Si l’éclatement de l’affaire Bramer Bank/BAI est une bonne chose selon le leader de l’opposition, « le MMM condamne le « mishandling de toute l’affaire par le gouvernement actuel ». C’est ce que fait ressortir Paul Bérenger, qui déplore « les zigzags et le cafouillage général du gouvernement Lepep. C’est de l’amateurisme total, il n’y a pas de lucidité, pas de préparation ». Il met en garde le gouvernement de « faire attention à ce que cette affaire ne finisse pas comme la hedging saga STC/Air Mauritius sous le gouvernement précédent, qui a fait perdre des milliards à l’État ».
« All the way le dossier a été mishandled. Avec des zigzags et des tiraillements entre les membres du gouvernement eux-mêmes », estime le leader de l’opposition, qui a tenu un point de presse hier après le Bureau politique spécial des mauves, dont le comité central s’est aussi réuni dans l’après-midi après la rencontre des conseillers municipaux des cinq villes.
Revenant sur la chronologie de cette affaire, avec notamment la révocation de la licence de la Bramer Bank, les conférences de presse les unes après les autres, les divergences entre le Premier ministre et son N°2, Xavier Duval, concernant le terme « Ponzi », Paul Bérenger déplore « le véritable cafouillage du gouvernement sur cette affaire ».
Alors qu’il a été annoncé après la révocation de la licence de la Bramer Bank que la State Bank of Mauritius (SBM) devait être le repreneur, les autorités ont dû back pedal, cite-t-il en exemple. « Aujourd’hui, avec la création d’une nouvelle banque, la National Commercial Bank (NCB), Rs 200M prises de la poche des contribuables ont déjà été dépensées ». Il s’interroge sur le montant, « par millions, ou milliards », qui sera assurés — selon la garantie donnée par le gouvernement — quant aux deposits à la Bramer Bank.
Paul Bérenger trouve également « pas sérieux » qu’alors que la licence de la Bramer Bank a été révoquée et qu’il y a autour de cette affaire de nombreuses accusations, le gouvernement n’a pas trouvé mieux que de nommer le CEO de la Bramer Bank à la NCB.
Nouvelle PNQ
Parlant « d’amateurisme », le leader de l’opposition dit ne pas comprendre comment et pourquoi, d’un côté, la licence de la Bramer Bank a été révoquée et, de l’autre, la BAI a été placée sous la tutelle d’administrateurs. Il souligne que pour la BAI également — en annonçant que la SICOM serait repreneur —, le gouvernement a failli. De même, dit-il, le tri qu’envisage de faire le gouvernement quant aux remboursements des policy holders de la BAI est une « discrimination flagrante, une folie furieuse, pas une façon de procéder ». Il s’interroge ainsi sur le montant qui sera alloué, d’une part, aux 135 283 ordinary policy holders et, d’autre part, sur ce qu’il adviendra des 24 175 Gold Scheme policy holders.
Le MMM suit la situation de très près, dit Paul Bérenger, indiquant qu’il s’assurera que le gouvernement honore les engagements pris auprès de la population, tant en ce qui concerne les emplois qui seront sauvegardés que des garanties données en ce qui concerne les deposits à la banque. Pour Paul Bérenger, qui rappelle que des milliers de personnes ont investi leur VRS ou leur lump sums à la BAI, il est aussi important que le gouvernement s’assure que quelque chose soit fait pour les Gold Scheme policy holders.
Le leader de l’opposition indique qu’il reviendra à la charge sur cette affaire à travers une nouvelle PNQ bientôt. Interrogé sur les commentaires émis par les membres du PTr quant au fait que cette affaire relève d’une « vendetta politique », Paul Bérenger répond que « je n’irai pas jusque-là. Mais si la BOM a laissé entendre qu’elle a dû agir vite, selon mes informations, c’est le gouvernement qui a voulu agir très rapidement dans sa prise de décision ».
Il a refusé de commenter la performance de la BOM et de la FSC à ce stade, mais laisse entendre que « c’est de la pure hypocrisie et qu’il est évident que cette situation permet de régler les compte avec Ramgoolam ». En réponse à une question de la presse sur le rôle joué par l’Attorney General dans cette affaire, Paul Bérenger, estime que « c’est une honte, c’est anticonstitutionnel ». Il rappelle qu’il existe un jugement de la cour en ce sens et qu’un Attorney General doit simplement conseiller le gouvernement. Selon lui, Ravi Yerrigadoo joue désormais « les Colombo avec Roshi Bhadin, et c’est une honte ».
Smart Cities
« Le scandale de la Bramer Bank/BAI ayant projeté une mauvaise perception de l’économie du pays à l’étranger », le leader de l’opposition estime que Maurice mesurera bientôt l’impact de cette affaire. Car si depuis quelque temps déjà depuis le régime Ramgoolam plusieurs affaires ont secoué le paysage économique de Maurice — qui connaît depuis trois ans une baisse des investissements étrangers —, avec l’affaire Bramer Bank/BAI, c’est un mauvais coup pour le mood financier. D’autant que le gouvernement a décidé de couper son investissement dans le Capital Budget, préférant s’appuyer sur le secteur privé.
Pour Paul Bérenger, « le temps du bluff du budget, qui ne retient plus l’attention, ni au Parlement ni dans l’opinion publique, est dépassé ». S’attardant sur les huit Smart Cities envisagées, dont cinq sont des investissements du secteur privé, il estime qu’outre Highlands dont rien n’est encore définitif, les deux autres projets gouvernementaux, à savoir Jin Fei et Roches Noires, sont également du « bla-bla ». « Le kozé Smart Cities ne veut plus rien dire. C’est du bluff et il n’y a rien de crédible ».