6E COURSE—THE BACCHANALE RACING DAY CHALLENGE CUP: Pierneef le meilleur au finish

Comme le bon vin. C’est ainsi qu’on est tenté de décrire Pierneef, de l’entraînement Vincent Allet. Il a marqué à sa manière cette saison 2017 alors qu’on n’attendait pas à le voir évoluer à un tel niveau. Vincent Allet et Ravi Rawa ont abattu un travail colossal pour lui permettre de retrouver ses bonnes sensations et reprendre goût à la compétition, car c’est un secret de Polichinelle que Pierneef n’est pas le coursier le plus sain au Champ de Mars.
Même s’il montait d’un palier, Pierneef pouvait nourrir des ambitions vu qu'il n’affrontait pas les meilleurs de la catégorie. C’est un coursier qui excelle sur la fraîcheur et la pluie qui s’est abattue sur l’hippodrome sur le coup de midi a mis davantage en confiance Vincent Allet et consorts car elle a rendu le terrain plus souple. Ces paramètres de course en appui, Pierneef n’a pas laissé passer sa chance pour s’offrir une troisième victoire, au plus grand bonheur de ses connexions.
Que dire du déroulement de l’épreuve si ce n’est que l’éventuel vainqueur a eu un beau parcours au cœur du peloton. Ryan Wiggins s’est montré bien inspiré en prenant le meilleur dos, celui de Memphis Mafia, qui l’a emmené très loin. À l’avant, Ryder Cup a tenté crânement sa chance en l’absence d’un véritable frontrunner. Il a essayé de se la jouer tactique mais n’a pas tenu jusqu’au bout. Malgré le train lent, Nishal Teeha était visiblement satisfait du positionnement d’Everest sur l’arrière-main du meneur. Ce n’est qu’à 400m de l’arrivée qu’il lui a mis la pression. Memphis Mafia, muni d’œillères à nouveau, a couru dans une striking position sur la majeure partie du parcours et c’était évident qu’il aurait participé à l’arrivée, de même que Pierneef, qui précisait déjà ses intentions à l’amorce du dernier tournant.
À mi-ligne droite, Ryder Cup avait toujours le bon bout, mais les assauts venaient de partout, de Belong To Me à l’intérieur, d’Everest en pleine piste et surtout de Memphis Mafia et Pierneef à l’extérieur. À ce petit jeu, c’est Pierneef qui eu le dernier mot en se montrant le plus percutant. Memphis Mafia a tenté de lui tenir tête, mais Pierneef était vraiment trop fort. Bien que restant one-paced, Everest est parvenu à arracher le deuxième accessit à Ryder Cup, qui a fait de son mieux.
Bien qu’il n’ait pas été percutant au finish, Belong To Me est à créditer d’une bonne course. Il a l’excuse de s’être montré assez ardent dans la partie initiale. Quant à Bulsara, un manque cruel de rythme lui a été néfaste, tandis qu’Entrée a trouvé la concurrence rude à ce niveau. Sheer Trouble, Open Heir et Ole Gunnar n’ont été que de simples figurants, bien qu’on retiendra que les deux premiers nommés ont affiché un léger mieux par rapport à leurs sorties précédentes.



Les autres courses
Razzia des Gujadhur

1. Dans notre avant-papier, on avait prédit que cette 26e journée aurait peut-être été celle de Rameshwar Gujadhur vu les belles cartouches qu’il avait au fusil. Nos prévisions se sont révélées justes puisque cet établissement et le jockey Yashin Emamdee ont mis à leur compte un beau triplé. Leur festival a débuté dès l’ouverture des hostilités avec Sierra Redwood. Contrairement à ses deux précédentes sorties, l’alezan trouva plus rapide que lui en Ready For Take Off, mais Yashin Emamdee ne paniqua pas. Il plaça tranquillement sa monture sur l’arrière-main du meneur, qui s’étendit librement. Nullement inquiété, Read For Take Off pouvait nourrir des ambitions, surtout qu’il avait sur le dos un excellent juge du pas en Nishal Teeha. Il s’est montré accrocheur et l’aurait certainement emporté si Yashin Emamdee n’avait pas sorti le grand jeu. Lent au départ, Aspara conclut sur une plaisante note, non sans avoir eu à changer de ligne. Zen Master a attaqué de loin mais n’a pu poursuivre sur sa lancée, alors qu’Arctic Flyer a gagné plusieurs rangs à l’arrivée. Il faut savoir qu'il était toujours dernier à l’entame de la dernière ligne droite.

2. Deuxième une semaine plus tôt derrière Brave Leader, Bezamod est vite revenu en besogne pour ouvrir son compteur au Champ de Mars. Il a donné raison à son entourage, qui a jugé bon de le doubler. Il a permis au tandem Yashin Emamdee-Rameshwar Gujadhur de s’offrir sa deuxième victoire de la journée. Ioannis Poullis a essayé de surmonter le handicap de son couloir 8, mais au bout du compte il a payé cette débauche d’énergie et termina la course sur les genoux. Une fois encore, Yashin Emamdee a fait preuve de bonne intelligence en faisant travailler dans un premier temps le coursier de Daby pour ensuite gérer la course. Il a fallu toutefois compter avec un Carson City menaçant dans la dernière ligne droite. Troisième à l’arrivée, Rock Hard ne s’est pas montré aussi percutant que l’attendait son entourage, mais il a l’excuse d’avoir attaqué en épaisseur. À noter qu’Ioannis Poullis et son entraîneur Chandradutt Daby ont été appelés à fournir des explications sur la tactique employée sur League Of Legends. Quant à The Deacon, il a été constaté qu’il ne s’étendait pas bien à son retour au paddock.

3. Mal inspiré dans l’épreuve précédente, Ioannis Poullis a vite rebondi dans The L’Épicerie Challenge Trophy avec Ocean Drive South pour s’offrir un beau cadeau d’anniversaire qu’il a fêté la veille. Cette course a laissé un goût d’inachevé eu égard à son déroulement, cristallisé par l’absence d’initiative de quelques acteurs. Ainsi, on ne comprend pas pourquoi Girish Goomany, qui pilotait Galtero, n’a pas insisté alors qu’il avait l’avantage de la ligne. Au contraire, le jockey mauricien jugea bon de ramener sa monture, ce dont en profita Poullis pour propulser Ocean Drive South dans la position tête et corde. Le Chypriote réduisit considérablement l’épreuve, à tel point que Galtero se retrouva pratiquement sur les postérieurs d'Ocean Drive South, mais là également Girish Goomany ne broncha pas. La passivité des uns et des autres aidant, le meneur aborda la dernière ligne droite avec de solides prétentions et c’était quasi mission impossible pour les autres de revenir. Bien que timidement accompagné par Steven Arnold, le favori Cape Horn s’est adjugé le premier accessit devant Wow Holiday, qui est à créditer de bons débuts. On est d’avis que Galtero se serait mieux défendu s’il avait été piloté par un Goomany plus inspiré.

4. Peu convaincant sur Cape Horn, Steven Arnold s’est transcendé sur Kurundu, qui effectuait son retour à la compétition après près de cinq mois d’absence. Pour rappel, le cheval de Ramapatee Gujadhur s’était fait mal au genou lors de sa seule et unique sortie 2017 qui remontait au 15 avril. La vigueur de l’Australien contrastait singulièrement avec celle sur Cape Horn. À bien voir, Steven Arnold a bien jugé cette course, car il ne s’est nullement affolé en voyant plusieurs chevaux se relayer à l’avant. Il y a eu tout d’abord After Midnight qui fut débordé par In Your Dreams qui, lui-même laissa partir Maestro’s Salute, qui se rattrapa ainsi de son départ lent. Une fois n’est pas coutume, Gameloft se retrouva sur l’arrière-main du meneur mais le nez au vent. Maestro’s Salute ne lança pas l’épreuve sur des bases élevées et au passage de la route, tout était encore possible. Mais dès que Kurundu se mit en évidence, on savait qu’il fallait compter avec lui. Maestro’s Salute a tout tenté mais n’a pu contrer l’attaque de Kurundu. La déception est venue de Suzie’s Arrow, qui n’a pu justifier la confiance de ses nombreux supporteurs.

5. Après Sierra Redwood et Bezamod, le duo Yashin Emamdee-Rameshwar Gujadhur a réalisé le triplé avec Nottinghamshire, qui demeure un des coursiers les plus réguliers de ce yard. S’il avait été battu à la régulière par Glen Coco lors de leur dernière confrontation, Nottinghamshire a pris une douce revanche sur l’élève de Gilbert Rousset. Ce dernier, selon son jockey, a hésité (faltering) plusieurs fois dans le parcours, ce qui explique sa décevante performance. La victoire s’est-elle jouée sur le fil du rasoir entre le favori et Promissory. Le changement de tactique aurait pu s’avérer payant pour ce dernier, qui fut monté plus offensivement. Sans doute avait-on pensé dans la camp de Vincent Allet qu’il ne fallait pas concéder trop de terrain à Nottinghamshire pour avoir une chance. C’est aussi à ce niveau que Glen Coco a péché, car il s’est retrouvé trop décroche malgré une excellente mise en action. Sunset Breeze a fait illusion à 100m du but mais avant de lâcher le morceau, mais priva tout de même Glen Coco du 2e accessit. Strum et Forward Drive n’ont été que de simples spectateurs.

7. Chosen Path, c’était notre coup de cœur de cette 26e journée. Ce cheval avait encore progressé après ses débuts prometteurs derrière Plain Of Wisdom. Monté en toute confiance par Swapneel Rama, il a mis à bon escient sa première ligne pour mener les débats avant de résister à Golden Ball. Ce dernier a joué de malchance lorsqu’il a dû changer de ligne aux 250m, Kersley Ramsamy réalisant qu’il n’allait pas pouvoir s’engager dans le passage entre Chosen Path et Apple Jack. Malgré toute sa détermination, Golden Ball n’a pu remonter Chosen Path, qui s’est imposé un peu à la manière de son compagnon de box Rob’s Jewel. C’est le huitième élément de l’entraînement Sewdyal à s’imposer cette saison. Apple Jack a, comme attendu, couru en progrès, alors que Plain Of Wisdom, qui avait dominé un champ relativement moyen la fois passée, a trouvé cette fois beaucoup plus fort. Prince George ne doit pas être condamné car un incident peu après le départ lui a fait perdre sa position. Il s’est ainsi retrouvé en queue de peloton. C’est un fait que c’est un coursier qui excelle aux avant-postes ou dans le groupe de tête.

8. En surmontant sans trop de difficulté le handicap de sa 8e ligne, on savait que Without A Doubt allait être difficilement battu. Il a offert le doublé à l’entraînement Gujadhur et au jockey Steven Arnold pour donner encore plus d’épaisseur à la domination des Gujadhur. Mal placé dans les boîtes de départ, Captain’s Orders a tenté le coup tactique mais n’a pu prolonger son effort jusqu’au bout. Ce gris est à reprendre lors de sa prochaine sortie car il a démontré qu’il se défend mieux quand il peut courir caché. Newsman n’a pu se mêler à la lutte, car il a été contraint d’attaquer en épaisseur. Halabaloo a aussi été une petite déception. En revanche, les progrès de Sea Pass et de New Golden Age ne sont pas passés inaperçus. Ils sont à suivre en cette fin de saison. À noter que Mojo G ne s’étendait pas bien à son retour au paddock.


Dillon out, Khathi s’en va
Ce qui était encore une rumeur ces derniers temps, s’est transformée en une vérité. Le Sud-Africain Donovan Dillon, en délicatesse depuis quelque temps chez l’entraînement Gilbert Rousset, a reçu sa feuille de route durant le week-end pour insuffisances de victoires. Il n’a ramené que six gagnants en 51 montes, avec la dernière victoire remontant à la 24e journée (9 septembre) avec Lee’s Star. Désormais ce sont Nishal Teeha (jockey n°2 cette saison) et Rye Joorawon qui se partageront les dix journées restantes de la saison régulière.
L’aventure de Robert Khathi au Champ de Mars s’est également achevée au soir de la 26e journée. On parlait ce matin d’un départ à l’amiable entre le Sud-Africain et son entraîneur Shirish Narang. Toujours est-il qu’après un début de saison correct, Robert Khathi était quelque peu rentré dans le rang ces derniers temps, avec les victoires tombant au compte-gouttes. Sa dernière réussite remonte à la 24e journée (samedi 9 septembre), lorsqu’il avait mené Swinging Captain à bon port. Il occupe actuellement la 3e place au classement des jockeys avec 14 victoires.