Krishna Oolun, arrêté le 1er octobre dans le cadre de l’achat controversé de deux voitures de la marque Audi d’une valeur de Rs 2,5 M par l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA), a essuyé un revers en Cour de district de Port-Louis. Le magistrat Alwin Joypaul a rejeté sa demande pour que l’interdiction de voyager qui pèse sur lui soit levée.
L’ex-directeur de l’ICTA, qui a été suspendu de ses fonctions depuis août, fait l’objet d’une accusation provisoire d’entente délictueuse depuis le 8 octobre. Krishna Oolun, ainsi que deux autres employés de l’organisme, sont accusés d’avoir acheté deux voitures de la marque Audi, d’une valeur de Rs 2,5 M, sans qu’il y ait eu appel d’offres. Ce qui est contraire à la Procurement Act. Le jour où la charge provisoire a été logée contre Krishna Oolun, son homme de loi avait objecté à ce qu’un ordre d’interdiction de voyager soit émis à l’encontre de son client.
Le Sergent Raghoo, appelé à témoigner en Cour lors des débats sur cette motion, avait soutenu que l’émission d’un ordre d’interdiction de voyager contre Krishna Oolun permettrait à la police de s’assurer qu’il soit présent sur le territoire mauricien pour les besoins de l’enquête. Le Sergent Raghoo a ajouté que, considérant la gravité du délit, Krishna Oolun pourrait fuir le pays.
Krishna Oolun a aussi été appelé à apporter des détails sur les raisons de ne pas donner d’ordre d’interdiction de voyager contre lui. Il a soutenu qu’il est un chartered engineer et détient de nombreux diplômes dans le domaine de l’ingénierie et de l’électronique. Il a ajouté qu’il est aussi affecté comme examinateur à l’Université de Leeds et qu’il doit voyager souvent pour assister à des conférences et pour ses cours. Il soutient qu’un ordre d’interdiction de voyager portera préjudice à sa vie professionnelle.
Répondant à ses arguments, la poursuite a confronté Krishna Oolun au fait que, selon un Memo du Passport and Immigration Office, il s’est déplacé pour l’étranger à une reprise en 2014. De plus, la poursuite a ajouté qu’il n’avait plus le besoin de voyager autant désormais, car il a été suspendu de ses fonctions à l’ICTA depuis août.
Le magistrat Alwin Joypaul a pris en considération le fait que l’enquête policière n’a pas encore été bouclée et que Krishna Oolun sera sollicité à cet effet. De plus, il a trouvé que l’ex-directeur de l’ICTA n’a pu démontrer, par le biais des documents appropriés, les raisons pour lesquelles ils devaient se rendre à l’étranger. Le magistrat a ainsi rejoint la poursuite pour l’émission d’un ordre d’interdiction de voyager, rappelant par ailleurs que l’ex-directeur de l’ICTA peut toujours faire une demande en Cour pour un Variation Order.