Avec Pamela Sunee, Nirveda Alleck et Kavinash Thomoo, Jean-Yves l’Onflé participera la Biennale Dd’Art Contemporain qui se tiendra du 10 au 26 novembre aux Seychelles. En attendant, l’artiste présente une expo avec ses élèves de l’atelier La Pointe Tamarin à partir du 28 septembre. « L’art a rassemblé ces jeunes de milieux défavorisés et mon rêve est qu’ils soient lauréats côté art », dit-il.
Peintre et sculpteur accompli, Jean-Yves l’Onflé a beaucoup voyagé au nom de l’art : Australie, Afrique du Sud, France, Italie, Belgique, Suisse, Danemark, Réunion… En ce moment, il se focalise sur la récupération de vieux objets qu’il détourne à sa manière pour en faire des oeuvres d’art. « J’ai ramassé une vieille paire de savattes dodo, un vieux balai coco que les gens jettent et j’en ai fait un tableau qui m’a valu d’être parmi les sélectionnés à la Biennale d’Art des Seychelles. Il y a eu pas mal d’envois pour ce concours et être parmi les quatre représentants mauriciens c’est une grande fierté. Chacun d’entre nous va concourir en individuel ».
Issu d’une famille de pêcheurs, Jean-Yves l’Onflé n’hésite pas à avouer qu’il a appris à lire et à écrire à l’âge de 17 ans. « Je suis originaire de Tamarin et je suis né dans une famille de pêcheurs qui m’a inculqué les valeurs de la vie. J’ai eu la chance de prendre des cours en peinture. Un prof a décelé mon talent et depuis j’ai persévéré. Aujourd’hui je suis fier de dire que l’art n’a pas de frontières. Get mo parcours, moi zanfan tamarin mo fine voyaz dans plisiers pays grâce à l’art. »
Porté par l’émotion, Jean-Yves L’Onflé dit que la créativité peut ouvrir bien des portes, tout en insistant que : « L’art est un passeport pour l’avenir. » À l’école primaire St. Benoît RCA, tamarin, il a su insuffler sa passion à des jeunes et de fil en aiguille il a décidé d’ouvrir son atelier d’art à la Pointe tamarin. Deux fois lauréats au concours de peinture organisé par le Mauritius Turf Club en 2005 et en 2016 et bénéficiare du 2e prix à une compétition de peinture organisée par le Ministère des arts et de la culture lors du festival kreol en 2015, Jean-Yves L’Onflé impressionne. Mais, lui s’attarde sur un mot clé, la créativité qui revient en ritournelle dans chacune de ses phrases. C’est sa force motrice, le talent il l’a au bout de son pinceau, et parvient à créer à partir de n’importe quelle matière mais lui insiste : « L’environnement est aussi mon sujet de préoccupation et je travaille beaucoup avec des objets de récupération. Un artiste se doit aussi d’être le gardien de son environnement et la philosophie de la beauté ne se traduit pas uniquement à travers un beau dessin, de belles couleurs. Il y a des tableaux qui peuvent aussi décrire tout le chaos dont subit notre environnement. »
Le thème proposé par la Biennale d’art des Seychelles : In a World of crisis what does art do l’a interpellé et Jean-Yves de nous raconter qu’il a mis l’emphase sur les objets de récupération. Lui et ses trois autres amis sélectionnés mettront cap sur les Seychelles du 10 au 26 novembre. « 50 % de notre projet doit être fait à Maurice et 50 autre pour cent aux Seychelles en individuel et la remise des prix aura lieu le 25 novembre. Si un d’entre nous remporte le prix ce sera une grande fierté pour Maurice. »
L’autre préoccupation de Jean-Yves L’Onflé repose sur l’exposition de ses élèves le 28 septembre à l’atelier La Pointe Tamarin. Et, fait intéressant sur la demande de ses élèves, lui aussi exposera pour la première fois en leur compagnie. « Tous les deux ans, j’organise une exposition pour montrer le travail de mes élèves et pour la première fois, le groupe m’a demandé d’exposer avec eux. Ils ont voulu démontrer leur fierté d’être des enfants qui viennent de Tamarin, la Gaulette et qui comme moi ont vu leur vie prendre une autre dimension à travers l’art. » Sa philosophie de la vie en tant qu’artiste repose sur une phrase simple mais porteur d’espoir : « Amenn zot l’art pli loin ki possible, car l’art est un passeport pour l’avenir. »