Le commissaire des prisons Jean Bruneau et le Managing Director du National Informatics Centre Services Inc (NICSI) de l’Inde Rajesh Bahadur ont signé hier un protocole d’accord pour la mise en opération d’un projet d’informatisation des services de la prison. Ce projet, au coût de Rs 7,5 millions, « permettra à la prison d’avoir un système de surveillance et de monitoring plus fiable que l’actuel », a déclaré le CP. D’autant, comme relevé par Kan Oye Fong Weng Poorun, Senior Chief Executive du Prime Minister’s Office (PMO), présente hier, « le système actuel, datant de 1994, ne répond plus aux exigences des services de la prison ». La mise en route du projet s’étendra sur les six prochains mois. D’ici la mi-2013, toutes les prisons locales seront opérationnelles.
« L’informatisation des services de la prison est en ligne directe avec le projet du gouvernement de développer et moderniser tous les services nationaux. À ce titre, dans le plan stratégique 2012/15 concernant la prison, des réformes majeures ont déjà été enclenchées », a souligné, d’entrée de jeu, Kan Oye Fong Weng Poorun. Jean Bruneau, commissaire des prisons, fait écho à la Senior Chief Executive du PMO, notant que « ce système nous aidera à avoir une meilleure vigilance en ce qu’il s’agit des détenus. En informatisant nos services, nous pourrons exercer une meilleure surveillance et ainsi offrir un meilleur monitoring ».
Le ministre des Technologies de l’Information et de la communication Tassarajen Pillay Chedumbrum a fait ressortir que « ce projet permet surtout de garantir une meilleure sécurité tant au niveau des prisons que de la société ». « Il se réalise grâce aux excellentes relations qu’entretiennent Maurice et l’Inde ». La représentante du PMO devait ajouter que ce projet, en collaboration avec le gouvernement indien, arrive à point nommé, car « le système actuel, en place depuis 1994, ne répond plus aux besoins ».
Brossant un rapide historique du projet, avec les contacts établis avec le NICSI et les différentes étapes amenant à la signature de l’accord hier, Mme Fong Weng Poorun a aussi expliqué qu’« en informatisant les services de la prison, nous entrons de plain-pied dans l’ère informatique. Nous devons être en ligne avec le développement ». Tassarajen Pillay Chedumbrum abonde d’ailleurs dans le même sens : « La Prison, pour être plus efficace, doit travailler en étroite collaboration avec différents partenaires, dont des ministères, comme ceux de la Santé, l’Éducation, mais aussi avec la police, le judiciaire, les corps religieux et la société civile. Et l’informatisation aidera en ce sens. »
À Jean Bruneau d’élaborer : « Ce système nous permettra d’avoir des données très précises quant aux détenus. Il y aura, bien entendu, les détails élémentaires : délit, sentence, nature du crime/délit… Mais il y aura aussi la partie médicale et comportementale. Par exemple, si le détenu souffre de certaines pathologies spécifiques et requiert tel ou tel traitement, nous en serons avisés. De même, ce système nous aidera à mieux jauger l’attitude du détenu et cela est important en termes de réhabilitation. Ces éléments nous aideront à mieux “assess” le changement enregistré chez la personne concernée. »
Rajesh Bahadur, Managing Director du NICSI, précise : « Ce système fait partie des meilleurs. Bien entendu, il n’est pas parfait. Mais bien programmé et installé, il saura répondre aux attentes. »
Le serveur principal est installé à la prison centrale de Beau-Bassin. « Nous avons une équipe d’une dizaine d’officiers formés qui y travaillent, sous la supervision d’officiers supérieurs, indique M. Bruneau. Il faut compter environ six mois pour la période de rodage et la mise en route. » D’ici la mi-2013 donc toutes les prisons mauriciennes seront pourvues de ce nouveau système.