BIODIVERSITÉ—NATIONAL PARKS AND CONSERVATION SERVICE: Le plan de gestion du parc national de Rivière-Noire présenté

Le National Parks and Conservation Service appelle le public pour des commentaires sur le “draft management plan 2017/2021” qu’il a préparé, et ce dans un délai de 60 jours à partir du 4 août

Le National Parks and Conservation Service (NCPS), qui opère sous l’égide du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, a présenté un “draft management plan” pour le parc national de Rivière-Noire avec l’aide technique et financière de la Global Environment Facility (GEF) et de l'United Nations Development Programme (UNDP). Ce plan, disponible sur le site Web du ministère, est présenté comme un témoignage de la reconnaissance par le gouvernement de l’importance de ce parc national pour le patrimoine mauricien.
Dans son “executive summary”, le NPCS écrit que ce plan représente un engagement envers « the Park’s effective conservation and management ». Il est flexible de même que stratégique dans son application, et assez détaillé dans la protection des valeurs essentielles du parc. Il rappelle que la reconnaissance de l’importance de ce parc remonte à avant sa proclamation comme parc national, en 1994. L’histoire retiendra que la forêt de Bel-Ombre-Macchabée avait été identifiée dès 1776 et proclamée « Royal Reserve ». Par la suite, elle a été déclarée « Biosphere Reserve » en 1977. Elle représentait à cette époque plus de 50% du Black River Gorges National Park et est aussi une « Important Bird Area ». Vu sa valeur universelle importante, le NPCS envisage de faire classer ce parc en tant que « World Heritage Site ».
À ce jour, la gestion de ce parc a été axée sur les « Conservation Management Areas » et les stratégies adoptées en vue de conserver les oiseaux endémiques menacés de disparition à travers l’unité d’élevage, connu maintenant comme le “Gerald Durrell Endemic Sanctuary”. Selon le NPCS, alors que la gestion des endroits protégés représente un défi de la conservation, elle offre aussi une opportunité pour déverrouiller les ressources durables et autres bénéfices. Une telle opportunité inclut également des bénéfices économiques provenant des activités touristiques dans le parc, de même que des bénéfices socio-économiques au profit de la population locale.
Sauvegarder l'environnement naturel
Le plan dessine les contours de quelques-unes des questions concernant la gestion qui doivent être résolues afin de sauvegarder l’environnement naturel du parc. Sept catégories de mesures sont ainsi proposées et concernent la gestion écologique et opérationnelle, l’engagement communautaire, la gestion touristique, le marketing et la sensibilisation, l’histoire et la culture, ainsi que l’éducation et la recherche. Il estime aussi que la priorité doit être accordée à une équipe efficace de gestion, laquelle pourra s’occuper des questions concernant la gestion soulevées dans le plan.
La formation est un élément primordial, selon le NCPS. En outre, des postes additionnels de cadres scientifiques et techniques ainsi que d'enforcement seront nécessaires pour superviser la gestion totale du parc. « Il est important que tout développement proposé pour le parc ne compromette pas l’intégrité et les valeurs du parc et soit structuré de manière à ne pas mettre en péril la capacité d’application et suivi de manière continue sous un système d’audit efficace et de procédures », souligne le NCPS.
Le NCPS propose, pour une meilleure implémentation du plan, la mise en place d’un système participatoire de contrôle, d’évaluation et d’intervention faisant partie d’un régime adaptatif de gestion. « Ce système doit être intégré dans les plans d’opération annuelle qui doivent être développés par la direction du parc afin de donner priorité aux activités à des fins d’implémentation sur chaque année financière. Ce n’est qu’à ce moment que le parc pourra réaliser son potentiel total », observe le NCPS. Il rappelle que le parc a été créé initialement pour la conservation des valeurs naturelles mais qu'il détient aussi une importance culturelle. « There was at least one early settlement, and archaelogical suggests that maroons took refuge in some of the caves », souligne-t-il.
Un document vivant
Selon le NCPS, ce “management plan” est un « document vivant » qui doit être mis à jour à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Il propose ainsi une révision formelle et une mise à jour du plan entier tous les cinq ans. Et de dire espérer que ce plan soit implémenté durant les cinq prochaines années. Le parc sera de fait pourvu de ressources adéquates en termes de ressources humaines et financières, qui favoriseraient une gestion efficace.
Vishnuduth Bachraz, directeur du NCPS, explique : « Ce plan de gestion fait partie d’une nouvelle génération des “protected management plans, clear to the point”, avec un accent solide sur l’implémentation. » Il estime aussi que de « grands progrès » sont attendus au parc national de Rivière-Noire durant les cinq prochaines années en ce qu’il s’agit de la conservation et de la restauration des terres. Ce qui devrait, selon lui, offrir « de grandes opportunités pour tous », particulièrement dans l’autonomisation de la population locale et dans l’incorporation des entreprises du secteur privé qui sont intéressées à la conservation de la biodiversité sur leurs terres.
Selon le “draft management plan”, le Black River Gorges National Park est géré sous la section 11 de la Wildlife and National Parks Act de 1993. Il est devenu, au fil des deux dernières décennies, « un bastion de la biodiversité et d'autres valeurs naturelles dans une île Maurice moderne, en développement rapide », et où « nos endroits sauvages sont devenus rares et de plus en plus précieux ». De ce fait, le parc national de Rivière-Noire représente un « “hub” important dans l'infrastructure écologique des terres, agissant comme un réservoir de nos eaux naturelles, de même qu'un dépôt de notre biodiversité ».


TICKET D'ENTRÉE: Réticence des locaux à payer
Comme dans le cas du ticket d'entrée payant, introduit il y a quelques années, pour avoir accès au Jardin botanique de Pamplemousses, bon nombre de Mauriciens seraient contre cette démarche du NCPS. D'ailleurs, une enquête menée en 2014 par cet organisme, a démontré que 53.2% des Mauriciens à qui cette question a été posée sont réticents à l'idée de payer une modique somme pour accéder au parc, alors que 18.9% de visiteurs étrangers seraient disposés à payer environ Rs 125.
Une autre étude menée en 2016 montre que 26.5% des 117 visiteurs étrangers interrogés seraient d'accord à payer moins de Rs 100 et 18% entre Rs 150 et Rs 200. En outre, 60% des visiteurs étrangers seraient en faveur d'un système d'entrée payant. Le NCPS estime ainsi qu'une somme de Rs 32 000 peut être générée quotidiennement en imposant la somme de Rs 100 par visiteur étranger.
Quelques Mauriciens, contactés ce matin par Le Mauricien, sont tous réticents à payer pour avoir accès au parc national. Pour sa part, le syndicaliste Devanand Ramjuttun affirme dans ce contexte: « Si le parc est un bien public, je ne pense pas que les Mauriciens doivent payer leur ticket d'entrée. Par contre, je n'ai aucun problème à payer pour avoir accès à un parc privé. »