THE CONSTITUTIONAL REVIEW COMMISSION BILL | Stéphanie Anquetil, Government Chief Whip : « Le courage de corriger les inégalités entre hommes et femmes »

Stéphanie Anquetil, Government Chief Whip, affichant sa verve habituelle, s’est appesantie sur la nécessité pour que la Constitution de demain encapsule une égalité dans les faits entre hommes et femmes. Elle intervenait en début de soirée mardi sur le Constitutional Review Commission Bill, qui fait l’objet de débats à l’Assemblée nationale.

- Publicité -

En guise d’introduction, Stéphanie Anquetil a affirmé que « la Constitution n’est pas un vieux livre que nous gardons sur une étagère pour qu’il accumule de la poussière ». Pour elle, une Constitution est la colonne vertébrale d’un pays, et elle donne à chaque citoyen une place dans ce pays. « Mais avec l’évolution d’un pays, les défis deviennent plus complexes, et il faut avoir le courage de se demander si cette colonne vertébrale tient encore debout », a-t-elle noté.

« Nous ne sommes pas là pour un peu de chirurgie esthétique, nous ne sommes pas là pour passer un peu de peinture, nous sommes là pour regarder les fondations de notre république, et nous sommes là pour nous demander si les droits fondamentaux de notre Constitution protègent encore les plus vulnérables », a-t-elle affirmé. « La question fondamentale que nous devons nous poser avec courage est celle-ci : notre République traite-t-elle les hommes et les femmes avec la même dignité et les mêmes opportunités ? » se demande-t-elle. « Une démocratie ne peut se dire pleinement égalitaire tant que les femmes restent sous-représentées dans les instances de décision et continuent de subir le poids des inégalités, des stéréotypes et des barrières invisibles », a-t-elle maintenu.
« C’est cela la force de ce moment », déclare-t-elle. Elle a ainsi expliqué que le présent projet de loi n’est pas un texte de plus dans l’agenda parlementaire mais une véritable ouverture vers l’avenir, avec la modernisation de la Constitution. Toutefois, pour Stéphanie Anquetil, une modernisation de ce texte de loi fondateur ne sera complète que si elle permet de combler les inégalités existantes entre les hommes et les femmes à Maurice.
« Nous les femmes, nous savons très bien ce que veut dire être présentes mais invisibles. Les femmes sont applaudies dans les discours, mais oubliées dans les décisions. Je ne veux pas d’une république incomplète, qui remercie les femmes dans les discours mais qui les oublie dans les décisions. Je veux une égalité réelle de tous les jours, et non pas d’une république où l’égalité reste un idéal. Ce débat constitutionnel est aussi un débat sur la place des femmes dans notre république. Les femmes ne doivent pas être invitées à table après que les décisions ont été prises mais présentes là où l’avenir se construit », fait ressortir Stéphanie Anquetil.

- Publicité -

« La Commission devra avoir le courage de reconnaître et de corriger concrètement les inégalités entre hommes et les femmes à Maurice car moderniser une Constitution ne veut pas seulement dire réformer les institutions mais aussi garantir une égalité réelle dans les droits, les chances et dans l’accès aux responsabilités », souhaite la Government Chief Whip. « Une démocratie qui ne donne pas aux femmes pleinement leurs places est déconnectée des réalités de notre temps. Un pays qui avance sans ses femmes n’avance qu’à moitié », soutient-elle.

EN CONTINU
éditions numériques