L’appendicite est une inflammation aiguë de l’appendice due à une bactérie. C’est une affection aiguë fréquente pouvant se produire à tout âge, mais qu’il ne faut pas laisser traîner. Le seul traitement efficace est l’appendicectomie, c’est-à-dire l’ablation de l’appendice par une intervention chirurgicale dans les meilleurs délais.
Qu’est-ce que l’appendice ?
L’appendice est un diverticule, c’est-à-dire une excroissance du gros intestin au niveau du caecum (extrémité droite). Il est plus ou moins long, situé sur le côlon droit à des hauteurs variables et plus ou moins devant ou en arrière, plus ou moins collé à la paroi colique. Le seul traitement efficace est l’appendicectomie, c’est-à-dire l’ablation de l’appendice par une intervention chirurgicale dans les meilleurs délais.
Les signes cliniques
Une crise d’appendicite se révèle brutalement le plus souvent par une douleur de la fosse iliaque droite (un peu en bas et à droite du nombril). Cette douleur peut être vive, accompagnée ou non de coliques (douleurs paroxystiques abdominales).
La douleur liée à une appendicite peut irradier dans la cuisse droite ou vers le dos. Il arrive que la marche ou la station assise provoque une douleur à cause d’un psoïtis qui est l’inflammation concomitante du muscle psoas qui est derrière l’appendice. Au début de la crise d’appendicite, les nausées et les vomissements sont rares. Il peut y avoir de la fièvre, elle est peu élevée, l’état général est conservé.
À l’examen clinique, le médecin reproduit la douleur en appuyant exactement là où ça fait mal : au point de Mac Burney, situé sur une ligne virtuelle entre le nombril et l’os que l’on sent sur le côté de la hanche (l’épine iliaque antéro-supérieure de l’os du bassin) entre le 1/3 externe et les 2/3 interne. À ce niveau, l’abdomen n’est pas souple, on dit qu’il “se défend”, alors que le reste du ventre n’est ni douloureux, ni contracturé.
Un diagnostic parfois difficile
Le diagnostic d’appendicite n’est pas toujours facile à faire, en particulier chez les tous petits ou chez les personnes âgées, ainsi que chez les femmes enceintes. Parfois l’appendice n’est pas placé classiquement au bout du colon droit ; les signes peuvent être trompeurs et évoquer une cholécystite aiguë devant une douleur sous-costale droite, un calcul néphrétique devant une douleur postérieure ou une pathologie gynécologique devant une douleur basse, médiane…
Des examens complémentaires peuvent alors être demandés si le diagnostic d’appendicite est douteux comme une échographie si une affection gynécologique est suspectée : une grossesse extra-utérine, une torsion d’un kyste de l’ovaire, une salpingite ; une radiographie de l’abdomen (sans préparation) pour éliminer une colique néphrétique…
Qui est concerne par l’appendicite ?
L’appendicite est la première cause d’urgence chirurgicale. Le plus souvent, l’appendicite touche les enfants et les jeunes adultes. L’appendicite est rare chez l’enfant de moins de trois ans. Les hommes semblent légèrement plus concernés que les femmes.
La chirurgie
L’intervention chirurgicale est nécessaire et est en général un geste simple quand l’appendicite est prise à temps. Pour pouvoir faire l’anesthésie générale, l’opération peut être différée parfois de plusieurs heures si la personne n’est pas à jeun. Les suites opératoires de l’appendicite sont rarement compliquées et le transit intestinal reprend vite. Si l’appendicite était compliquée d’une péritonite, les suites opératoires peuvent être plus complexes, l’hospitalisation plus longue.
Le traitement antibiotique est systématique prescrit et poursuivi quelques jours ; sa durée dépend de la gravité de l’appendicite. Une surveillance médicale s’impose également pendant quelques jours, afin de s’assurer du bon déroulement des suites postopératoires, notamment de la reprise du transit intestinal.
Des pseudo appendicites
Il peut arriver que l’intervention chirurgicale corrige le diagnostic posé d’appendicite en particulier l’adénolymphite mésentérique qui est une inflammation des ganglions dans l’abdomen. Ici, les signes cliniques sont les mêmes que pour l’appendicite avec en plus une angine dans les jours précédant la pseudo crise d’appendicite. Il peut aussi arriver qu’un diverticule de Meckel soit à l’origine d’une pseudo crise d’appendicite ; c’est un diverticule qui est présent chez quelques personnes sur leur intestin grêle. Alors, il faut l’enlever aussi.
Quand faut-il consulter ?
En urgence, au moindre doute, en particulier si les symptômes de douleurs persistent et si la personne a de la fièvre, des vomissements… Si l’infection n’est pas traitée, l’appendicite évolue en péritonite (pus dans le ventre) qui peut provoquer le décès.
À retenir
Une crise d’appendicite se présente classiquement sous la forme d’une douleur de la fosse iliaque droite, d’une fièvre modérée. Il faut y penser. Le seul traitement est l’appendicectomie par voie chirurgicale. L’évolution spontanée, en l’absence d’intervention chirurgicale, est la formation d’un abcès qui risque de se perforer dans la cavité abdominale et la crise d’appendicite se transformer en péritonite plus délicate à traiter. On peut confondre l’appendicite le plus souvent, avec une gastro-entérite banale, une infection urinaire (avec ou sans calcul en migration), fréquente chez les enfants, à traiter aussi avec diligence.