En toute liberté : Rêver est loin d’être une réalité !

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Alexandre Mayer et Tristan Hardy ont porté haut les couleurs du pays en devenant, lors de la semaine écoulée, champions d’Afrique de leurs catégories respectives au Kenya. Forcément, ces deux cyclistes méritaient toute la gratitude de la nation mauricienne. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Deven Nagalingum, n’a d’ailleurs pas tardé à réagir pour les féliciter, tout en louant le travail de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) et de ses travailleurs de l’ombre.

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Ainsi, Deven Nagalingum a salué, mercredi, les deux cyclistes, tout en commentant ces performances par le biais d’un communiqué de presse. « Avec du travail, de la discipline, de la persévérance et de la détermination, aucun rêve n’est trop grand et aucun objectif n’est hors de portée », écrit le ministre.
Toute bonne performance de haut niveau doit effectivement être valorisée pour que d’autres jeunes puissent s’en inspirer pleinement. Car, les résultats réalisés au Kenya est loin d’être le fruit du hasard, mais d’un travail de longue haleine. Elle repose sur un plan de travail et une équipe de dirigeants dévoués et crédibles. Sans ces ingrédients essentiels au succès, il est quasi-certain que cette banque commerciale ne se serait pas associée à la FMC et n’aurait pas investi autant d’argent annuellement.
Faut-il aussi rappeler que la FMC n’est pas parfaite et commet aussi des erreurs. On se souvient que, récemment, elle avait failli à ses responsabilités en omettant de s’assurer que les démarches administratives relatives au visa d’entrée au Canada soient bien effectuées. Heureusement que Jeremy Raboude a pu finalement participer aux Championnats du monde après un suivi de dernière heure.
Combien sont-elles toutefois ces fédérations, de surcroît financées par l’État, donc par des fonds publics, qui sont capables de se hisser à la hauteur de la FMC ? On parlera certes des gros moyens mis à la disposition de cette fédération par cette banque, dont les autres ne disposent pas. Faut-il encore que ces fédérations soient crédibles ! Combien sont-elles aussi à être capables d’évoluer dans le respect des principes de la bonne gouvernance ?
Elles sont très peu nombreuses dans cette catégorie ! Et malheureusement, cela se passe sous le nez et à la barbe du ministre lui-même. Prenons le cas le plus flagrant, notamment cette situation de désolation que vivent quotidiennement, depuis huit longues années, 12 clubs injustement exclus par la Fédération mauricienne de judo (FMJ) !
Comment espérer attiser la sympathie des grandes entreprises quand plus de 300 jeunes sont injustement privés de facilités offertes gratuitement par le gouvernement ? Comment ces jeunes peuvent-ils rêver dans ces conditions ? Forcément, l’objectif de briller un jour pour le pays est « hors de portée » ! Il est même quasi-impossible tant que des mesures ne seront pas prises pour faire comprendre à la FMJ, dirigée depuis huit ans par Josian Valère, que ces jeunes ont les mêmes droits que n’importe quel Mauricien.
Deven Nagalingum qui souffle le chaud et le froid sur ce dossier, sait-il au moins que ces clubs sont légitimement enregistrés et fonctionnels. Est-ce le cas pour d’autres à la FMJ ? Ne parlons surtout pas du Comité olympique mauricien, puisqu’il ne s’est pas officiellement positionné face à cette discrimination. Et pourtant, Josian Valère a été coopté au sein du COM aussitôt les élections du 25 octobre 2025 passées et a même été nommé adjoint au chef de mission lors des récents Jeux du Commonwealth en Écosse !
Que dire aussi de la posture adoptée par les dirigeants de la Fédération mauricienne de boxe (FMB) à l’égard de Richard Sunee dont le contrat n’a pas été renouvelé en tant qu’entraîneur national ! Selon son président, Pascal Telvar, le premier médaillé d’or mauricien aux Jeux du Commonwealth n’a pas été à la hauteur !
Alors que pourtant, Richard Sunee a permis à la boxe mauricienne de ramener une médaille de bronze aux récents Jeux du Commonwealth après 15 mois de travail seulement, contrairement à l’ancien directeur technique national, le cubain Roberto Ibanez Chavez. Ce dernier a certes permis à la Maurice de décrocher une médaille d’argent à cette même compétition, mais au terme de dix ans de travail !
Voilà toute la différence entre la FMC et les autres fédérations qui peinent à respecter les principes de la bonne gouvernance. Et malheureusement, cela ne semble inquiéter ni le ministre Nagalingum ni le gouvernement. Alors, roulez jeunesse !

 

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Jean-Michel Chelvan

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