BLANCHIMENT D’ARGENT ALLÉGUÉ : Indécent que Yerrigadoo retourne comme Attorney General, a déclaré Bérenger

“Différencier l’affaire de la lettre de ‘formal clearance’ des autres affaires dans lesquelles le présumé escroc Rahim est impliqué”
  • “Pas de complot sur la base des événements mais il est facile de deviner pourquoi le dénonciateur a fait volte-face”

Paul Bérenger, leader du MMM avoue que dès le départ, le dénommé Hussein Abdool Rahim ne lui inspirait pas confiance. Il estime néanmoins important de différencier l’affaire de la lettre de ‘formal clearance’ signée par l’Attorney General démissionnaire Ravi Yerrigadoo des autres affaires dans lesquelles l’escroc présumé est impliqué, dont celle de sextorsion. Sur la base de la séquence des événements, le chef de file des mauves conclut qu’il n’y a pas eu de complot, comme le prétend dorénavant le dénommé Rahim. “Il est facile de deviner pourquoi ce dénonciateur a fait volte-face”, dit-il.
Paul Bérenger revient de nouveau à la charge en pointant du doigt la lettre du 10 mars 2017 signée par Ravi Yerrigadoo en sa qualité d’Attorney General dans laquelle ce dernier accorde une “formal clearance” au dénommé Hussein Abdool Rahim contre qui pèsent des accusations d’escroquerie pour lui permettre de “deal” dans le domaine du “betting” à l’international. Pour le leader du MMM, à elle seule cette correspondance suffisait à disqualifier Ravi Yerrigadoo comme Attorney General. “Rien que sur la base de cette lettre, il méritait d’être révoqué sur le champ”, estime le chef de file des mauves.
Pour Paul Bérenger, il est simplement “scandaleux” que l’Attorney General forcé à la démission se soit ainsi arrogé la liberté d’intervenir officiellement pour que le joueur accusé de “swindling” puisse récupérer ses gains auprès de la société de paris en ligne. Évoquant le volet de l’affaire relatif à la tentative d’ouvrir un compte bancaire en Suisse, il évoque ce qu’il considère être un “prima facie case” pour une possible tentative de blanchiment d’argent. Le leader du MMM explique, néanmoins, que cela ne pourrait être établi que par le biais d’une “vraie enquête approfondie.”
“Mais il y aura inévitablement un cover-up”, soupçonne le chef de file des mauves. Il trouve qu’il convient de faire la distinction entre l’affaire de la lettre officielle portant la signature de l’Attorney General démissionnaire ainsi que le sceau de ses services et les autres affaires dans lesquelles le dénommé Hussein Abdool Rahim est impliqué, dont celle de sextorsion. Paul Bérenger avoue au passage que dès le départ, cet individu ne lui inspirait pas confiance.
Propos “révoltants” de Rutnah: “Vouloir dévier l’attention”
Aussi, sur la base de la séquence des événements qui se sont succédé, le leader du MMM dit arriver à la conclusion qu’il n’y a pas eu de complot, comme le prétend dorénavant le dénommé Rahim. “Il n’est pas difficile de deviner pourquoi le dénonciateur a fait volte-face”, estime le chef de file des mauves. Pour lui, même si le gouvernement en serait capable, il serait tout simplement “indécent” que Ravi Yerrigadoo soit réinstallé au poste d’Attorney General.
Paul Bérenger enchaîne avec les “propos révoltants” du député ML Ravi Rutnah à Trèfles au courant de la semaine quand l’élu de Piton / Rivière-du-Rempart s’est permis de traiter une consœur de “femel lisien.” Le leader du MMM explique que même si là encore, comme dans l’affaire Yerrigadoo, “certains s’amusent à vouloir dévier l’attention”, l’insulte “révoltante” proférée par le député du ML est blessante pour l’ensemble des femmes.
Le chef de file des mauves note la présence de la ministre de la Femme, Fazila Jeewah-Daureeawoo, “tout sourire aux côtés de Rutnah” à Trèfles au moment même où l’insulte était proféfée. Il souligne que, présent sur place, le Premier ministre suppléant et leader du ML n’a rien trouvé de mieux que de défendre sur le champ l’insulteur. Pour, dit-il, revenir «tel un lâche» sur ses propos le lendemain et condamner l’infâme écart de langage de son député quand la condamnation de cette attaque méprisante contre notre consoeur a été unanime dans le pays.
“Dans un pays où une femme occupe les fonctions présidentielles et une autre femme, celle de présidente de l’Assemblée nationale, le député Rutnah aurait dû avoir démissionné pour avoir tenu de tels propos”, dit Paul Bérenger. Le leader du MMM note que le comble est que le député Rutnah est membre du Women Caucus, comité parlementaire inter partis institué à l’initiative de la Speaker, Mme Maya Hanoomanjee, dans le souci de faire avancer la cause des femmes.
Rénovation du Saint-Géran: “Respecter le EIA Certificate”
Interrogé sur les propos controversables qu’il avait lui-même tenus à l’époque à l’encontre de la députée PTr Nita Deerpalsing à l’Assemblée nationale, Paul Bérenger laisse entendre qu’il ne s’agissait que d’une plaisanterie qu’il aurait échangée sur un ton badin avec le PM d’alors et leader du PTr, Navin Ramgoolam. “Je tiens quand même à rappeler que quand nous en avions discuté au MMM et que j’ai réalisé que cela ne devait quand même pas se dire. Dès la première conférence de presse prévue, je me suis platement excusé auprès de Nita Deerpalsing”, dit le leader du MMM.
Commentant par ailleurs les grands travaux de rénovation à l’hôtel Saint-Géran à l’est de l’île au coût de quelque Rs 7 milliards à l’initiative de l’émir de Dubaï qui en est l’investisseur, Paul Bérenger dit ne vouloir en rien s’opposer au principe de faire de cet établissement hôtelier de grand luxe un des dix meilleurs hôtels du monde. Il considère toutefois anormal que des autorisations subséquentes aient été accordées en cours de route, contrairement à ce qui avait été initialement prévu dans le certificat d’Environment Impact Assessment (EIA) délivré au promoteur le 6 décembre 2016.
Le leader du MMM parle d’abord d’une lettre subséquence datée le 3 février 2017 accordant l’autorisation pour l’aménagement de deux récifs artificiels des deux côtés de l’îlot Bananes et l’enlèvement de trois brise-lames contrairement aux conditions au départ imposées. Paul Bérenger laisse entendre que les promoteurs auraient obtenu le mois dernier une autre lettre qui leur permettrait d’aménager des récifs artificiels d’une taille encore plus conséquente.
Il allègue que selon ce qui lui a été rapporté, c’est le vice-PM et ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun, “réputé proche de l’émir”, qui serait intervenu pour que ces autorisations subséquentes soient obtenues. Évoquant ce qu’il craint être “des risques de catastrophe à l’avenir”, Paul Bérenger appelle tout un chacun – dont, en premier lieu, la directrice de l’Environnement – à assumer ses responsabilités. Alors que, dit-il, une des conditions initiales de l’EIA Certificate était d’interdire du matériel lourd sur place, dans les faits, tel ne serait pas le cas depuis des semaines.
Paul Bérenger assure que son parti n’est pas systématiquement contre tout développement ou qu’il veuille “déclarer la guerre à l’émir de Dubaï.” Il insiste, toutefois, pour que tout se fasse dans le respect des garde-fous délimités par les experts de l’Environnement et que l’on ne s’avise pas à contourner les recommandations. Et de conclure que le MMM ne remet pas en question le principe de faire de cet établissement de l’Est avec ses 60 nouvelles villas un des dix meilleurs hôtels du monde.