Deux motions avaient été logées par Me Yahia Nazroo, l’homme de loi du Chief Executive Officer de Betamax, Veekram Bhunjun, soit pour un “variation order” de l’ordre d’interdiction de voyager qui pèse sur son client et pour la radiation des charges provisoires portées contre celui-ci dans le cadre de son interpellation dans l’affaire Betamax. À l’appel de l’affaire ce matin au tribunal de Port-Louis, la magistrate Manjula Kumari Boojharut a autorisé Veekram Bhunjun à s’absenter du pays du 5 au 18 avril. Quant à la deuxième motion, le bureau du DPP a demandé plus de temps pour se décider.
Veekram Bhunjun est accusé, à titre provisoire, d’avoir soudoyé l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam en sa résidence de River-Walk, Vacoas, entre 2010 et 2012, et ce dans le but que Betamax obtienne un contrat de Rs 10 milliards pour le transport de produits pétroliers de l’Inde vers Maurice. Le CCID reproche également à Veekram Bhunjun d’avoir proféré des menaces en 2009 à Ranjitsing Soomarooah, l’ex-directeur de la State Trading Corporation (STC), en lui disant : « Kapav fer Ramgoolam fou twa enn b… e fer twa lev pake-ale. » De plus, le CEO de Betamax est accusé d’avoir signé un contrat sans l’approbation du Central Procurement Board (CPB), en violation avec l’article 14 (s) et 60 de la Public Procurement Act. Enfin, il lui est reproché d’avoir, en 2008-2009, comploté avec l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam et l’ancien vice-Premier ministre et ministres des Infrastructures publiques Anil Bachoo pour obtenir ledit contrat de Rs 10 milliards pour le transport de produits pétroliers, au détriment d’autres soumissionnaires. Au total, quatre charges provisoires sont retenues contre Veekram Bhunjun, soit “conspiracy”, “signing a contract without the approval of the CPB”, “bribery for procuring contract” et “influencing public official”.
Lors d’une précédente séance, Me Yahia Nazroo avait demandé que les charges retenues contre son client soient rayées. Le bureau du DPP a toutefois réclamé du temps additionnel pour rendre sa décision quant à cette demande, cette affaire faisant l’objet d’une enquête approfondie. La cour a accordé un délai de deux mois au DPP, soit jusqu’au 29 juin, pour se prononcer. Par ailleurs, le DPP n’a avancé aucune objection à ce que Veekram Bhunjun puisse voyager. La magistrate Boojharut l’a ainsi autorisé à s’absenter du pays du 5 au 18 avril. Il devra se présenter en cour, selon les conditions établies, le 19 avril.