Très en vogue à l’extérieur, le vlogging, abréviation de “vidéo” et de “blogging”, n’a pas tardé à toucher les jeunes Mauriciens. Intéressé par cette nouvelle tendance, nous n’avons pas manqué de rencontrer des vloggers Mauriciens. Témoignages.
« Le vlog ? C’est quoi ça ? » Le terme, nouveau, n’est pas encore très connu. Et pourtant, il se pourrait que vous ayez déjà visionné des vlogs sans en avoir conscience…En effet, les vloggers se mettent en scène avec des vidéos, qu’il s’agisse de sketches humoristiques, de didacticiels ou encore de confessions “privées”. Il existe trois principaux types de vlogging : ceux purement conçus pour divertir et où l’humour est roi, les tutorials et ceux traitant de sujets d’actualité. Pour être reconnu vlogger, il faut avoir beaucoup de subscribers (abonnés), un nombre conséquent de views, poster des vidéos régulièrement et avoir un thème spécifique ou un style. Afin d’interagir avec leurs fans, beaucoup de vloggers ont un blog, une page Facebook ou un compte Twitter qui font qu’on les considère comme des Public figures.
Ce phénomène étroitement lié aux natifs de la génération Y, qui ont grandi avec l’internet, permet aux jeunes de poster des vidéos au lieu d’articles. Le vlogger se met en scène et émet son point de vue sur son champ d’intérêt, qu’il s’agisse de l’actualité, la mode, la musique… Ses outils : une webcam ou un bon appareil photo et un logiciel de retouche vidéo.
Férue de vlogging, Bhoovani Andianah confie passer 30 à 45 minutes à regarder les vlogs tous les jours. Elle ne manque de faire ressortir qu’elle est subscribed à un bon nombre de vlogs. « Je trouve ça très intéressant. J’adore regarder les beauty gurus », souligne la jeune femme. Ses vloggers préférés ? Bubz Beauty, Michelle Phan et Andreaschoice, entre autres…
Bhoovani laisse entendre que ce qu’elle recherche ce sont les tutorials de maquillage, les girls talk, entre autres… Notre interlocutrice est d’avis que le vlogging commence à prendre à Maurice, même si elle ne connaît pas de vloggers mauriciens.
Humour
Avec 13 vidéos, 1 955 abonnés et plus de 98 000 vues, Vincent Duvergé s’est forgé une réputation dans l’univers du vlogging. Réputé pour sa récente vidéo sur les “exploits” linguistiques de Miss Mauritius, il a en fait démarré l’aventure vlogging le 22 mai 2012, après avoir écouté les conseils d’une ex-petite amie. Voulant tenter une nouvelle expérience, il s’est dit « pourquoi pas ? » Et depuis, témoigne-t-il, l’attitude des gens à son égard a changé. « Ceux qui ne te disaient pas bonjour disent subitement “hello”. Je trouve ça sympathique », confie-t-il.
Par le biais de ses vidéos, le jeune homme commente de façon assez humoristique son entourage. Par exemple, dans sa vidéo Les potes, il présente différents types d’amis avec l’humour qui est maintenant sa signature.
« Le vlogging prend de l’ampleur à Maurice et c’est tant mieux. Cela permet de découvrir de nouveaux talents et de nouvelles choses 100 % mauriciennes », poursuit le jeune vlogger. Vincent Duvergé estime cependant que « le vlogging ne remplace pas les blogs. Cela apporte plutôt un plus au niveau des blogs. Les vloggers s’en servent afin d’illustrer leurs arguments, leurs histoires et raconter les choses plus facilement ».
Qui dit vlogging dit commentaires sur les vidéos. Loin d’être sympathiques, certains utilisateurs de YouTube ne manquent pas de critiquer les vidéos postées, allant parfois jusqu’au cyberbullying. Des critiques auxquelles Vincent Duvergé n’a pas échappé. « J’ai reçu pas mal de remarques déplacées. Il suffit juste de ne pas les prendre personnellement. En cas d’insultes, je me dis que la personne n’a probablement pas compris le but de ma vidéo ». Pour notre interlocuteur, il vaut mieux ne pas dévoiler sa vie privée afin de minimiser les risques de cyberbullying.
Chris Songore, lui, a commencé le vlogging le 16 février 2012. À l’époque, il aspirait à être le premier Mauricien à débuter le vlogging. Depuis, il a fait 25 vidéos et totalise 252 061 views et 1 839 abonnés. Par le biais de ses vidéos, il essaye de toucher toutes les générations. Il parle notamment des buzz sur internet ou encore de sujets d’actualité. Dans sa vidéo Justin Bieber, il parle avec un certain humour de l’attitude des filles quand elles entendent parler du minet tête à claques. Pour les besoins de ses vlogs, il étudie l’environnement et surtout les médias afin de choisir un sujet sur lequel il pourra élaborer.
Tout comme Vincent Duvergé, Chris Songore constate que l’attitude des gens envers lui a changé. « Beaucoup de filles m’ont approché pour me dire que ma vidéo sur les filles les avait fait réfléchir. Mais le vlogging m’a aussi changé moi-même. Avant j’étais timide et maintenant je peux faire un exposé devant un public ».
Parlant des commentaires désobligeants, il poursuit : « Au commencement, les critiques de beaucoup de personnes m’avaient affaibli. Mais après, j’ai réalisé que les gens seront toujours contre ce que tu entreprends. J’avais même quelqu’un qui m’avait déclaré qu’il croyait que je disais n’importe quoi mais qu’après l’avoir bien analysé, il a vu que j’avais raison ».
Alexa Delmage vient quant à elle de se lancer dans le vlogging. Chose qui a requis un énorme courage de sa part. « Je voulais me lancer depuis un moment mais j’avais pas trop le courage. Et puis je me suis dis “autant me lancer” et que je n’avais pas grand chose à perdre ». Ce qui l’a incitée à commencer le vlogging, c’est la découverte d’un tout nouveau groupe de vloggers anglais et américains. « En les regardant, j’apprécie un peu leur vie et leur pays, tout en étant à des milliers kilomètres d’eux ». C’est le 13 août qu’elle a posté sa première vidéo, intitulée Types Of Girls at The Club. Elle dépeint notamment le genre de filles qu’elle a rencontré en boîte. Celles qui imitent les pas de danse des gens autour d’elles ou encore celles qui n’ont toujours pas fait le deuil d’une relation. Depuis, elle a eu 1 424 views et 66 subscribers. Le vlogging, dit-elle, est une façon de dire son point de vue sur des sujets qui la tiennent à coeur. « Je pense que nous pouvons changer beaucoup de choses si nous savons utiliser ce qui nous est donné ». Son inspiration, elle la puise de ses propres observations. « J’adore observer les gens. Je veux juste montrer aux gens qu’il ne faut pas prendre la vie au sérieux, il faut juste savoir se décontracter. Ma petite touche c’est juste d’être moi devant la caméra. Je ne fais pas semblant. Les gens me connaissent comme telle ».