampleur de l’économie informelle.
Sur le plan international, Richard Duval a confirmé la volonté du gouvernement d’élargir davantage les marchés émetteurs. Si les marchés traditionnels européens demeurent essentiels, une attention particulière sera accordée à la Chine, à la Corée du Sud, aux pays du Golfe, à la Russie ainsi qu’à certains pays d’Europe de l’Est.
Le ministre a enfin souligné que la croissance du tourisme ne pouvait se faire au détriment de l’environnement. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la préservation du littoral, de la lutte contre l’érosion côtière et de la promotion d’un tourisme durable. « Le tourisme n’est pas seulement une industrie. C’est un pilier de notre économie, un créateur d’emplois et une source de prospérité pour des milliers de familles mauriciennes. Protéger le tourisme, c’est protéger notre prospérité collective », a déclaré Richard Duval en conclusion de son intervention.
Les débats budgétaires continuent à être dominés par les préoccupations sociales et la décision du gouvernement de suspendre le ciblage de Rs 50 000 dans la réforme des pensions. Le ministre du Tourisme a ainsi voulu rappeler que la croissance économique demeure l’une des conditions essentielles au maintien du modèle social mauricien.

