10E ÉDITION DU FESTIVAL SAKIFO À LA RÉUNION : Oté ! Le monde lé la !

Quatre jours de musiques intenses représentant divers horizons et présentées dans des ambiances et scènes différentes à la Réunion. C’est ce que la dixième édition du Sakifo a offert aux milliers de personnes qui ont assisté au festival à travers un magnifique plateau d’artistes. De la tête d’affiche Manu Chao à La Gale en passant par Lo’jo, Menwar, Salif Keita, Selah Sue, Féfé, Tiloun et plein d’autres noms, le public a été gâté. Scope y était.
Avec une telle programmation musicale, des belles scènes, des jeux de lumière et une sonorisation exceptionnels, le déplacement jusqu’à La Ravine, à St Pierre, valait vraiment la peine, malgré le froid qui s’est fait intensément ressentir durant les quatre jours de concerts.

Manu Chao.
Sakifo a démarré à 18h, le jeudi 6 juin. Avec le chanteur français Manu Chao comme invité de marque de la soirée d’ouverture, il fallait s’attendre à la grosse foule à l’entrée du site du festival, bien avant l’ouverture des portes. “Nous voulons tous avoir une place devant la scène. C’est pour cette raison que nous sommes venus tôt”, lance un groupe d’amis, qui commençait à s’impatienter. Peu après 18h, la foule compacte s’était amassée devant les portes, avant de gagner les allées principales, réservées pour l’occasion aux navettes publiques. Pas moyen de pénétrer dans l’enceinte du site dans les minutes qui suivront, puisque la file d’attente avançait à petit pas. Ce qui a évidemment causé un gros buzz à un moment. À bout de patience, certains n’ont pas hésité à franchir les barrières de sécurité. En quelques minutes, tout le monde était rentré et était soulagé de pouvoir assister à la première partie du concert en compagnie de la chanteuse réunionnaise Nathalie Natiembé. Sauf qu’il est déjà près de 20h et que la première partie est déjà terminée. Pas de chance donc pour ceux qui ont été retenus pendant des heures devant la porte. Le temps d’arriver jusqu’à la scène du Salahin, située à l’extrémité de l’entrée principale du site, on pouvait déjà entendre Manu Chao saluer le public.
Pour sa première participation à Sakifo, Manu Chao a littéralement dynamité la scène du Salahin. À peine l’artiste était-il sur scène que l’ambiance était déjà déjantée. Devant le chanteur, plus de 15 000 fans crient son nom, sautent et reprennent ses refrains. “C’est du gros d’assister à un concert de Manu Chao. L’entendre chanter et le voir sur scène me replongent dans mon adolescence. C’est nostalgique en même temps”, confie un membre du public. Pendant plus de deux heures – le set sera pour certains un peu trop long et surtout répétitif – Manu Chao et ses complices enchaîneront ses plus beaux titres, dans un beau mélange de rock, reggae et latino.

Choix.
C’est dans cette même ambiance que se sont déroulés les trois autres jours de concert. Sur le site, qui s’étend sur des centaines de mètres de plage, tout était mis à la disposition du public pour passer un bon moment et s’amuser. Entre les coins resto, les stands de friandises ou de thés de toutes les saveurs, les bars, les marchands de vêtements et la “salle verte”, où la maloya a résonné durant toutes les nuits, ceux présents avaient un large choix pour se détendre et profiter du festival au maximum. Il en était de même pour les concerts, qui se sont déroulés sur sept scènes différentes.

De Salif Keita à Sizan.
Vendredi soir, le public avait le choix entre la rappeuse suisse La Gale sur la scène Filaos, Lo’jo sur la scène La Poudrière, la world music de Salif Keita sur la scène Salahin et le dub reggae des Australiens de Kingfisha sur la scène Vince Corner. Sur la scène Salon Bal, ce même soir, l’ambassadeur de Maurice à cette dixième édition du Sakifo, Menwar, était attendu par une foule assez conséquente. Pendant plus d’une heure, le chanteur a livré une prestation digne de sa réputation, bien que la sonorisation mise à sa disposition ne fût pas à la hauteur. Réclamé sans relâche par le public, le tube phare du sagaïman, Sizan, a été repris en unisson par toute l’assistance. Un pur moment de bonheur ! Rencontré après son passage sur scène, Menwar n’a pu cacher sa fierté et sa satisfaction de faire partie des invités phares du festival. “Monn resi amenn piblik la kot mo ti le. Mo kontan se ki monn fer zordi. Se tou Moris ki ti lor la senn”, a-t-il déclaré à Scope.

Conte de Féfé.
Fidèle à ses habitudes de showman, Féfé est arrivé derrière le public et a commencé tout de suite à chauffer la foule de la scène du Salahin, qui a frissonné au rythme de son hip-hop soul et de sa voix suave dans la soirée de samedi. Peu avant, cette même scène avait accueilli la Dame de cette nouvelle édition du Sakifo, Selah Sue. Dès sa montée sur scène, la chanteuse belge a mis le public dans l’ambiance. Vêtue sobrement d’un blouson blanc, d’une robe courte sur collants noirs, l’interprète de This World, Mommy et Black Part Love a assuré le spectacle, entraînant le public dans son tourbillon musical. L’hystérie est venue lorsque Selah Sue a lancé les premières paroles de son titre phare Raggamuffin. Ce sont plus de 10 000 fans en délire qui l’accompagnaient sur ce tube. Chapeau Miss Sue pour ce beau spectacle !

Groundation.
Après Selah Sue, le rendez-vous était donné à la scène La Poudrière à 0h30, où le reggae à la fois inventif, énergique et puissant des Californiens de Groundation a pris le relais en résonnant de mille feux pendant plus d’une heure. Pour son troisième passage à Sakifo (il est venu en 2006 et 2008), le chanteur français Cali a été fidèle à sa réputation de bête de scène. Celui que le public attendait tant a fait vibrer la scène Salahin au son de son pop-rock efficace dimanche. Quant au chanteur réunionnais Tiloun, programmé pour les trois jours de concert, c’est au son de son maloya rythmé et énergique qu’il a animé la “Salle Verte” des heures durant. Une prestation vivante que le public mauricien aura l’occasion de découvrir et d’apprécier “lors d’un concert, qui se tiendra à l’IFM, le 2 novembre de cette année”, a indiqué Amanda Mouellic, la directrice culturelle de l’Institut français de Maurice (IFM) à Scope. Cet événement verra également la participation d’Éric Triton et d’un artiste malgache.
Considéré comme le rendez-vous incontournable dans le milieu de la musique dans l’océan Indien, le festival Sakifo 2013 a une fois de plus conquis le cœur de plus d’un avec les belles scènes proposées durant les quatre jours de concerts. Dix ans déjà… Nous souhaitons longue vie à ce festival et vivement la prochaine édition.