Avec les développements de ces dernières 24 heures, l’enquête du Central CID au sujet de l’octroi du contrat jackpot de Rs 10 milliards alloué au groupe Bhunjun pour le fret pétrolier de la State Trading Corporation (STC) devrait déboucher très prochainement sur une convocation formelle de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam. Après l’épisode de l’ex-directeur général de la STC, Ranjitsing Soomarooah, l’ancien chef du gouvernement a été impliqué de manière directe dans cette enquête suite aux confirmations de l’ancien ministre du Commerce Mahen Gowressoo.
Interrogé pendant toute la journée d’hier aux Casernes centrales, Mahen Gowressoo a soutenu que Navin Ramgoolam avait exercé des pressions pour l’octroi du contrat, faisant de lui une véritable « poupett ». Toutefois, les recoupements dans la matinée auprès des sources bien placées indiquent qu’il se pourrait qu’en premier lieu l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, soit interrogé par les hommes de l’assistant commissaire de police Heman Jangi avant d’aborder la convocation formelle de Navin Ramgoolam.
L’ancien ministre du Commerce Mahen Gowressoo, en compagnie de son homme de loi, Me Yash Bhadain, aura passé environ sept heures dans les locaux du Central CID pour son interrogatoire “under warning” dans le cadre de l’enquête initiée sur le scandale Betamax. Autorisé à regagner son domicile après cette longue séance, Mahen Gowressoo devrait être de retour aux Casernes centrales aujourd’hui. Le fait à retenir de la séance d’hier est que Mahen Gowressoo, faisant désormais partie de l’équipe Vire Mam, n’a nullement épargné son ancien Premier ministre dans le sillage du contrat jackpot de Rs 10 milliards au groupe Bhunjun.
Les recoupements auprès de sources proches de l’enquête indiquent que Mahen Gowressoo a confirmé qu’il avait subi des pressions et des menaces pour la signature du contrat de fret pétrolier en faveur du Chief Executive Officer (CEO) de la société Betamax, Vikram Bhunjun. « Mo ti kouma enn poupett dan sa zafer Betamax-la », a déclaré l’ancien ministre, qui a accusé son ancien chef de Cabinet d’être l’homme derrière tout le projet Betamax. L’ancien Permanent Secretary Reshad Hossany avait même présidé la réunion spéciale du board de la STC du 27 novembre 2009 pour entériner l’octroi du contrat au groupe Bhunjun en l’absence de la Chairperson en poste.
Dans ses explications au Central CID, le principal concerné a soutenu que l’ancien Premier ministre, dans l’objectif de faire accélérer le dossier, l’avait menacé en ces termes : « Sign, resign or get revoked ! » D’une manière des plus explicites, Mahen Gowressoo devait faire comprendre aux enquêteurs la position inconfortable dans laquelle il se trouvait au moment le plus fort des tractations. « Mo ti kouma enn poupett ! » Devenu tout dernièrement proche du pouvoir, l’ancien ministre a soutenu dans la foulée qu’il était contre le fait d’allouer le contrat du fret pétrolier au groupe Bhunjun avec une prime de Rs 10 milliards. Avec ces révélations de Mahen Gowressoo, la convocation de Navin Ramgoolam au Central CID devient une certitude.
Cependant, les informations disponibles dans la matinée sont que l’audition de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, pourrait intervenir avant celle de l’ancien chef du gouvernement. Le nom d’Anil Bachoo a été cité dans la séance d’interrogatoire d’hier après-midi, Mahen Gowressoo confirmant que c’est lui qui l’avait introduit au CEO de la société Betamax, Vikram Bhunjun. À la mi-journée, Mahen Gowressoo était toujours attendu au CCID pour la reprise de son interrogatoire.