Comm’ des amateurs

Deux scènes, une constante : l’amateurisme.
Scène une : derrière son pupitre, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, invité le 9 septembre à la cérémonie de changement de nom de SSS Monneron, évoque le Metro Express. Au passage, il égratigne les journalistes. Devant lui, une assistance essentiellement composée de jeunes élèves. Le discours d’un Premier ministre aurait dû avoir pour message essentiel l’éducation, se borner à évoquer la raison de changer le nom de l’établissement ou l’avenir de ses jeunes assis devant lui, bras croisés, regards ennuyés. Certes, les images qui ont circulé ne disent pas tout de son allocution. Mais s’écarter du thème central et digresser pour profiter des caméras-micro-carnets-stylos de ceux qu’ils fustigent est une faute de communication. Amateurisme.
Scène deux : invité à ouvrir un atelier de travail avec les syndics et les associations de résidents de la NHDC, le vice-Premier ministre, Showkutally Soodhun, s’en est vertement pris à une dame qui l’a, à juste titre, remis à sa place. Confondant très certainement micro, pupitre et auditoire avec une caisse à savon, sono bas de gamme et partisans, Showkutally Soodhun a choisi de cibler Navin Ramgoolam, ses frasques, ses scandales. Le public n’était pas le bon. L’attitude de Soodhun était insultante, indigne d’un haut représentant de l’exécutif. Amateurisme.
Le PM comme le VPM ne sont pas les seuls à ne pas maîtriser les rouages de la communication. Ils sont de tous les bords politiques, de l’opposition comme du gouvernement.
Reste que ceux qui sont au pouvoir, comme ceux qui l’étaient, disposent d’attachés de presse, de conseillers en communication et, pour le locataire du bâtiment du Trésor, d’une cellule de communication. Dernière prise du PMO : un ancien journaliste chargé de la stratégie.
Ces « professionnels de la communication » sont payés des deniers publics. Ils ont pour mission, devrions-nous espérer, de cadrer la parole des décideurs qu’ils conseillent. Or, il y a presque systématiquement un décalage affligeant entre le message et l’auditoire.
Ce problème de communication – professionnelle, cela s’entend – constitue un défi politique : faire la promotion de la politique du gouvernement en la défendant de manière intelligente, intelligible, factuelle et argumentée. Trop demandé sûrement. Amateurisme, il est vrai.
Acceptable ? Une dame a montré que non.