La Banque centrale du Kenya et la Kenya Deposit Insurance Corporation (DIC) ont accepté les termes d’une offre sans engagement de la SBM Holdings Ltd (SBMH), pour la reprise en main des activités de la Chase Bank (Kenya) Ltd basée à Nairobi, Kenya, et actuellement placée sous receivership. La direction de la SBMH a hier après-midi informé le marché boursier mauricien de ce développement, précisant que la transaction n’ira de l’avant qu’à condition que l’exercice d’évaluation en profondeur des actifs et passifs de la Chase Bank, mené présentement par le groupe bancaire mauricien, lui donne entière satisfaction.
La Chase Bank (Kenya) Ltd avait été placée en avril 2016 sous tutelle suite à des problèmes de liquidité et des pertes inexpliquées de plusieurs milliards de shillings kényans. La banque a alors été confiée à Kenya Deposit Insurance Corporation, une institution publique chargée de la protection des déposants en cas de faillite d’une banque. Fin mars dernier, la banque centrale kényane avait lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la cession d’une participation dans la Chase Bank. Douze candidats, banques locales et internationales confondues, dont la SBM Holdings, avaient montré leur intérêt pour la reprise des opérations de la Chase Bank.
La SBM Holdings s’était retrouvée par la suite parmi les institutions shortlisted aux côtés de la Société Générale (France), la Stanbic Bank (Afrique du Sud), la Kenya Commercial Bank et l’I & M Bank Kenya pour reprendre en main les activités de la Chase Bank. « SBM is bidding yes. Fidelity is a very small bank. Chase is interesting for our Africa strategy », a soutenu Kee Chong Li Kwong Wing, président du Conseil d’administration de la SBM Holdings Ltd à Reuters, déclaration reprise par la presse kényane.
Alors que les discussions se poursuivaient entre les diverses parties intéressées avec les autorités bancaires kényanes, la SBM Holdings Ltd, par le truchement de sa filiale kényane, SBM Bank (Kenya) Ltd, qui entre-temps avait repris et relancé la Fidelity Commercial Bank, avait donné l’impression qu’elle n’allait pas poursuivre sa proposition. « We looked at it and did not see the immediate value », avait laissé entendre Moses Harding, conseiller au Board de la SBM Holdings Ltd, à la presse kényane. Finalement, tous les candidats, qui avaient démontré un intérêt pour la Chase Bank, allaient se retirer de la course, plaçant la banque centrale kényane dans une situation difficile.
« All the investors in the end indicated that they were not interested in taking up the bank, save for one who was only interested in carving out some assets and liabilities and not an entire acquisition », avait annoncé le Dr Patrick Njoroge, gouverneur de la banque centrale kényane. Cette déclaration a été reprise par le journal en ligne Standard Digital dans son édition du 7 octobre dernier. Sous le titre « End of Chase Bank after SBM cherry-picks premium assets », le quotidien en ligne annonçait : « The State Bank of Mauritius (SBM) could emerge as the biggest deal-maker in Kenya following the 2015 banking crisis after it bags two lenders for a song. Just after buying Fidelity Bank for Sh100 to get its skin in the game, the lender is about to cherry-pick the premium assets of small and medium enterprise lender Chase Bank, a move that would boost its assets by Sh57 billion. »
La SBM Holdings, selon Standard Digital, rachètera que les « good loans and an equivalent value of deposits from Chase Bank » et on laisse entendre que le groupe bancaire mauricien reprendra 75 % du bilan de la Chase Bank évalué à 76 milliards de shillings kényans. « There is a mechanism in law that allows for separation and transfer so legally the deal is ok », aurait annoncé Patrick Njoroge.
Dans les milieux de la SBM Holdings, on fait ressortir qu’une « full financial and legal due diligence » de la Chase Bank sera entreprise avant la conclusion éventuelle d’un deal avec les autres parties concernées au Kenya. Cet exercice devra être complété dans les prochaines semaines car pour les milieux kényans la transaction sera conclue avant le 31 décembre prochain.
Interrogé ce matin, Kee Chong Li Kwong Wing s’est réjoui que la banque centrale kényane « ait trouvé que l’offre de la SBM Holdings soit la plus appropriée pour rassurer les déposants de la Chase Bank et contribuer au renforcement de la stabilité financière du Kenya ». Pour le président du Conseil d’administration de la SBM Holdings, l’opération de la Chase Bank représente une « très grande responsabilité » et c’est, dit-il, avec professionnalisme que l’exercice de “due diligence” est mené dans l’intérêt de toutes les parties prenantes.
« C’est un nouveau chapitre que nous voulons ouvrir avec une éventuelle reprise des activités de la Chase Bank Kenya. Notre démarche est conforme avec la politique prônée par le Conseil d’administration et le management rénové du groupe bancaire. Elle a été en outre validée par la banque centrale kényane et la DIC et doit par ailleurs être placée dans le cadre de la stratégie africaine de notre groupe et du gouvernement », a ajouté Kee Chong Li Kwong Wing.