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La ponte collective des tortues olivâtres sur la plage de son village est pour Soumyaranjan Biswal une scène familière depuis toujours. Un processus de reproduction auquel ce pêcheur indien doit désormais prêter main forte pour protéger cette espèce menacée.

Année après année, ces tortues marines à la carapace vert olive parcourent des milliers de kilomètres pour venir déposer leurs œufs sur les rives de l’État indien d’Odisha (est), l’un de leurs plus importants sites de nidification de la planète. “Nous les avons vues venir sur ces plages depuis notre enfance”, raconte Soumyaranjan sur l’étendue de sable par une nuit éclairée par la lune. De petits crabes blancs passent sur ses pieds. “Les tortues sont comme des amies maintenant”, dit-il. Mais avec une population en forte baisse, imputable principalement à la surexploitation humaine qui perturbe le rythme de reproduction lent de cet animal, les tortues olivâtres sont aujourd’hui une espèce considérée comme vulnérable.

Et ses défenseurs doivent se retrousser les manches pour assurer le survie de suffisamment de bébés tortues. Pendant la période de reproduction, des milliers de femelles peuvent émerger des eaux sous couvert de la nuit. Chacune dépose une centaine d’œufs dans un trou creusé dans le sable avec ses nageoires, avant de s’en retourner dans la mer pour y disparaître. Ce phénomène d’arrivées en masse, qui ne survient que dans quelques endroits précis du globe, est décrit dans la communauté scientifique sous le nom d’”arribada”. “Les femelles reviennent sur cette même plage pour déposer leurs œufs, aidées par l’alignement de la mer et des étoiles”, explique Soumyaranjan.