L’exercice d’expression of interest lancé par les Special Administrators de BAI Co. (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, pour la reprise de Courts, Iframac et Apollo-Bramwell n’aura pas donné les résultats escomptés. La conséquence directe sera qu’après la ligne de crédits accordée par la Banque de Maurice de Rs 3,5 milliards à des taux d’intérêts de 3,75% annuellement pour le remboursement de la seconde tranche du Super Cash Back Gold de BAI, le gouvernement devra puiser des fonds publics la somme de Rs 1,2 milliard + Re 1 pour le rachat de la clinique Apollo-Bramwell. L’offre la plus élevée de Rs 1,2 milliard est considérée comme étant nettement inférieure à la fourchette initiale de Rs 1,7 milliards à Rs 2,1 milliards. La clinique de Dawood Rawat pourra être transformée en centre hospitalier universitaire (CHU) avec l’aide sollicitée de la France. Les perspectives se présentent sous de meilleurs auspices pour la reprise de Courts Retail avec Courts Asia en meilleure posture que le consortium Isaacs et 75% des emplois préservés au minimum. Par contre, l’équation paraît plus délicate pour Iframac vu que CFAO Automative Group (IMC Pailles) semble bénéficier des faveurs de Daimler pour la représentation de la franchise Mercedes-Benz.
Les Special Administrators et la Financial Services Commission ont dû avoir recours au plan B pour sauvegarder les 850 emplois à la clinique Apollo-Bramwell. Ni la highest bid de Rs 1,2 milliard et encore moins celle de Rs 650 millions d’un consortium local ne présentaient la solution idéale vu les risques de perte d’emplois. Avec des emprunts de l’ordre de Rs 390 millions à la Barclays Bank et de Rs 550 illions à la State Bank of Mauritius sans compter les crédits à rembourser aux fournisseurs, ces offres ne disposaient d’aucun attrait.
Dès la fin de la semaine, le gouvernement a privilégié l’option de transformer la clinique en un CHU avec l’assistance de la France. Des contacts préliminaires ont été établis avec l’ambassade de France en vue d’identifier une faculté de médecine en France pour un partenariat universitaire en vue de former des médecins mauriciens aussi bien que ceux de la région et d’Afrique. La désignation de cette université française pourrait se faire très bientôt avec l’aval de la Tertiary Education Commission, ouvrant de nouvelles perspectives d’études à des aspirants médecins. Une école d’infirmiers fait également partie de ce projet, que les autorités se disent confiantes de pouvoir mener à bout après l’assentiment formel du Conseil des ministres de vendredi prochain.
Un autre volet de ce projet est de faire d’Apollo-Bramwell une clinique spécialisée en médecine high-tech pour des soins nécessitant des déplacements à l’étranger. De ce fait, après l’acquisition de la clinique, le gouvernement lancera des appels d’offres en vue de l’octroi d’un Management Contract pour la gestion de la clinique. Ce développement équivaudrait à voir dans les prochains jours le Top Management de ce qui reste de l’empire Rawat, en l’occurrence le Chairman de Bramser Services Group, Swadeck Taher, et consorts, plier bagages et évacuer les lieux sur la pointe des pieds à la satisfaction des quelque 850 employés traumatisés par le traitement subi jusque-là aux mains de cette clique.
Cette clinique de 180 lits a réalisé un chiffre d’affaires de Rs 884 millions l’année dernière. Mais en raison des administrative and general expenses de Rs 733 millions et des staff costs de Rs 530 millions, dont une Chief Executive Officer, en la personne de Valérie Rawat, touchant des salaires de Rs 1 million par mois, Apollo-Bramwell n’a jamais été en mesure de joindre les deux bouts (breakeven) depuis 2009, avec des pertes de Rs 1 milliard pour les deux derniers exercices financiers.
Du côté de Courts, les prochains jours seront consacrés à des étapes de fine tuning de l’offre de rachat retenue, probablement celle de Courts Asia, une entité basée à Singapour et spécialisée dans la vente à tempérament. Un minimum de trois emplois sur quatre ont été préservés, sauf au niveau des managers, qui auraient été partie prenante d’actes de dilapidation présumée ou de mauvaise administration.
Les dernières discussions entre les Special Administrators et l’éventuel repreneur sont axées sur les mesures envisagées pour éponger les dettes de Courts, dont le dernier chiffre d’affaires annuel est de l’ordre de Rs 2 milliards. Les avoirs sont évalués à Rs 1,3 milliard. À la fin de décembre dernier, les créances de cette entité du groupe BAI s’élevaient à Rs 1,1 milliard, dont Rs 408 millions en découverts bancaires et Rs 425 millions en floor plan facility.
Des garanties seront également exigées du repreneur par rapport aux facilités aux fournisseurs traditionnels de Courts, dont des petits entrepreneurs qui ont essuyé de plein fouet les séquelles négatives de l’écroulement du conglomérat BAI depuis le 3 avril dernier.
Comme il fallait s’y attendre, la guerre des franchises a été une contrainte majeure dans la reprise d’Iframac. Avec CFAO Automative Group (IMC Pailles) en mesure de rafler la position très convoitée de concessionnaire de Mercedes-Benz et n’ayant pas soumis d’offre aux Special Administrators, les consultations s’avèrent encore plus ardues avec le ministère des Services financiers maintenant que le maximum d’emplois doit être maintenu.
L’adjudication d’Iframac, avec une évaluation initiale des avoirs de Rs 1,3 milliard, pourrait prendre plus long temps que prévu. En tout cas, le deal Iframac ne devra pas faire partie du dossier piloté vendredi prochain par le ministre Roshi Bhadain au Conseil des ministres pour approbation formelle.
En parallèle, l’opération d’asset stripping du clan Rawat est entrée dans sa phase active. Après l’étape de la saisie des grosses cylindrées allouées par BAI, les Special Admnistrators se sont attaqués aux appartements de luxe de Diplomat Garden dans une tentative visant à récupérer Rs 411 millions de non-paid mortgates d’Adeela Rawat Feistritzer, de Claudio Feistritzer et de Laina Rawat. Les procédures de repossession de 16 appartements et de 17 parkings ont déjà été complétées devant le Conservator of Mortgages.
Ces appartements, qui devront être sur le marché immobilier haut de gamme incessamment, ne devront pas rencontrer de difficultés pour être vendues. La formule adoptée par les Special Administrators a épargné aux Rawat l’opprobre d’une vente à la barre devant le Master and Registrar en Cour suprême.
Par ailleurs, toute une série de propriétés immobilières, comme ce qui reste des étages de Bramer House, ou encore des prime sites dans le Central Business District de la capitale, appartenant à Bramer Property Fund Limited, sont mises en vente au plus offrant. Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet ont fixé la date limite du 25 juillet pour recevoir des offres pour le rachat de ces immeubles, susceptibles de chercher dans les Rs 700 millions si les conditions du marché prévalent.
En tout cas, au rythme où se déroule le money flow des fonds détournés de BAI, la connexion Yukondale Ltd/Media Metrix est en passe de s’approprier le titre de conduit par excellence pour le blanchiment de fonds avec un montant frisant Rs 1 milliard très bientôt, soit Rs 424 millions déjà identifiées et Rs 400 millions sur le point d’être confirmées dans le cadre de l’opération « Balyé Divan To Laport »…