Agée de 113 ans et demi, la nouvelle doyenne des Français est Réunionnaise. Née sous le signe du poisson le 22 février 1898 à Sidi-Bel-Abès en Algérie française, Marie-Isabelle Diaz (Rodriguès, de son nom de jeune fille) est, en effet, de plus d’un mois l’ainée de Marcelle Nabonne à qui l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) a, récemment, attribué le titre honorifique de doyenne (officielle) des Français. Ce qui n’a, bien évidemment, pas manqué d’attirer l’attention de nos cousins de l’île-soeur, réputés comme pas deux, pour être très à cheval sur tout ce qui touche, d’une manière ou d’une autre, à leur île.
En fait, cette « anomalie » officielle quant à l’identité de la « vraie » doyenne des Français n’en est pas une. Ce sont, paraît-il, les proches de la super centenaire (terme utilisé en gérontologie pour désigner les personnes ayant dépassé les 110 ans) qui auraient, eux-mêmes, souhaité que le grand âge de mamie Marie demeure un secret de famille soigneusement gardé. Histoire, sans doute, de ne pas faire d’elle une « people » malgré elle!
Mais toujours est-il que la nouvelle a bien fini par se savoir. D’abord, en « breaking news » dans les colonnes de La Dépêche du Midi, quotidien français régional publié à Toulouse. Nouvelle, par la suite, reprise par la presse réunionnaise avant qu’elle ne soit relayée, entre autres, par l’Agence France Presse (AFP) et de nombreux sites d’information en ligne.
Rapatriée d’Algérie à l’âge de 64 ans en 1962 comme bien d’autres « pieds noirs » au moment de l’indépendance de cette ancienne colonie française d’Afrique du Nord, Marie s’établit à Rouen avec sa famille, notamment, ses ses deux fils et sa fille. En 1983, déjà à l’âge de 85 ans, la « vraie » doyenne des Français rejoint cette dernière, Angèle Jam, qui s’était installée à La Réunion depuis 1975. C’est, précisément, à La Possession que vit, depuis, la vielle dame.
« Tension artérielle (12/7) d’une jeune femme!
N’ayant, assurent ses proches, « jamais bu ni fumé » de toute sa vie, la super centenaire a, tout à fait, bon pied, bon oeil. Même si parfois, il est vrai, elle se laisse aller à quelques absences. « En pleine forme, elle marche, sans l’aide de la moindre canne, mange toute seule, sans aide et a su rester coquette. Ses cheveux blancs peignés en chignon, de fines lunettes cerclées posées sur le nez, vêtue d’une discrète robe à fleur et d’un foulard, la vielle dame ne fait assurément pas son âge », note, ainsi, notre confrère Le Quotidien de la Réunion dans sa livraison du 28 juillet dernier.
Angèle, sa fille, explique même ne pas se souvenir de l’avoir déjà vue malade. « Elle n’a jamais été hospitalisée (…) Même aujourd’hui (…), elle consulte le cardiologue tous les trois mois, c’est tout. » Mais la fille de Mme Diaz, surprise, si ce n’est, embarrassée par la soudaine célébrité de sa mère ne lui reconnaît aucun mérite particulier, si ce n’est d’avoir, simplement, hérité du « gène de la longévité ». La famille a, quand même finalement, accepté de faire à une association toulousaine d’anciens « pieds noirs » qui désiraient, ardemment, fêter l’évènement certaines confidences sur mamie Marie.
Ainsi, rapportant ces confidences le 28 juillet dernier, Le Journal de l’île, autre quotidien de La Réunion rapporte, notamment, quelques « données médicales incroyables: lors de sa dernière visite chez le cardiologue, la tension relevée au bras de Mme Diaz était celle d’une jeune femme (12/7) et son coeur battait à 52 pulsations par minute! ».
Pour la petite histoire, il est intéressant de rappeler que le record de longévité humaine (prouvé) est actuellement détenu par une autre super centenaire française, Jeanne Calment, décédée en 1997 à l’âge de 122 ans et 164 jours. Selon le Dr Pierre Catteau, gérontologue réunionnais, cette doyenne officielle de l’humanité était « hors normes ». Le Dr Catteau rappelle, ainsi, au Quotidien de La Réunion que Jeanne Calment « faisait encore ses courses à vélo à 108 ans et a été opérée d’une double fracture de la jambe à 115 ans! ».