Le banquet donné hier soir par le gouvernement en honneur du président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, a été placé sous le signe de la solidarité et du partenariat entre Maurice et la Grande Île. Ainsi, le président malgache a exprimé l’espoir de faire de ce partenariat un « moteur de croissance » dans la région de l’océan Indien, voire en Afrique. De son côté, sir Anerood Jugnauth a signifié la volonté de Maurice d’aider Madagascar à assurer la sécurité alimentaire, non seulement au niveau de son pays, mais également au niveau de la région.
Le banquet organisé au centre de conférence internationale Swami Vivekananda hier soir a réuni les membres du gouvernement, des parlementaires, des membres du corps diplomatiques ainsi que la communauté des affaires mauricienne. Si les députés de l’opposition du Mouvement Patriotique et du Parti travailliste étaient présents au dîner, aucun député du MMM n’y a en revanche participé.
Dans son intervention à cette occasion, le président malgache est revenu sur le partenariat entre Maurice et son pays. « Tous les signaux sont au vert pour redynamiser les relations entre Madagascar et Maurice ainsi que nos relations bilatérales. Notre partenariat peut devenir le moteur de cette sous-région et un pôle de croissance pour l’ensemble de la région », a-t-il fait ressortir. Il a beaucoup insisté sur la nécessité « de cultiver et de développer la solidarité » entre nos deux pays dans le cadre de l’océan Indien et de « notre communauté de destin ». « Nourrir la solidarité » est, pour lui, « une exigence morale et politique » entre nos deux nations. Critiquant ceux qui voient une relation de concurrence entre Maurice et Madagascar, il a soutenu qu’il y a, au contraire, « une émulation saine et stimulante, une complémentarité productive, une ressemblance dans les aspirations, les attentes et les espoirs de nos deux peuples ». Il développe : « Même si nous ne conduisons pas du même côté de la route et pas à la même vitesse, nous avançons dans la même direction vers un pays où il fait bon vivre, où on est en sécurité et disposant des soins de santé nécessaires. » Le président malgache considère que le projet de zone économique spéciale configure nos avantages mutuels et « l’instauration d’un cadre de confiance et de sécurité » pour nos opérateurs économiques. Il s’est finalement réjoui de la décision du gouvernement mauricien de restituer les conteneurs de bois de roses qui se trouve dans les entrepôts des services des douanes. Pour lui, « cela constitue une manifestation de la volonté de Maurice de soutenir Madagascar et son redressement tout en combattant les trafics illicites et le pillage des ressources naturelles malgaches ».
Pour sa part, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, n’a pas manqué de souligner la dimension historique des relations entre nos deux pays. « Les relations, les échanges entre nos pays, nos peuples et nos cultures remontent à bien avant nos existences en tant qu’États souverains », a-t-il expliqué. De même, il a rappelé que Maurice et Madagascar ont en partage « l’histoire douloureuse de la colonisation et de l’esclavage » et a observé que « l’arrivée des premiers Malgaches à Maurice remonte à la première tentative de colonisation de mon pays par les Néerlandais, vers la fin du 16e siècle ». Il s’est beaucoup appesanti sur « l’amitié et la coopération » entre nos deux pays et plus particulièrement au niveau de la sécurité alimentaire.
Sir Anerood Jugnauth a insisté sur la nécessité de mettre sur pied un système dont le coeur serait la capacité de la Grande Île à pourvoir les pays de la région en denrées de base. « Garantir la sécurité alimentaire de la région revient à garantir la sécurité alimentaire de tous, dont le peuple malgache, et contribuer à la stabilité et le développement économique de votre pays. Notre solidarité sera essentielle pour l’avancement de ce projet », a insisté le Premier ministre. Ce dernier a également rappelé le soutien accordé par Maurice à Madagascar pour le permettre à la Grande Île de sortir de la crise. « La communauté internationale, dans son ensemble, suit et encourage les progrès que votre pays a accomplis depuis que vous en êtes à la tête. J’en veux pour preuve le fait que les autorités américaines ont réintégré Madagascar parmi les pays éligibles aux avantages de l’AGOA », a observé sir Anerood Jugnauth.
Alors que Madagascar se prépare à accueillir le sommet des chefs d’Etat de l’Organisation internationale de la Francophonie en novembre, sir Anerood Jugnauth a affirmé que Maurice, qui a accueilli cette manifestation en 1994, se tient « prête à partager l’expérience acquise à cette occasion » dans l’organisation de cette grande réunion.